La 4ème édition du Future Of Business Travel a été l’occasion de réunir les professionnels du Voyage d'Affaires pour réfléchir à la transformation de leur industrie par le prisme de l’innovation. Dans ce contexte de transformation, Julie Panadero, Formatrice Business Travel à l’ESCAET, a invité les acheteurs, travel managers et DAF à redessiner les frontières du Voyage d’Affaires. Une évolution nécessaire pour faire évoluer la politique voyage de l’entreprise (PVE) en « politique voyageur ».
Convaincue de la nécessité de comprendre le passé pour imaginer le futur, la formatrice de l’ESCAET a expliqué inciter au quotidien ses étudiants à penser « out of the box ». Pour les acteurs du marché, cela revient à étendre leur réflexion en dehors de leur industrie. « Si l’on regarde quelques années en arrière, la technologie était un domaine situé out of the box », a-t-elle expliqué. Incarnée par les SBT, OBT et les outils de gestion des dépenses, la technologie fait désormais partie intégrante du business travel. D’où l’importance de sortir des schémas classiques afin d’identifier les signaux faibles qui seront potentiellement les standards de demain. « C’est d’autant plus important alors que les besoins et les attentes des collaborateurs qui arrivent sur le marché évoluent au rythme des transformations de notre société », a-t-elle souligné.
Mobilité, Hébergement, Environnement
Pour la formatrice de l’ESCAET, trois évolutions en cours peuvent constituer des pistes de transformation de la PVE. L’arrivée de nouveaux modes de transports couplée à l’émergence de services intermodaux traduit par exemple une (r) évolution du marché de la mobilité. « Pour autant, si la notion de Travel Management est parfaitement intégrée dans l’entreprise celle de Mobility Management l’est beaucoup moins », déplore-t-elle.
Crédits : TOM
Côté Achats, l’intégration de cet axe au sein des outils Business Travel passera par la centralisation de l’ensemble de l’offre de mobilité existante. Sur ce point, il est essentiel que les acheteurs et travel managers adoptent une démarche proactive afin de sonder les différentes offres pouvant intéresser leur collaborateur. Pour y parvenir, il leur faudra identifier grâce à leurs outils les comportements et attentes de chaque catégorie de voyageurs, qu’ils soient millennials, parents ou sensibles à l’environnement. L’objectif étant in fine de limiter la contrainte et pousser le mode de transport adapté à chacun. À la clé : une hausse de la satisfaction des voyageurs.
La PVE est morte, vive la « Politique Voyageur » !
L’évolution de la mobilité impacte également l’architecture des villes, des gares et des aéroports. Autant d’évolutions qui touchent l’entreprise. « Notre bureau se transforme au rythme des mutations de la mobilité et de la ville. Vos collaborateurs travaillent à domicile, dans un espace de coworking ou un tiers-lieu », poursuit-elle. L’espace de travail est également plus collaboratif et connecté à travers l’usage de technologies vocales ou conversationnelles notamment. « Faut-il instaurer une politique Hangout ou Skype pour s’assurer de la légitimité de chaque déplacement ? », questionne-t-elle. De quoi mesurer le ROI des voyages d’affaires. Sur la partie Achats, cette réflexion implique de sourcer davantage d’offres d’hébergements et de considérer l’hébergement comme un véritable lieu de vie.
« Le collaborateur ne s’y rend pas uniquement pour dormir, mais aussi pour aussi se restaurer et y travailler. Lors des appels d’offres, il est ainsi essentiel d’élargir les critères de sélection », illustre-t-elle. Malgré le challenge technique de l’intégration, cette évolution est indispensable pour adapter la PVE aux nouveaux usages du collaborateur.
Enfin, la thématique environnementale ne peut plus être ignorée par les acteurs du marché Affaires. Portée par les Millennials fraîchement embauchés, cette dimension doit être prise en compte par l’ensemble des collaborateurs. « Cela passe encore une fois par l’ouverture des critères du sourcing pour intégrer un spectre plus large de fournisseurs », poursuit-elle. Une évolution qui s’illustre par le développement de nouveaux indicateurs dans les outils, encore trop tournés vers le prix. « Ces évolutions sont indispensables pour adapter la PVE aux attentes des nouvelles générations de collaborateurs. », conclut-elle. Pour Julie Panadero, l’ensemble de ces évolutions marque la nécessité pour les entreprises de passer d’une politique voyage à une « Politique Voyageur ».
Photo d’ouverture : TOM