Les entreprises se préparent à confier une part croissante de leurs achats de voyages d’affaires à des agents d’intelligence artificielle. D’ici 2028, les répondants estiment que l’IA pourrait gérer ou autoriser, en moyenne, 37 % de leurs dépenses dans ce domaine selon l'entreprise de technologie financière spécialisée dans les paiements virtuels Conferma. Ce montant représenterait 700 milliards de dollars si l'on se base sur une estimation GBTA.
L'étude a été réalisée en septembre 2026 par Sapio Research pour Conferma auprès de 600 décideurs des secteurs du voyage d’affaires et de la finance au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Elle révèle également que 28 % des organisations interrogées s’attendent à ce que l’IA prenne en charge plus de la moitié de leur budget voyages. Cette proportion augmente fortement dans les grandes entreprises. Parmi celles dont les dépenses annuelles de voyages d’affaires atteignent au moins 6,8 millions de dollars, la part des dépenses susceptibles d’être gérées par l’IA atteint 51 %, contre 27 % dans les organisations dépensant moins de 136 000 dollars par an.
Les dirigeants se montrent particulièrement confiants envers ces nouveaux usages. Ainsi, 86 % des dirigeants et responsables de département déclarent faire confiance à l’IA pour gérer les réservations et les dépenses liées aux voyages. Cette proportion tombe à 62 % chez les professionnels du voyage, des achats et de la gestion des déplacements.
« Le voyage d’affaires pourrait être l’un des premiers terrains d’expérimentation des paiements agentiques»
Cette confiance est toutefois tempérée par quelques inquiétudes. 97 % des personnes interrogées se disent préoccupées par les achats autonomes réalisés par l’IA. La sécurité des données constitue la première source de préoccupation, citée par 59 % des répondants, devant le risque d’erreur, mentionné par 43 % d’entre eux. Si 81 % des organisations déclarent avoir déjà mis en place une politique, un contrôle ou un garde-fou pour encadrer les achats réalisés par l’IA, seules 36 % considèrent ces dispositifs comme complets.
La question n’est donc plus seulement de savoir si une IA peut réserver un voyage, mais de déterminer ce qu’elle est autorisée à acheter, auprès de quels fournisseurs, dans quelles limites et avec quel niveau de supervision humaine.
« L’autorisation donnée aux agents IA de dépenser progresse plus vite que les contrôles qui l’encadrent. Le voyage d’affaires pourrait être l’un des premiers terrains d’expérimentation des paiements agentiques, car il combine un volume élevé de transactions, des politiques clairement définies et des montants importants », analyse Mark Ledsham, CEO de Conferma « Donner à un agent IA le pouvoir d’utiliser l’argent de l’entreprise est très différent du fait de lui demander de recommander un vol ou un hôtel. Les entreprises doivent définir clairement ce que les agents peuvent acheter, auprès de quels fournisseurs et dans quelles situations une intervention humaine est nécessaire. »
Les entreprises devront également, précise Mark Ledsham, être capables d’identifier précisément l’origine d’une décision, de conserver une trace de chaque étape et d’attribuer clairement les responsabilités en cas d’erreur, « Les contrôles associés à ces décisions doivent rester stables, traçables et soumis à une responsabilité clairement établie », précise le CEO de Conferma .