Comment la blockchain peut-elle optimiser la maintenance aéronautique ?

Voilà les réflexions menées par l’alliance MRO Blockchain, une initiative portée par SITA qui réunit l’ensemble des acteurs de la chaîne de production et de…

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Hugo Pellegrin

12 février 20203 min de lecture

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© Archives Travolution

Voilà les réflexions menées par l’alliance MRO Blockchain, une initiative portée par SITA qui réunit l’ensemble des acteurs de la chaîne de production et de maintenance aéronautique.

Les acteurs de l’aérien annoncent la création d’une alliance pour réfléchir aux applications de la blockchain dans les domaines de la maintenance, réparation et révision (MRO en anglais pour Maintenance, Repair and Operations). Autrement dit, le but du projet est de voir dans quelle mesure la technologie blockchain peut être utilisée pour suivre, tracer et enregistrer les pièces d’avion. Après quoi, les partenaires pourront établir une norme mondiale autour de l’utilisation de la blockchain pour le suivi des pièces.

La blockchain pour réduire les coûts de la maintenance

Baptisée « MRO Blockchain Alliance », l’initiative est portée par SITA et Clyde & Co et réunit Bolloré Logistics, Cathay Pacific, FLYdocs, HAECO Group, Ramco Systems, Willis Lease Finance Corporation. Sont ainsi concernés tous les acteurs impliqués dans la chaîne de production aéronautique : compagnies aériennes, constructeurs, équipementiers, fournisseurs de logistique et prestataires de service de maintenance. Au total le MRO réunit 20 000 fournisseurs qui traitent chaque année 25 milliards de pièces pour un chiffre d’affaires de 100 milliards de dollars.

Selon PwC, l’utilisation de la blockchain pourrait augmenter les revenus de l’industrie aérospatiale de 4 %, soit 40 milliards de dollars, tout en réduisant les coûts MRO à l’échelle mondiale d’environ 5 %, soit 3,5 milliards de dollars. Des économies générées notamment par le stockage sécurisé des documents, garantissant la confidentialité des données, une meilleure visibilité des temps de réparation et sur l’inventaire ainsi que des flux de travail automatisés et une harmonisation des enregistrements.

Un POC en 2020

L’Alliance utilisera la technologie blockchain pour enregistrer et suivre deux volets d’informations distincts pour chaque pièce de l’avion : un fil numérique et un passeport numérique. Le fil numérique fournira le statut en temps réel et permettra le suivi des pièces dans le temps, tandis que le passeport numérique fournira des informations sur l’origine d’une pièce et contiendra d’autres données précieuses telles que la certification de navigabilité pour attester de la propriété. SITA aura pour rôle de gérer la gouvernance de l’Alliance à l’échelle mondiale, de fournir et de s’assurer de la conformité des éléments technologiques auprès des différentes normes de l’industrie aéronautique et des régulateurs.

« Cette initiative résulte en partie des recherches menées par SITA sur la technologie blockchain, technologie qui, selon nous, promet une formidable opportunité de mieux partager et enregistrer les informations entre les acteurs du transport aérien. Dans une industrie aussi interconnectée que la nôtre, cette capacité à partager et enregistrer les informations de façon sécurisée tout en continuant d’avoir un certain contrôle sur la data est fondamentale si nous voulons être plus efficace. Cela est particulièrement vrai pour le secteur MRO », commente dans un communiqué Matthys Serfontein, Président d’Air Travel Solutions pour SITA. L’alliance MRO prévoit de présenter un POC à la mi 2020.

Photo d’ouverture : Pandu Agus Wismoyo

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