Selon les données de RateGain et Sojern, les réservations de vols et d’hôtels ont progressé en Europe durant l’été 2026, malgré des tarifs plus élevés, le conflit au Moyen-Orient et la Coupe du monde.
La demande touristique européenne a résisté durant les trois mois de l’été 2026. Les réservations de vols et d’hôtels ont augmenté par rapport aux deux étés précédents, d’après les données issues des plateformes de RateGain et de Sojern, devenue une marque du groupe.
Le mois d’août a concentré le plus grand nombre de réservations, mais la plus forte progression a été enregistrée en juillet, avec une hausse de 5 % par rapport à 2025. Les voyageurs ont également dû composer avec des prix plus élevés, notamment dans l’hôtellerie, où le tarif journalier moyen a progressé de 4 à 6 % sur l’ensemble du continent.
L’Espagne est restée la destination européenne la plus prisée. Entre juin et août 2026, elle a représenté 11 % de l’ensemble des réservations aériennes enregistrées sur les plateformes de RateGain.
Oscar Ganuza, vice-président senior chargé des revenus pour l’Europe chez RateGain, souligne que les voyageurs ont continué à partir, mais en ajustant davantage leurs choix : "L’été 2026 a été placé sous le signe de la résilience pour le secteur du voyage. La demande n’a pas disparu, mais elle s’est davantage fragmentée, les voyageurs européens plaçant le rapport qualité-prix au cœur de leurs décisions de réservation."
Oscar Ganuza ajoute que l’Espagne a confirmé son statut de destination incontournable, tandis que l’Allemagne et le Royaume-Uni ont conservé une activité stable, à la fois comme marchés émetteurs et récepteurs. La demande allemande s’est répartie sur un large éventail de destinations, contrairement à l’Espagne, où elle s’est concentrée sur quelques grands pôles touristiques.
La Coupe du monde stimule les voyages vers l’Amérique du Nord
La Coupe du monde de football, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, a entraîné une hausse des flux touristiques européens vers l’Amérique du Nord. Les voyageurs britanniques ont représenté plus d’un quart des réservations aériennes vers la région en juin et juillet, ainsi que plus de 40% des réservations hôtelières.
Les États-Unis ont concentré 78,7 % des réservations aériennes européennes à destination de l’Amérique du Nord, malgré la tenue de rencontres au Canada et au Mexique. La France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne complètent le classement des principaux marchés émetteurs, avec respectivement 11,5%, 9,5%, 9,3% et 8,8% des réservations.
La Turquie profite du recul des voyages au Moyen-Orient
Le contexte géopolitique a également modifié les choix des voyageurs. Alors que le conflit au Moyen-Orient se poursuivait, la Turquie a capté une partie de la demande déplacée. Les volumes de vols vers le pays ont progressé de 25 % sur un an, représentant 60 % des flux aériens européens vers la région.
La tendance s’est avérée très différente dans le reste du Moyen-Orient, où les volumes ont reculé d’environ 13 %. Cette instabilité a aussi raccourci les délais de réservation : les voyageurs ont reservé en moyenne 33 jours avant leur départ en juin 2026, contre 37,5 jours un an plus tôt.
Céline Chaussegros, vice-présidente chargée des ventes mondiales auprès des hébergeurs et de la relation client chez Sojern, estime que les voyageurs ne renoncent pas au départ, mais adaptent leur comportement : "Ils ont modifié leur destination, la durée de leur séjour et leur manière de réserver. Les données montrent que les perturbations ont compté, mais que la demande a trouvé un moyen de les contourner."
Céline Chaussegros appelle toutefois les professionnels à ne pas considérer toutes les évolutions observées cet été comme une nouvelle norme. La solidité de l’Allemagne et du Royaume-Uni comme marchés européens, ou encore l’écart entre la Turquie et le reste du Moyen-Orient, pourraient s’inscrire dans la durée. En revanche, les effets liés à la Coupe du monde relèvent d’un événement ponctuel.
"Nous encourageons le secteur à continuer de suivre les signaux de demande en temps réel jusqu’au quatrième trimestre, plutôt que de supposer que les tendances de cet été se prolongeront automatiquement", conclut Céline Chaussegros.