Pour ce premier petit déjeuner de l’Innovation, SNCF Réseau a proposé un focus à travers une table-ronde sur le sujet des émissions de carbone. L’enjeu pour un industriel est de parvenir à transformer ce sujet de la réduction d’émission de carbone en actions au sein de l’entreprise. Un objectif réalisable grâce à une multitude d’initiatives reposant avant tout sur la capacité du groupe à mesurer ses propres émissions. Pour un acteur comme SNCF, qui a la chance d’exploiter un mode de transport électrique à basse émission dont l’énergie provient du nucléaire - lui aussi à basse émission carbone - l’enjeu premier est d’accroître son activité. « Nous devons faire rouler plus de trains, optimiser l’exploitation existante mais surtout être en capacité de mesurer l’impact du groupe », introduit Bernard Torrin, Directeur du développement durable pour SNCF réseaux. Le sujet dépasse l’optimisation de l’activité et repose avant tout sur la capacité du groupe à mesurer son impact. Logique pour cet employeur de 53 000 salariés, qui exploite chaque année 2,5 millions de tonnes de béton et 180 000 tonnes d’acier. « L’exploitation de l’acier représente à elle seule 30 % des émissions de carbone de l’entreprise », précise Bernard Torrin. Le groupe s’intéresse ainsi aux matériaux bio fabriqués, tout comme le sujet de l’écoconception et du recyclage. « Aujourd’hui, nous sommes capables de créer une voie neuve sur une ligne régionale à partir de matériaux recyclés pour un coût quasiment 2 fois moindre », illustre Benoit Aliadière, Chef de projet écoconception SNCF Réseau.
#ConceptionBasCarbone par @SNCFReseau « On est aujourd’hui capables de faire une voie neuve sur une petite ligne régionale à partir de constituants entièrement réutilisés en provenance d’une ligne à grande vitesse.» Benoît Aladière - Chef de projet Ecoconception@SNCFReseauInnov pic.twitter.com/IoPT9VLaK5
— SNCF Réseau (@SNCFReseau) October 8, 2019
Innover en pensant autrement
L’innovation n’est pas synonyme de nouveauté. « Plutôt que de rechercher les matériaux les moins émetteurs, pourquoi ne pas utiliser ceux qu’on ne produit pas ? », rebondit Patrizia Gatti Gregori, Cheffe de la Division de la performance environnementale et de la réglementation. « Le bois est un matériau très intéressant pour nous car il a un bilan carbone négatif tout au long de son cycle de vie ». Une tonne de bois permet de stocker 1 tonne de CO2, tandis qu’une tonne de béton émet 1 tonne de CO2. « Le réseau SNCF comptabilise 500 000 traverses d’aiguillage, en utilisant le bois comme matériau cela revient à absorber les émissions carbones de 10 000 voitures en France », ajoute Patrizia Gatti Gregori. De plus la responsable a expliqué contribuer à la protection de la biodiversité des forêts en exploitant différentes espèces d’arbres. Autant d’atouts qui ont poussé à la création du projet Plancher Bois en open innovation avec des forestiers et des chimistes engagés dans la protection de l’environnement. L’objectif ? Conserver ce matériau utilisé depuis le début du ferroviaire pour les traverses des aiguillages.
