Booking.com observe une évolution rapide des usages technologiques dans le secteur du voyage. Lors de sa conférence Elevate, organisée à Londres le 14 octobre 2026, la plateforme a présenté plusieurs données issues de ses enquêtes auprès des voyageurs et des professionnels de l’hébergement.
La recherche de voyage figure désormais parmi les domaines les plus directement affectés par l’intelligence artificielle. La moitié des personnes interrogées déclarent utiliser l’IA pour préparer un séjour, tandis que 49 % y ont recours pour trouver de nouvelles idées de voyage. Au total, 33 % utilisent des plateformes d’IA générative pour leurs recherches, plutôt que les moteurs de recherche traditionnels.
« L’IA redessine la recherche de voyage », affirme Carlo Olejniczak, vice-président et directeur général pour la région EMEA de Bookng.com. Selon l’entreprise, le nombre d’utilisateurs actifs des outils d’intelligence artificielle dépasse désormais le milliard. La comparaison entre les différentes plateformes doit toutefois être interprétée avec prudence, les chiffres disponibles ne reposant pas toujours sur les mêmes périodes ni les mêmes indicateurs.
Les hébergeurs accélèrent leur adoption de l’IA
L’IA progresse également chez les professionnels de l’hébergement. La part des établissements qui l’utilisent quotidiennement serait passée de 32 % en 2025 à 66 % en 2026. Parmi eux, 45 % s’en servent pour analyser les commentaires des clients et améliorer leurs services. Quatre établissements sur dix l’utilisent aussi pour faciliter la traduction et la communication avec une clientèle internationale.
Les acteurs du secteur anticipent d’autres applications au cours des prochaines années. Selon les données présentées par Booking.com, 74 % des professionnels interrogés estiment que la détection des fraudes et la cybersécurité dopées par l’IA auront un impact significatif sur leur activité au cours des trois prochaines années. Ils sont également 71 % à citer la gestion des revenus comme un domaine appelé à bénéficier de ces technologies.
Pour M. Olejniczak, l’enjeu ne consiste pas seulement à automatiser certaines tâches. « L’accès aux technologies des plateformes peut aider les partenaires hôteliers à toucher des voyageurs sur de nouveaux marchés, à communiquer dans plusieurs langues et à proposer les moyens de paiement auxquels les clients sont habitués dans leur pays », précise-t-il.
Les paiements, un facteur déterminant dans la conversion
L’étude met aussi en évidence le rôle central des paiements dans la finalisation d’une réservation. Près des deux tiers des professionnels interrogés, soit 62 %, déclarent avoir constaté l’abandon d’une réservation lorsque le moyen de paiement privilégié par le client n’était pas disponible. Ils sont 67 % à estimer que les voyageurs hésitent davantage à finaliser leur achat dans cette situation.
Les portefeuilles numériques, comme Apple Pay ou Google Pay, répondent à une attente croissante : 87 % des voyageurs déclarent s’attendre de plus en plus à pouvoir les utiliser. Les clients internationaux recherchent également des solutions locales. Selon Booking.com, 71 % des professionnels constatent une demande accrue pour des moyens de paiement tels qu’Alipay, WeChat Pay ou Pix.
Cette diversification pourrait avoir un effet direct sur les ventes. Plus de huit hébergeurs sur dix, soit 84 %, affirment qu’une offre élargie de moyens de paiement les a déjà aidés à obtenir davantage de réservations. Par ailleurs, 34 % estiment que l’acceptation de solutions locales et internationales pourrait accroître leurs revenus de plus de 20 %.
Les voyageurs maintiennent leurs projets malgré les coûts
Booking.com a également partagé plusieurs tendances concernant les intentions de voyage. Plus de la moitié des personnes interrogées, soit 53 %, prévoient de voyager davantage l’année prochaine. Elles sont 37 % à envisager un volume de voyages similaire et seulement 10 % à prévoir de partir moins souvent.
Au Royaume-Uni, les voyageurs semblent par ailleurs prêts à renoncer à une partie de la flexibilité offerte par les conditions de remboursement pour bénéficier de tarifs plus avantageux. Malgré la hausse des coûts, 52 % déclarent vouloir maintenir leurs projets en les adaptant plutôt que d’y renoncer.
Cette volonté concerne notamment les voyageurs à la recherche d’expériences haut de gamme, ceux qui accordent de l’importance aux enjeux environnementaux et les touristes attirés par la gastronomie. Pour M. Olejniczak, les technologies doivent ainsi contribuer à réduire les obstacles à la réservation tout en laissant aux professionnels davantage de temps pour se concentrer sur l’expérience proposée aux clients.