SNCF Réseau veut atteindre le « zéro émission nette » en 2035

Pour ce premier petit déjeuner de l’Innovation, SNCF Réseau a proposé un focus à travers une table-ronde sur le sujet des émissions de carbone.

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Hugo Pellegrin

9 octobre 20195 min de lecture

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© Archives Travolution

Pour ce premier petit déjeuner de l’Innovation, SNCF Réseau a proposé un focus à travers une table-ronde sur le sujet des émissions de carbone. L’enjeu pour un industriel est de parvenir à transformer ce sujet de la réduction d’émission de carbone en actions au sein de l’entreprise. Un objectif réalisable grâce à une multitude d’initiatives reposant avant tout sur la capacité du groupe à mesurer ses propres émissions. Pour un acteur comme SNCF, qui a la chance d’exploiter un mode de transport électrique à basse émission dont l’énergie provient du nucléaire - lui aussi à basse émission carbone - l’enjeu premier est d’accroître son activité. « Nous devons faire rouler plus de trains, optimiser l’exploitation existante mais surtout être en capacité de mesurer l’impact du groupe », introduit Bernard Torrin, Directeur du développement durable pour SNCF réseaux. Le sujet dépasse l’optimisation de l’activité et repose avant tout sur la capacité du groupe à mesurer son impact. Logique pour cet employeur de 53 000 salariés, qui exploite chaque année 2,5 millions de tonnes de béton et 180 000 tonnes d’acier. « L’exploitation de l’acier représente à elle seule 30 % des émissions de carbone de l’entreprise », précise Bernard Torrin. Le groupe s’intéresse ainsi aux matériaux bio fabriqués, tout comme le sujet de l’écoconception et du recyclage. « Aujourd’hui, nous sommes capables de créer une voie neuve sur une ligne régionale à partir de matériaux recyclés pour un coût quasiment 2 fois moindre », illustre Benoit Aliadière, Chef de projet écoconception SNCF Réseau.

#ConceptionBasCarbone par @SNCFReseau « On est aujourd’hui capables de faire une voie neuve sur une petite ligne régionale à partir de constituants entièrement réutilisés en provenance d’une ligne à grande vitesse.» Benoît Aladière - Chef de projet Ecoconception@SNCFReseauInnov pic.twitter.com/IoPT9VLaK5

— SNCF Réseau (@SNCFReseau) October 8, 2019

Innover en pensant autrement

L’innovation n’est pas synonyme de nouveauté. « Plutôt que de rechercher les matériaux les moins émetteurs, pourquoi ne pas utiliser ceux qu’on ne produit pas ? », rebondit Patrizia Gatti Gregori, Cheffe de la Division de la performance environnementale et de la réglementation. « Le bois est un matériau très intéressant pour nous car il a un bilan carbone négatif tout au long de son cycle de vie ». Une tonne de bois permet de stocker 1 tonne de CO2, tandis qu’une tonne de béton émet 1 tonne de CO2. « Le réseau SNCF comptabilise 500 000 traverses d’aiguillage, en utilisant le bois comme matériau cela revient à absorber les émissions carbones de 10 000 voitures en France », ajoute Patrizia Gatti Gregori. De plus la responsable a expliqué contribuer à la protection de la biodiversité des forêts en exploitant différentes espèces d’arbres. Autant d’atouts qui ont poussé à la création du projet Plancher Bois en open innovation avec des forestiers et des chimistes engagés dans la protection de l’environnement. L’objectif ? Conserver ce matériau utilisé depuis le début du ferroviaire pour les traverses des aiguillages.

Un levier d’attractivité ?

Et pour accompagner les équipes opérationnelles sur les questions de transition écologique, la direction générale IDG de SNCF Réseau s’est dotée en 2016 d’un comité d’experts du sujet. « Le centre de compétences en développement durable réunit 25 experts autrefois éparpillés dans différents services et chargés aujourd’hui de servir les projets d’infrastructure, de maintenance et d’entretien du réseau », explique Virginie Bordage-Gressier, Responsable du Centre de Compétences en Développement durable de la Direction générale IDF SNCF Réseau.

#ConceptionBasCarbone par @SNCFReseau 🌍 "500 000 traverses bois utilisées chaque année, c’est l’équivalent de 10 000 voitures en moins !" @PatriziaGREGOR3 - Cheffe de Division Performance Environnementale@SNCFReseauInnov #ecologie #DéveloppementDurable pic.twitter.com/KEFN4WzCnp

— SNCF Réseau (@SNCFReseau) October 8, 2019

L’engagement de la SNCF peut-il attirer les lycéens et étudiants militants pour l’environnement au point de constituer un levier de recrutement ? Plus qu’un engagement il s’agit d’une nécessité pour les équipes. « Nous avons des attentes vis-à-vis de nos équipes. Un ingénieur en signalétique doit être conscient et formé à la problématique des terres rares ou des déchets des équipements électriques », illustre Benoît Alidière, Chef de Projet Ecoconception. Rejoint par le directeur du développement durable : « Je rappelle que l’un des engagements de la loi PACTE vise à apporter à chacun la possibilité de se déplacer sans impacter la planète, c’est clairement notre cœur de métier ».

On améliore que ce que l’on mesure

« Vous savez ce que vous dépensez en argent tous les mois, mais connaissez-vous vos émissions de carbones annuelles ou mensuelles ? », lance Bernard Torrin qui consomme « 8 tonnes de carbone chaque année ». Convaincu que l’on améliore que ce que l’on mesure, le Directeur du Développement durable de SNCF Réseau a fait de la mesure des émissions du groupe le sujet prioritaire. Sans quoi, impossible de prouver les bénéfices de la régénération du réseau qui a permis à SNCF d’utiliser les Green Bond pour un montant total de 5 milliards d’euros levés. « La France ne parviendra pas à l’objectif de 0 émission nette en 2050 sans véritable rupture », a-t-il prévenu. Dans cette course, la SNCF indique réfléchir à compenser ses émissions en replantant des arbres pour parvenir à son objectif : atteindre le « zéro émission nette » en 2035. Une pratique de plus en plus utilisée par les grands groupes comme Air France ou Total perçu parfois comme un prétexte de ne pas réduire les émissions. Conscient « qu’on ne sauvera pas la planète en replantant des arbres », Bernard Torrin explique que la « bonne compensation » est additionnelle et doit faire partie d’un dispositif plus large. Photo d’ouverture : TOM.travel A lire également :

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