Airbnb vient d'annoncer une refonte de la manière dont les hôtes définissent et présentent leurs règles. Les annonces pourront désormais intégrer sept catégories standardisées : nombre maximal de voyageurs, heures de calme, événements, animaux, tabac, tournages commerciaux et fermeture du logement au départ. Ces règles seront regroupées dans une même section, afin que les voyageurs puissent les consulter plus facilement avant et pendant leur séjour.
La plateforme encadre également les « demandes raisonnables » adressées aux voyageurs. Un hôte pourra demander à ses clients de placer la vaisselle sale dans l’évier, de rassembler les serviettes utilisées ou de trier leurs déchets. En revanche, il ne pourra généralement pas leur demander de laver et ranger la vaisselle, de retirer les draps ou de sortir les poubelles du logement.
La réforme concerne aussi les contrats. Ceux-ci ne seront autorisés que dans certaines situations, notamment lorsqu’ils sont imposés par la loi ou le règlement d’une copropriété, pour les séjours d'un mois ou plus, les logements Airbnb Luxe ou certains équipements optionnels.
Ces nouvelles dispositions encadrent enfin collecte de copies de pièces d’identité, de coordonnées personnelles, d’informations financières ou de données liées aux antécédents. Une vérification visuelle de l’identité reste possible au moment de l’arrivée, si elle est annoncée avant la réservation, mais l’hôte ne peut normalement pas conserver une copie du document.
Airbnb justifie ces changements par la volonté d’éviter les mauvaises surprises. La plateforme estime que les voyageurs ne devraient pas découvrir, après avoir réservé, une longue liste de corvées, un contrat distinct à signer ou une obligation de télécharger une application pour accéder au logement.
'C'est un excès de pouvoir. Les hôtes restent responsables du logement, du voisinage et du bon déroulement du séjour en cas de problème.'
Pour Humphrey Bowles, CEO de Truvi, une plateforme de vérification et conçue pour aider les opérateurs de locations courte durée, le contrat de location permet de fixer clairement les attentes et d’offrir un recours en cas de dégâts, de nuisances ou de violation des règles.« La location de courte durée repose sur la confiance » explique le CEO de Truvi. « Chaque réservation implique qu'un propriétaire confie ses clés à un voyageur qu'il ne connaît pas. Les plateformes peuvent modifier leurs conditions générales avec un préavis d'un mois, et la confiance doit être maintenue quel que soit le canal de réservation.»
Le groupe met également en avant la protection des données personnelles. Airbnb vérifie lui-même l’identité des voyageurs et considère que les hôtes ne doivent pas systématiquement reproduire ces contrôles ou transférer les clients vers des services tiers.
'Airbnb a décidé qu'il n'était plus nécessaire de connaître précisément les personnes qui séjournent chez eux.'
Cette logique peut aussi être vue comme une réduction des moyens dont disposent les gestionnaires pour savoir qui entre dans leurs logements, sans réduire les risques auxquels ils sont exposés. « Airbnb a supprimé plusieurs moyens pour les hôtes de vérifier l'identité de leurs voyageurs, les laissant ainsi entièrement responsables », juge Humphrey Bowles. « C'est un excès de pouvoir. Les hôtes restent responsables du logement, du voisinage et du bon déroulement du séjour en cas de problème. Airbnb a décidé qu'il n'était plus nécessaire de connaître précisément les personnes qui séjournent chez eux.»
Cette dernière remarque du CEO de Truvi souligne une autre inquiétude possible pour les hôtes qui se voient privés, même en l'absence de problème, de certaines informations potentiellement utiles pour le marketing et peut, potentiellement, renforcer la dépendance de ces gestionnaires de locations de courte durée à une plateforme comme Airbnb.