Portrait-robot : « Je fais parler les données »

Des métiers nés avec le numérique aux jobs qui mettent les technologies émergentes au service des produits et services de demain, TOM.travel vous propose de…

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JL

Julia Luczak-Rougeaux

20 avril 20204 min de lecture

Portrait_Benoit Boyadjis_paysage
© Archives Travolution

©Kevin Fontaine pour Eventiz Media Group

Des métiers nés avec le numérique aux jobs qui mettent les technologies émergentes au service des produits et services de demain, TOM.travel vous propose de découvrir les métiers qui façonnent le futur des entreprises au travers d’une série de « portraits-robots ». Apprenez-en plus sur le métier de data scientist avec le portrait de Benoit Boyadjis, Data scientist chez Zoov. 

En quoi consiste votre métier ?

Je suis Data Scientist chez Zoov, une start-up dédiée aux nouvelles mobilités, proposant des vélos électriques en libre-service, accessibles via une application. L’objectif principal de l’équipe Data est la mise à disposition d’outils, dédiés aux différents métiers de la société, permettant de visualiser et d’interagir avec les bases de données. Ainsi, nous créons un environnement où les prises de décision sont motivées, contrôlées et mesurées grâce à des indicateurs de performance identifiés. Par exemple, nous surveillons attentivement notre activité sur chaque territoire d’implantation, et sommes à même d’optimiser la couverture du service en fonction de la demande constatée.

Seul membre de l’équipe Data à l’heure actuelle, mon métier comporte différentes facettes. Il s’agit d’abord d’être disponible et à l’écoute des différents métiers pour comprendre au mieux leurs besoins. Je définis ensuite une stratégie pour proposer une manière, la plus adaptée possible, d’adresser les besoins identifiés. Je m’occupe enfin de l’implémentation des outils correspondants. Je travaille en Python pour la construction des outils, puis les rends disponibles sur une plateforme web dédiée à la data, où je manipule des langages web plus classiques comme HTML, css, js, jquery ou ajax afin que les équipes puissent y accéder.

Qu’est-ce qui vous a poussé sur cette voie ?

Ce métier n’est pas nécessairement une vocation, mais plutôt le résultat d’un parcours qui n’a cessé de tourner autour de la data. Issu d’une formation académique (doctorat), j’ai ensuite eu l’opportunité de cofonder une société où j’ai exercé pendant deux ans en tant que CTO. Confronté à des enjeux extrêmement variés, j’ai été obligé de me former sur le tas et sans filet. Cette période fut à la fois excitante et frustrante, car je trouvais difficile l’interaction avec des clients soit peu présents, soit extrêmement pressants face à l’urgence d’une prochaine échéance.

Ce sentiment fut prépondérant dans ma recherche de poste à la clôture de ma société. Je voulais être plus proche de mes interlocuteurs, de leurs besoins et des retours sur l’efficacité et les limites des outils développés. Je voulais enfin rester sur un métier mettant en valeur une certaine polyvalence et une ouverture sur d’autres métiers, qui sont des composantes essentielles du métier de data scientist dans une petite société.

En quoi est-ce un poste important selon vous ?

Les services développés par l’équipe Data sont indispensables pour le fonctionnement de la société. Pour faire une analogie avec la mécanique, ils font à la fois office d’huile moteur et de tableau de bord. En effet, ils fluidifient le travail des équipes métier grâce à des outils qui leur sont dédiés, permettant de gagner du temps au quotidien dans leurs interactions avec les bases de données et de prendre de meilleures décisions pour la croissance de l’activité. De plus, en mettant à disposition des visualisations des principaux indicateurs de performance, l’équipe Data permet à la fois de comprendre l’état de forme de la société et de mesurer l’effet des actions entreprises par celle-ci. Le data scientist en particulier est garant de la fiabilité des indicateurs, de la qualité des codes permettant leur obtention, et de leur maintenance. Je dois m’adapter en permanence aux évolutions de nos fonctionnements internes, et tenter d’assurer la robustesse des outils proposés et leur pérennité.

Quel est votre plus grand succès, tour de force ?

Mon quotidien se tisse de petits succès, en répétant un cycle régulier d’identification du besoin, définition d’une solution, implémentation, et vérification auprès des équipes concernées de leur satisfaction dans l’utilisation de ces outils. Mon plus grand succès, à mon sens, est d’avoir permis à ce cycle d’exister !

Je suis arrivé chez Zoov à un moment où la Data en était à ses débuts et les équipes métier ne pouvaient pas interagir directement avec les outils développés. Chaque besoin était remonté à l’équipe Data qui renvoyait au cas par cas les informations demandées. J’ai ainsi construit un environnement, appelé Datacenter, où les services sont rendus disponibles et interactifs. Les équipes sont ainsi devenues autonomes et à même de configurer les outils selon leurs besoins. Ce Datacenter est en quelque sorte mon bébé et il n’y a pas de plus grande satisfaction que de circuler dans les couloirs et d’apercevoir, sur différents postes, des collègues en train de l’utiliser.

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