Après une phase de maturation au sein de l’incubateur Linksium mettant en relation startups et laboratoires de recherches, Drone Interactive a débuté la commercialisation d’Arcadrone. Cette attraction inédite rend le pilotage de drone accessible à tous grâce à un système anticollision tout en y ajoutant une couche ludique grâce à la réalité augmentée. Elle développe également un catalogue de jeux vidéo exclusif pour son attraction d’un nouveau genre. TOM s’est entretenu avec Vincent Rigau, CEO de Drone Interactive, pour connaître ses ambitions vis-à-vis du marché des parcs de loisirs.


Quelle est l’activité de Drone Interactive ?
Vincent Rigau : Nous avons mis au point une attraction inédite pour les parcs de loisirs : Arcadrone est une arène de drones de 50 mètres carré sur 3 mètres de haut pouvant accueillir jusqu’à 6 joueurs. Il s’agit de la première expérience de pilotage de drone associé à du jeu vidéo grâce à une interface combinant de la réalité augmentée et mixte. Cette association nous permet de créer un catalogue de jeux vidéo spécifiquement conçu pour Arcadrone. Nous avons effectué un travail important de synchronisation des systèmes pour éviter les décalages entre l'interface virtuelle et ce qu'il se passe dans l'arène.
Le résultat de cette fusion entre le réel et le virtuel nous permet de générer des interactions inédites pour les joueurs. L’apparition d’un monstre virtuel dans le jeu va modifier le comportement du drone dans l’arène qui peut se retrouver bloqué dans un coin par exemple. Ainsi, les pilotes peuvent vivre une expérience immersive grâce à des lunettes vidéo connectées à la caméra du drone. La couche virtuelle apporte plus de valeur à l’expérience grâce à l’ajout de son, d’explosions et d’effets vidéo notamment. L’opportunité pour les joueurs de mener de véritables batailles avec tirs de lasers sans courir le risque d’endommager les drones. Il s’agit d’une attraction d’un nouveau genre, à mi-chemin entre le jeu vidéo et le pilotage de drone. Nous nous inspirons d’ailleurs beaucoup du domaine de l’e-Sport pour la création de nos titres.
De par ses spécificités, l’attraction n’est-elle pas réservée à un public averti ?
Nous avons développé un algorithme qui rend le pilotage du drone accessible au grand public. Le programme automatise les phases de décollage et d’atterrissage et empêche toute collision entre les drones. Le dispositif rend également impossible la sortie d’arène. Une particularité qui rend l’attraction accessible dès l’âge de 6 ans.
En plus d’avoir été réfléchi pour toucher un public large, Arcadrone a été pensé pour être exploité avec simplicité par les professionnels. Nous avons par exemple conçu un automate qui se charge de changer les batteries des drones en quelques secondes entre chaque partie. Un dispositif semblable à l’automate qui ramasse les quilles et renvoie la boule aux joueurs dans une salle de bowling. Cela rend l’attraction opérationnelle auprès d’une large cible d’exploitants.
Un aperçu de l'attraction Arcadrone avec le prototype. Crédits : Interactive Drone
Quelle est votre cible ?
Nous ne sommes pas exploitants, mais fabricants d’attractions et ciblons le marché des parcs de loisirs. Nous avons déjà noué un partenariat avec le groupe Altiplano. Au travers de sa filiale Exalto, le groupe va intégrer notre attraction dans son nouveau parc multiactivités à Dardilly. L’ouverture d’Arcadrone y est prévue pour juillet 2019. Nous sommes également en discussion avancée avec un exploitant de villages de vacances qui souhaite moderniser son offre de loisirs.
D’autres acteurs du Tourisme comme des croisiéristes ou des stations de ski se sont montrés intéressés. Dans un second temps, nous adresserons également le marché des parcs à thème de taille moyenne, de type Walibi. Nous pourrons y développer des décors, mais aussi des jeux vidéo sur-mesure pour ce segment. Enfin, nous constatons une forte demande de la part de centres commerciaux qui s’inscrivent dans la tendance de « Retailtainment » (contraction de « commerce » et « divertissement » en anglais, ndlr). Ces acteurs souhaitent de plus en plus intégrer des offres ludiques dans leur infrastructure. Notre modèle économique repose principalement sur la vente de notre attraction à laquelle s’ajoute un contrat de service comprenant un support client, de la maintenance ou de l’approvisionnement en batteries par exemple.
Une maquette de l'arène Arcadrone. Crédits : Drone Interactive
Comment imaginez-vous votre évolution d’ici 3 ans ?
D’ici trois ans, nous visons l’installation d’une centaine d’Arcadrone dans des parcs de loisirs. Nous nous lançons actuellement en Europe, mais constatons un fort intérêt vis-à-vis de notre solution aux États-Unis et en Asie. En parallèle, nous souhaitons étoffer l’offre de notre catalogue qui regroupe actuellement deux jeux vidéo pour enrichir l’expérience. Nous collaborons avec des studios de jeux vidéo et des cabinets d’études sur ce volet.
Enfin, après le pilotage via Arcadrone, nous souhaitons rendre la course de drones accessible au grand public. Cela nécessite des efforts de R&D pour que notre système de pilotage anticollision soit aussi performant avec des drones pouvant atteindre une vitesse de pointe de 50 km/h. Actuellement, nos drones volent à une vitesse comprise entre 10 et 15 km/h. Trois collaborateurs rejoindront bientôt l’aventure ce qui montera notre effectif à 10 à la fin de l’année 2019.
Photo d’ouverture : Drone Interactive
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