Visamundi, spécialiste français des visas et des formalités internationales, publie son cahier prospectif pour 2027. Le rapport liste les grandes tendances qui se dessinent et nous laissent entrevoir les obligations aux frontières auxquelles les voyageurs seront soumis dans les mois à venir. Parmi ces tendances, Visamundi anticipe notamment des formalités plus nombreuses, plus coûteuses en réponse à un environnement plus instable.
Selon Visamundi, les autorisations électroniques adoptées par les États-Unis (ESTA), le Canada (eTA) ou le Royaume-Uni (ETA) vont se généraliser. L'Espace Schengen prépare son European Travel Information and Authorisation System (ETIAS) et le Japon envisage de lancer le JESTA en 2028. Les dispositifs existants devraient voir leur prix augmenter, estime le rapport et on pourrait aussi voir apparaître, au gré des évolutions diplomatiques, des visas régionaux, communs à plusieurs pays.
Ces nouvelles autorisations s'accompagnent d'un accroissement de la collecte des données personnelles et biométriques. Naturellement, le smartphone devient le principal guichet administratif et le rapport anticipe une sollicitation accrue de l'IA pour le traitement et le contrôle des dossiers avant leur transmission. Les agences, compagnies aériennes et plateformes vont pour leur part intégrer ces données règlementaires via des API.
Ces tendances sont, selon Visamundi, guidées par les motivations des parties prenantes : les États cherchent à connaître au mieux leurs visiteurs pour des raisons de sécurités et voient dans ces dispositifs un moyen de récolter une recette. « Nous assistons à l'émergence d'un monde où la réciprocité devient la norme, comme peuvent déjà l'être les négociations autour des taxes douanières, complexifiant drastiquement notre métier. Certaines ONG parlent "d'instrumentalisation des politiques migratoires" et il est difficile de ne pas leur donner raison », expliquait le fondateur et président de Visamundi, Sébastien Couix, dans une tribune dès février 2025. « C’est un phénomène que nous observions déjà il y a quelques années avec quelques pays seulement (Chine) mais qui a tendance à se globaliser désormais.»
Pour les destinations, la formalité aux frontières et son prix constituent un levier permettant d'ajuster les flux de visiteurs, et de lutter contre le surtourisme. Le rapport évoque par exemple le prix de l'e-Visa indien qui passe de 25$ à 10$ d'avril à juin. Pour les voyageurs eux-mêmes, les autorisations préalables sont une garantie contre le risque d'un refus d'embarquement et la promesse d'un passage plus fluide à l'aéroport.
Pour le spécialiste des formalités d'entrée, ces évolutions ne seront pas sans influence sur le comportement des voyageurs. Ces autorisations étant précédées de la réputation d'être très rapides à obtenir, en général quelques minutes, les voyageurs pourraient systématiser les départs à la dernière minute. En outre, souligne le rapport, dans un environnement réglementaire et géopolitique plus instable, la veille devient indispensable, aussi bien pour les voyageurs que pour les professionnels du tourisme.