Étude Mews : les hôteliers français sceptiques sur l'apport de l'IA pour la relation client

À l'occasion du salon Equiphotel à Paris, Mews se penche sur les attentes des professionnels français de l'hôtellerie vis-à-vis de l'IA

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Ronan Daniel

Ronan Daniel

2 novembre 20263 min de lecture

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Le stand de Mews à Equiphotel 2026© Ronan Daniel - 02/11/2026

Tout le monde n'appréhende pas l'IA de la même manière, et Mews semble avoir identifié quelques considérations propres aux professionnels français de l'hôtellerie. Le spécialiste des solutions pour les hôtels note en effet que les Français estiment plus qu'ailleurs que l’IA doit avant tout améliorer la productivité et la qualité du travail, ils sont 69% à prêter ce rôle à l'IA contre 63% en moyenne sur les autres marchés étudiés.

En revanche, la France se montre moins optimiste sur l'emploi qu'ailleurs : seuls 53 % pensent que l’IA permettra de créer des emplois plus qualifiés et mieux rémunérés, contre 68 % ailleurs. En outre, 62 % des professionnels français estiment que cette technologie peut réduire le stress et la charge de travail des équipes en contact avec les clients, contre 74 % dans les autres pays.

Ce décalage fait écho à une autre spécificité française : selon cette étude Mews menée en août 2026 auprès de 1 000 décideurs hôteliers, les équipes françaises passent plus de temps avec leurs clients que celles du Royaume‑Uni, des États‑Unis, du Canada et de l’Allemagne.

« En France, les équipes hôtelières consacrent une part plus importante de leur temps aux échanges directs avec leurs clients », estime Matt Welle, CEO de Mews. « C’est précisément cette dimension que la technologie doit préserver, et non remplacer. Le véritable potentiel de l’IA réside dans sa capacité à prendre en charge une partie du travail “invisible” qui mobilise encore les équipes en coulisses, afin de leur permettre de consacrer davantage de temps à leurs clients. »

En France, davantage de temps clients

Cette spécificité française s'explique aussi par le temps consacré aux clients. Si au global, le service direct ne pèse que 24 % en moyenne, quand 76 % relèvent des coulisses, la France et l'Allemagne consacre 28 % du temps au contact client contre 22 % au Royaume‑Uni, aux États‑Unis et au Canada. La France se situe à l’extrémité haute pour le face‑à‑face et à l’extrémité basse pour le temps consacré à la coordination des équipes.

L'étude précise égalemant qu'en France, 44 % des professionnels veulent automatiser la gestion des réclamations (35 % ailleurs) et 39 % l’organisation des taxis et transports (30 %). À l’inverse, le check‑out automatisé est moins recherché (21 % vs 43 %). Mews estime que le principal frein est lié à l’accès aux données. Parmi les utilisateurs d’IA, 73 % ont déjà obtenu des résultats erronés faute d’accès à d’autres systèmes, c'est même un problème récurrent pour 23 % d'entre eux.

L'entreprise analyse ce résultat comme un signal qui devrait encourager une intégration des outils, PMS (Property Management System), POS (Point of Sale) et paiements, un empilement que propose justement Mews.

L'éditeur profite en tout cas de ce rapport pour rappeler que l’IA doit retirer des mains des équipes le « travail invisible » pour préserver la relation. À mesure que les fonctions répétitives s’automatisent, le temps libéré peut être réalloué à l’accueil, à la personnalisation et au suivi, sans imposer des usages uniformes d’un pays à l’autre.

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