#Voicetech : « La voix est l’interface transactionnelle ultime »

Lors de Voicetech Paris, Yann Lechelle, COO de Snips société tout juste rachetée par Sonos, est revenu sur l’évolution des interfaces homme-machine avant de…

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Hugo Pellegrin

27 novembre 20194 min de lecture

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Yann Lechelle, ex-COO de Snips tout juste rachetée par Sonos, sur la scène de l'événement Voicetech Paris.© TOM.travel

Lors de Voicetech Paris, Yann Lechelle, COO de Snips société tout juste rachetée par Sonos, est revenu sur l’évolution des interfaces homme-machine avant de faire l’état des lieux de la Voix, qu’il considère comme le canal transactionnel ultime.

De l’époque des premiers calculateurs qui demandaient des compétences dépassant celles des doctorants pour interagir au premier système d’exploitation développé par Microsoft en 1981, la machine n’a cessé d’être accessible à un plus grand nombre d’utilisateurs au fil des progrès technologiques. En plus de miniaturiser l’interface, l’arrivée de l’iPhone a également instauré un principe de convergence en regroupant un iPod, un navigateur et un téléphone. « Demain, l’interface vocale va accroitre le phénomène », prévoit Yann Lechelle.

interface-homme-machine "Très chères, les premières machines demandaient également un haut niveau de compétences pour interagir avec". Crédits : TOM.travel

Mais pour comprendre le phénomène qui va s’opérer au cours des prochaines décennies, il convient de s’intéresser à la dominance des plateformes. « De par leur budget et niveau de distribution, ce sont les GAFA qui nous permettent de découvrir et d'adopter ces technologies », rappelle-t-il. L’enjeu pour ces entreprises — Google, Apple, Facebook, Amazon, Tencent — qui regroupent 1 milliard d’utilisateurs ou plus est de maximiser leur part de marché. Elles se lancent donc dans une course effrénée pour capter toujours plus d’utilisateurs, renforçant leur position d’acteur incontournable.

Une guerre sino-américaine

« Apple et Google y sont parvenus sur le mobile, là où Microsoft, leader sur le desktop, a lamentablement échoué », illustre Yann Lechelle. Et bien qu’ils ne soient pas des systèmes d’exploitation à proprement parler, Facebook et Tencent sont parvenus à créer des écosystèmes intégrant des applications et des services. « C’est d’ailleurs Facebook qui a lancé la frénésie des chatbots pour fédérer ses utilisateurs au sein de son écosystème », analyse Yann Lechelle. Des rapports de force et des enjeux de plusieurs milliers de milliards de dollars qui dépassent l’entendement même des propres employés de ces sociétés.

voix-consommateur-telegram "Collectivement, le choix des consommateurs et décideurs pèsent dans le débat" Yann Lechelle. Crédits : TOM.travel

Derrière l’arrivée des interfaces vocales, l’enjeu pour chacun de ces acteurs est de capter le prochain milliard d’utilisateurs. Une bataille menée sans l’Europe dans laquelle « consommateurs et décideurs peuvent peser collectivement ». En témoigne l’arrivée de Telegram dont le service de messagerie encrypté a réussi à capter 200 millions d’utilisateurs. Depuis, les autres services de messagerie ont tous intégré l’encryption. « L’évolution exponentielle de puissances de calcul, les questions de décentralisation liée à la dominance des plateformes constituent également des opportunités commerciales sur ce marché », résume-t-il.

2023 : un assistant vocal par humain

 « Cela fait 100 000 ans que nous utilisons la voix contre 5 000 ans pour l’écriture. La voix est le canal transactionnel ultime », a-t-il rappelé. Le développement des interfaces vocales suit donc la logique de l’histoire des interfaces hommes-machine : être de plus en plus accessible grâce à l’intelligence artificielle notamment. « Pour s’affranchir de Google dans la phase de recherche, Amazon lance Alexa en 2014. La Silicon Valley réalise rapidement qu’avec cet appareil, tout le monde va faire ses recherches par la voix », raconte Yann Lechelle. « En 2015, Google lance son enceinte connectée suivi par Apple en 2016. Ce n’était pas prévu ».

En quelques mois, le marché regroupe alors une offre complète. Depuis, de nombreuses marques — Facebook, Alibaba ou encore Sonos qui a racheté Snips pour un montant de 37 millions de dollars la semaine passée — s’alignent, poussant les analystes à prédire qu’en 2023, il y aura sur terre un assistant vocal par humain. « Pour autant je suis sûr que l’écran ne disparaîtra pas », estime Yann Lechelle qui croît en la multimodalité dans un premier temps. Rappelant qu’il existe des boîtes à outils d’intelligence artificielle, le conférencier a conseillé aux entreprises de se familiariser avec ces « algorithmes sur étagère ». Il leur faudra aussi réfléchir à leur identité vocale, un point sur lequel la SNCF dispose d’un actif d’avance selon lui, grâce à la numérisation de la voix culte de Simone Hérault qui incarne aujourd’hui la voix de la marque.

Photo d'ouverture : TOM.travel

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