Peu après l’annonce du partenariat Regiondo avec Google, TOM.travel s’est entretenu avec Cédric Lopez, Directeur France de Regiondo, afin de connaître les motivations de ce partenariat mais aussi la stratégie de la société et sa vision sur l’évolution du marché des activités de loisirs.
Quelle est la stratégie de Regiondo pour se développer sur le marché des activités ?
Cédric Lopez : il y a une importante fragmentation des prestataires d'activités de loisirs. Un acteur peut avoir la capacité d’investir 20 millions d’euros dans un parc de loisirs pendant qu’un indépendant qui organise des balades en kayak par exemple cherche à financer 3 ou 4 bateaux pour son activité. Ce constat nous pousse à concentrer l’ensemble de nos efforts sur le développement de notre produit. En d’autres termes, la stratégie consiste à développer des fonctionnalités adaptées à tous les segments de clientèle. Notre outil de gestion des équipements est par exemple totalement agnostique vis-à-vis du métier ou de l’activité de notre client. Enfin, notre système de réservation est le seul à disposer d’un channel manager et nous nous distinguons de la concurrence par notre approche locale.
L’ouverture de nos bureaux à Nice pour se développer sur le marché Français en témoigne. Il est indispensable d’être au contact des prestataires d’activités pour mieux cerner leurs besoins et les conseiller, pendant que notre équipe à Munich se concentre sur les développements techniques. Cette approche permet à des clients comme Galeries Lafayette ou l’Aquarium de Paris mais aussi un guide local marseillais qui fait découvrir la cannebière d’utiliser la plateforme. Au total Regiondo compte 5 000 utilisateurs en Europe, la France et l’Italie étant deux marchés porteurs. Les prestataires reversent une commission sur les transactions et nous leur proposons un abonnement pour les services de conseil et d’intégration. Stripe est notre prestataire de paiement ce qui nous facilite la mise en conformité avec les nouvelles régulations sur les transactions en ligne et permet de répondre aux attentes de nos clients en matière de paiement.
Composition et évolution du marché mondial des activités de loisirs. Crédits : Regiondo
Pourquoi avoir noué un partenariat avec Google ?
Les prestataires d’activités ont beaucoup investi dans les services de Google comme Adwords, Search Console ou Maps. Ce partenariat est une réponse à une importante demande de nos clients et une évidence pour nous au même titre que la collaboration avec TripAdvisor Experiences ou encore Expedia. C’est une opportunité pour nos clients d’être beaucoup plus visibles. Qu’importe si la réservation est effectuée en direct car tout est connecté à Regiondo.
Notre mission consiste à aider les membres de l’écosystème à se connecter à l’ère numérique et accroître leurs ventes. Enfin, ce partenariat est bénéfique àl’expérience d’achat. Le fait de pouvoir afficher les disponibilités et réserver immédiatement son activité depuis son moteur de recherche génère un « effet waouh » indéniable chez le client final. Nous réduisons ainsi les étapes nécessaires à une réservation qui devient possible à tout moment et dans n’importe quel lieu.
Google Maps est passé d’un modèle gratuit à payant en 2018. Quelle est votre stratégie pour se prémunir d’un tel scénario avec Google Reserve ?
Je ne souhaite pas parler au nom de Google et nous n’envisageons pas de stratégie de prévention. Aujourd’hui, il s’agit d’un partenariat qui fait sens car nous attachons la même importance à la notion d’UX (expérience utilisateur, ndlr). C’est un partenariat gagnant-gagnant qui améliore l’expérience de réservation au client final. En se rendant sur Google ou Google Maps, un local ou un touriste peut afficher le calendrier des disponibilités exactes et en temps réel. Nous adressons ainsi une tendance croissante des réservations sur mobile qui consiste à rechercher une activité à faire le jour même que l’on soit un local ou un touriste à destination. Actuellement, la part de réservation desktop versus mobile est à l’équilibre. Le choix du support dépend en réalité du contexte : suis-je en train d’organiser mon voyage ou ma journée ?
Quel regard portez-vous sur l’évolution du marché des activités (d’ici à 3 ans) et quels sont vos objectifs en 2020 ?
Le marché va être de plus en plus complexe à adresser. Pour autant, je ne crois pas à l’émergence d’un monopole sur la distribution d’activité mais plutôt à un scénario dans lequel plusieurs gros acteurs se partageront les différents marchés. Notre partenariat avec Google nous permet par ailleurs de mieux cerner les comportements dans différents pays. L’objectif de Regiondo est désormais de décentraliser la gestion de notre activité concentrée à Munich depuis le départ. Il est important de consolider notre présence sur le marché allemand tout en développant notre stratégie locale pour asseoir notre avance sur la France et l’Italie. Nous en sommes au tout début de la transformation digitale du marché et il n’y a pas encore de leader dans le domaine. Le papier, le crayon et le formulaire de contact sont encore nos principaux concurrents.
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