#IFTM2019 : comment l’aérien collabore-t-il avec les startups ?

À l’occasion de l’IFTM Top Résa, le cabinet Wavestone a dévoilé les principales informations qui ressortent de son étude dédiée à l’innovation dans l’aérien.

Nous suivre sur Google
HP

Hugo Pellegrin

2 octobre 20193 min de lecture

IFTM2019-comment-aerien-collabore-avec-startups
© Archives Travolution

À l’occasion de l’IFTM Top Résa, le cabinet Wavestone a dévoilé les principales informations qui ressortent de son étude dédiée à l’innovation dans l’aérien. L’occasion également pour la startup Safety Lines, issue de BigBlank, le startup studio d’Air France, de revenir sur la relation entre les acteurs de l’aérien et les jeunes pousses.

« À l’horizon 2037, plus de 8 milliards de passagers sont attendus, contre 4 milliards aujourd’hui dans l’aérien », a introduit Jean-Baptiste NAU, Senior Manager, Wavestone. Une multiplication par deux du trafic de passagers aériens en quinze ans qui pose à l’ensemble de l’industrie de nombreux défis. Afin de les surmonter, les acteurs de l’aérien peuvent s’appuyer sur l’écosystème de startups, selon l’analyste. « La plupart des jeunes pousses voient le jour dans le but d’apporter une réponse concrète à une problématique stratégique. La plupart se positionnent sur l’optimisation de l’expérience passagère, la performance opérationnelle ainsi que la gestion du trafic aérien », explique-t-il.

Expérience passager et performance opérationnelle

Parmi les thématiques connexes, l’analyste souligne la difficulté pour les compagnies de recruter des pilotes et voit dans l’arrivée des nouveaux services de mobilité aérienne — drones, aéronefs — un sujet sur lequel les jeunes pousses peuvent accompagner les transporteurs et opérateurs aéroportuaires. L’étude révèle également une faible présence des jeunes pousses sur le segment du « travel retail ». Au total, 85 % des startups du segment s’attellent à optimiser l’expérience voyageur et la performance opérationnelle. Et qui dit startups, dit nouvelles technologies. « L’intelligence artificielle, la blockchain et les réalités virtuelle et augmentée sont les trois principales “deep tech” sur lesquelles les startups se positionnent », constate-t-il. Des systèmes qui permettent d’optimiser la relation client avec l’exploitation de chatbots, les opérations de maintenance à l’aide du prédictif ou encore la sécurisation des identités biométriques.

wavestone-radar-startup-aerien Panorama des startups de l’aérien par Wavestone. Crédits : TOM

Des startups nourries aux données

Wavestone constate une importante collaboration entre les grands acteurs de l’aérien avec cet écosystème de jeunes sociétés. En témoignent les challenges de l’innovation organisés par le groupe ADP — un projet qui bénéficie d’une enveloppe de 16 millions d’euros — mais aussi la création de BigBlank, le startup studio d’Air France, capable d’investir jusqu’à « 900 000 euros » pour transformer une idée en un service innovant. L’entité vise à faire émerger 3 à 5 startups par an et la jeune pousse Safety Line est l’une d’entre elles. « Les acteurs de l’aérien produisent une quantité importante de données dont la plupart n’est pas exploitée a posteriori », constate Pierre Jouniaux, CEO de Safety Line, qui a eu l’idée d’exploiter celles contenues par les boîtes noires des avions.

Constatant que le carburant constitue 30 % du coût d’exploitation des compagnies, la startup transforme ces données en service qui permet d’améliorer la performance opérationnelle. « Nous utilisons l’apprentissage automatique pour fournir des conseils d’itinéraires ou de manœuvres aux pilotes en temps réel », explique-t-il. L’utilisation des données des radars permet également aux opérateurs aéroportuaires de mieux comprendre les causes de congestions et les temps d’attentes excessifs lors du décollage ou de l’atterrissage. Une solution qui a convaincu Transavia et lui permet de réduire la facture de carburant de 2 % sur chaque vol. Pour le transporteur qui « opère 40 appareils, cela correspond à une économie annuelle de 2 millions d’euros. »

La difficulté de la mise à l’échelle

Parvenue à développer un POC rapidement pour les compagnies aériennes, le prochain challenge pour Safety line est de parvenir à la mise à l’échelle de sa solution. « Notre solution constitue un progrès pour Transavia, désormais, nous devons nous assurer que ce dispositif présente également un intérêt à l’échelle de l’industrie par rapport au système actuel », explique le CEO de Safety Line. L’analyste de Wavestone voit dans l’écosystème de startups une solution pour permettre aux grands groupes de minimiser l’impact de la dette technologique pour accélérer sa transformation.

Photo d’ouverture : TOM

Sur la même thématique

Voir tout