Brand Hijacking : les OTA prédatrices qui interceptent les réservations hôtelières directes

Une étude menée par Operto met en avant des opérateurs qui parviennent à se glisser comme intermédiaires dans des réservations qui auraient pû être directes.

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Ronan Daniel

Ronan Daniel

12 octobre 2026Mis à jour le 12/10/20263 min de lecture

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AdobeStock 1994444017© Eve

Lorsqu'un voyageur saisit le nom exact d'un hôtel dans un moteur de recherche, tout indique qu'il envisage de faire une réservation directe, sans passer par une OTA. Pourtant, il arrive que les premiers résultats de ce genre de recherche pointent vers le site d'un intermédiaire qui s'est positionné sur cette recherche précise. Une étude menée par le spécialiste de la technologie hôtelière Operto, « State of predatory OTAs 2026 », met en avant ce phénomène.

Ces opérateurs se positionnent dans les enchères Google sur les noms des hôtels en question afin d'apparaître dans les résultats sponsorisés du moteur de recherche. Pour renforcer le caractère légitime de ces résultats, certains n'hésitent pas à usurper l'identité visuelle de ces établissements, faisant croire au visiteur qu'il s'apprête à faire une réservation directement sur le site de l'hôtel. Le paiement se fait auprès de cet intermédiaire qui traite la demande comme le ferait une OTA et les données du voyageurs sont généralement masquées pour empêcher l'hôtel de contacter directement le client.

Des OTAs qui ne font pas découvrir des hôtels

Ces « OTA prédatrices » comme les décrivent l'étude peuvent ainsi percevoir des commissions pour un service inexistant aux yeux du client, et qui correspond à une réservation que l'hôtel possédait potentiellement déjà. Pour s'assurer que l'opération aille à son terme, certaines de ces OTA cachent les majorations tarifaires qu'elles appliquent (le client ignore la part qui revient effectivement à l'établissement) et rendent difficiles les conditions d'annulation.

L'étude cite les principaux opérateurs se livrant à cet exercice : GuestReservations.com a ainsi publié 540 000 annonces entre le 22 mai et le 21 juin 2026, ReservationDesk.com 240 000 ou BookOnline.com 90 000.

« Le défi pour les hôteliers, c’est la visibilité », souligne Tim Major, CEO of Operto. « Un directeur général peut effectuer une recherche sur son établissement depuis la réception, ne rien remarquer d’inhabituel et en déduire raisonnablement qu’il n’y a pas de problème, alors qu’un client situé à des centaines de miles de là se voit proposer des résultats complètement différents. Les hôtels doivent comprendre qui fait de la publicité au détriment de leur marque, quelle part de la demande directe leur échappe par ces canaux, et ce que cela leur coûte.»

Cette tendance est mondiale, Operto répertorie environ 1,1 million d'annonces prédatrices ciblant 204 000 hôtels uniques répartis dans 205 pays, et n'est pas nouvelle. Dès 2017, les autorités américaines de la concurrence s'étaient penchées sur ce phénomène et ont condamné la société Reservation Counter. La FTC avait estimé que l'activité de cette entreprise n'était pas de faire découvrir des hôtels, comme le feraient Booking.com ou Expedia mais que l'entreprise se contentait d'intercepter la clientèle au dernier moment. Aucune sanction financière n'avait cependant été imposée, Reservation Counter a été tenue de clarifier son statut d’intermédiaire et de ne plus utiliser les noms et logos des hôtels de manière trompeuse.

Operto encourage donc les hôteliers à renforcer eux-mêmes la présence de leur marque sur les moteurs de recherches et à déployer un dispositif de surveillance de sa marque sur des sites tiers.

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