Le secteur du travel voit désormais l'IA impacter son organisation

Au troisième jour le l'IFTM, qui accueille traditionnellement beaucoup d'étudiants, les professionnels du tourisme se sont interrogés sur l'impact de l'IA sur…

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Ronan Daniel

Ronan Daniel

22 septembre 20264 min de lecture

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© Archives Travolution

Au troisième jour le l'IFTM, qui accueille traditionnellement beaucoup d'étudiants, les professionnels du tourisme se sont interrogés sur l'impact de l'IA sur sur les organisation du voyage.

Erwan Corre n'a pas éludé la question : avec l'adoption de l'IA, Worldia a réduit de 40% ses effectifs en maintenant son chiffre d'affaire et son niveau de satisfaction client. Le co-fondateur de la plateforme technologique française était aux côtés de Charles Tandonnet, chief strategy officer de Travelsoft et Valérie Boned, présidente des Entreprises du Voyage pour évoquer, au troisième jour de l'IFTM, le sujet de l'impact de l'IA sur les organisations du voyage. Worldia ne fait pas exception précise Erwan Corre qui perçoit une anticipation moyenne d'une baisse de 25 % des besoins en personnel d'ici 2 à 3 ans dans les entreprises européennes.

Les participants à cette table ronde qui s'est tenue face à un auditoire comptant de nombreux étudiants ont essayé de donner la mesure de la transformation qui s'opère dans le secteur du voyage et qui s'est accélérée en 2026. Si jusqu'ici les agents IA étaient intégrés dans des processus jugés chronophages et étaient perçus comme des assistants tenus de trouver leur place dans le fonctionnement des entreprises du voyage, ces derniers mois ont amené les professionnels à changer de paradigme et à mettre l'IA au centre de leur activité.

"Je pense que c'est dangereux de considérer l'IA comme un agent, comme un employé, parce que ça laisse entendre que l'IA est à côté et collaborer avec moi. Ce n'est pas vraiment ça.", souligne Charles Tandonnet. "L'image qu'il faut avoir en tête, c'est que ça devient le moteur de l'entreprise et l'humain se place autour. L'humain passe du rôle d'exécutant à celui de contrôleur et de surveillant, qui n'intervient qu'en cas d'erreur ou d'exception."

Charles tandonnet (Orchestra) et Erwan Corre (Worldia)

Les intervenants ont ainsi évoqué diverses manières d'appréhender ce rôle désormais dévolu à l'humain : généralisation du "vibe coding" où le développeur valide et teste le code généré plutôt que d'écrire des lignes, transition de la création manuelle de contenus vers la conception et le pilotage de design systems génératifs intégrant la charte et la voix de l'entreprise ou analyse et synthèse instantanées de l'historique complet d'une agence et de la totalité des transcriptions de conversations pour préparer les rendez-vous en quelques minutes.

Ce phénomène n'est pas propre à l'IA et et accompagne la plupart des bouleversements technologiques depuis des siècles. "50 % des métiers actuels n'existaient pas il y a 20 ans" affirme Erwan Corre, même si ce chiffre serait plutôt en réalité le taux des métiers qui ont été transformés et automatisés au cours des dernières décennies. Quoi qu'il en soit, cette transformation se fait au prix d'une redistribution des ressources humaines, "le consensus moyen anticipé en Europe est une baisse de 25 % des besoins en personnel dans les 2 à 3 ans" précise Erwan Corre avant de préciser "En parallèle, nous continuons de recruter, mais sur des métiers de nature très différente".

"Nous allons chercher des gens qui ont une capacité d'abstraction très importante et une grande clarté d'esprit", détaille Charles Tandonnet. "Il s'agit de savoir retranscrire de manière extrêmement précise cette pensée abstraite et savoir visualiser le chemin vers la réalisation."

Valérie Boned, Les Entreprises du Voyage

Les compétences attendues changent, mais cela ne se fait pas sans heurts, notamment dans l'intégration des profils juniors. Les tâches basiques de recherche autrefois confiées aux juniors ou aux stagiaires sont aujourd'hui absorbées par l'IA. Cela crée un "trou dans la raquette"pour l'insertion des juniors, explique Valérie Boned.

Dans un contexte où la formation académique, très rigide, peine à intégrer l'IA, encore perçu comme un moyen de déléguer les devoirs. Les intervenants ont encouragé les étudiants présents à être curieux, à ne pas céder à la paresse intellectuelle et à s'auto-former pour répondre à ces nouvelles attentes aussi bien voire mieux que les professionnels du voyage pourtant plus expérimenté. "C'est rare d'avoir l'opportunité à 25 ans d'être meilleur que n'importe quel senior dans une organisation sur un sujet" note Erwan Corre.

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