Finaliste de l'Orchestra Start-up Contest qui se tient le 15 septembre à l'IFTM, Elia se présente comme la banque des professionnels du voyage, et même de ceux qui veulent le devenir.
Comment avez-vous perçu le besoin d'un service spécifique aux professionnels du voyage ?
Julien Leroy, CEO et co-fondateur d'Elia : Cela fait plus de 10 ans que j'accompagne des acteurs du voyage de toutes tailles dans la gestion de leurs paiements. Le constat est clair : cette industrie est unique en termes d'exposition aux risques et aux frais liés aux paiements du quotidien. Les solutions généralistes ne sont pas calibrées pour répondre à leurs besoins, et représentent des lignes de frais non négligeables, dans un contexte où chaque point de marge compte.
À cela s'ajoutent des contraintes propres au secteur qu'aucune néobanque généraliste ne comprend : la garantie financière et l'immatriculation Atout France, les règlements IATA/BSP, la TVA sur marge (TOMS), et surtout des paiements fournisseurs partout dans le monde, en de multiples devises, avec des cartes qui doivent être émises à la volée, résservation par réservation.
Comment se concrétise cette solution ?
Elia n'est pas qu'un logiciel : c'est une plateforme bancaire et de paiement à part entière, construite sur l'infrastructure régulée de Swan (agréée ACPR) et opérée sous notre marque. Concrètement, le professionnel dispose d'un compte pro avec IBAN français, de cartes Mastercard virtuelles et physiques, de virements multidevises, d'1 % de cashback sur ses paiements fournisseurs-carte, le tout dans une application et un back-office pensés pour son métier.
Elia absorbe des tâches particulièrement chronophages dans les métiers du voyage :
- L'émission de cartes fournisseurs à la demande (une carte virtuelle par réservation, instantanément, sans plafonds ni blocages sur les codes marchands du voyage).
- Le règlement des fournisseurs à l'international, en masse, via notre API.
- La réconciliation résa / encaissement client / paiement fournisseur / commissions.
- La facturation et la conformité : Factur-X et e-invoicing, adaptés à la TVA sur marge.
- Le "guichet unique" permettant la création d'une agence de bout en bout : garantie financière, immatriculation Atout France et distribution. On accompagne un futur agent de l'idée jusqu'à son premier dossier vendu.
Quel est le modèle économique d'Elia ?
Le modèle d'affaires d'Elia repose sur trois sources de revenus : un abonnement SaaS pour l'accès à la plateforme (même s'il existe une version totalement gratuite), l'interchange sur les paiements par carte et les intérêts sur les dépôts.
Qui sont aujourd'hui les clients d'Elia ?
Aujourd'hui, ce sont des agences de voyages indépendantes, de petites et moyennes agences, des tour-opérateurs, des DMC et des services de conciergerie. Nous équipons déjà plus de 70 agences, et pensons dépasser les 100 d'ici la fin d'année. Nous visons quatre segments à l'échelle européenne : le loisir, les agences de voyage d'affaires / TMC, le MICE et l'hôtellerie.
La spécificité de notre approche, c'est le guichet unique : nous ne captons pas seulement des agences existantes, nous accompagnons aussi la création de nouvelles structures. Nous rencontrons donc le futur agent avant même qu'il ait immatriculé son entreprise, c'est un canal d'acquisition que personne d'autre n'a sur ce marché.
Où en est Elia dans son développement ?
Nous travaillons au déploiement complet de notre API de virements (du SEPA au SWIFT et aux paiements internationaux en masse), l'intégration d'un moteur de réservation augmenté par l'IA, et l'e-invoicing (Factur-X) natif. Une levée de fonds est prévue pour le début de 2027, pour accélérer notre développement. Nous ambitionnons aussi une expansion géographique avec le Royaume-Uni et le Benelux comme premiers marchés au-delà de la France.
Nous serons en tout cas présents à l'IFTM 2026 (Start-up Village), en tant que finalistes du Orchestra Start-up Contest, une belle occasion de porter notre conviction : la banque du voyage doit être française.
Photo d'ouverture : Elia