Pourquoi Snips s’est-elle fait racheter par Sonos ?

En marge de sa conférence dédiée à l’évolution des interfaces homme-machine, Yann Lechelle, COO de Snips est revenu sur la récente acquisition de la startup…

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Hugo Pellegrin

27 novembre 20192 min de lecture

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© Archives Travolution

En marge de sa conférence dédiée à l’évolution des interfaces homme-machine, Yann Lechelle, COO de Snips est revenu sur la récente acquisition de la startup française par Sonos pour un montant de 37 millions de dollars.

La semaine passée, le fabricant d’équipement audio Sonos a mis la main sur Snips pour un montant de 37 millions de dollars. Snips est spécialisée dans les technologies de reconnaissance vocale. Elle se démarque d'autres sociétés par son approche "ethique by design". Pour le fabricant américain dont certains des produits intègrent Alexa d’Amazon, il s’agit d’un investissement stratégique. « À travers cette acquisition, Sonos souhaite notamment reprendre la main sur sa relation client. Lorsque le consommateur achète une enceinte connectée de Sonos, il est confronté en permanence à Amazon », explique Yann Lechelle, COO de Snips.

Suite au rachat de la startup française, son fondateur Rand Hindi, a annoncé quitter le navire pour se concentrer sur d’autres projets liés à la protection de la vie privée. Et pour le directeur des opérations de Snips, l’enjeu n’était pas de savoir si l’offre de Sonos était la plus intéressante mais d’assurer sa croissance. Une société « deeptech » a-t-elle les moyens de se développer en France ? « Non », déplore-t-il. « La réalité, c’est que la France a abandonné certaines industries comme le hardware pour se concentrer sur ses pépites comme le luxe ou la gastronomie ». Résultats : les appareils pouvant intégrer la solution embarquée de Snips « sont essentiellement japonais, chinois et américains ».

La R&D reste en France

Pour autant, il ne veut pas que l’on considère l’opération comme la « fuite d’une pépite à l’étranger ». « Le prix du rachat est bon. Ainsi, tout le monde est remboursé dont la BPI : Snips n’aura donc rien coûté au contribuable », explique-t-il avant d’ajouter. « D’autre part, les équipes de R&D resteront en France, Sonos va donc financer près de 10 millions d’euros en salaire annuel ». Il voit également dans ce rachat une opportunité d’exporter les idées de la France et de l’Europe en matière de protection des données à l’international.

Photo d'ouverture : TOM.travel

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