La société britannique Nova Pangaea Technologies a achevé des essais de son procédé de transformation de biomasse résiduelle en carburant d’aviation durable (SAF). Basée à Teesside, elle prépare désormais une levée de fonds pour financer sa première usine à échelle commerciale.
De la paille et des copeaux de bois, peut-être une invitation au voyage. Nova Pangaea Technologies a mené à bien des essais prolongés de sa technologie de conversion de biomasse usagée. Selon l’entreprise, son usine de démonstration a fonctionné de manière continue et stable pendant des campagnes de production allant jusqu’à 72 heures, avec des rendements supérieurs aux objectifs fixés.
Les derniers tests ont permis de traiter jusqu’à trois tonnes de résidus de bois issus de l’industrie forestière par jour. Ils s’inscrivent dans la continuité d’essais menés à plus petite échelle au début de l’année 2025.
La société développe le procédé REFNOVA, qui transforme des déchets de biomasse, notamment des copeaux de bois, de la sciure et de la paille de blé, en éthanol. Celui-ci peut ensuite être utilisé pour produire du carburant d’aviation durable ou du diesel renouvelable.
Le procédé génère également du biochar, une matière capable de stocker durablement du carbone. Nova Pangaea estime ainsi que sa technologie pourrait contribuer à produire des carburants à bilan carbone négatif.
Ces essais interviennent alors que l’industrie aérienne doit accélérer la production de SAF et diversifier les matières premières utilisées. La filière dépend encore largement des huiles de cuisson usagées, dont les volumes ne devraient pas suffire à répondre à la demande future, notamment avec la hausse des obligations d’incorporation.
Un projet soutenu par British Airways
Dans l’Union européenne, le règlement ReFuelEU Aviation prévoit une hausse de la part minimale de SAF, de 2 % en 2025 à 70 % en 2050. Au Royaume-Uni, le mandat national vise 2 % en 2025, puis 22 % en 2040.
L’Association internationale du transport aérien (IATA) évoque par ailleurs environ 30 millions de tonnes de capacité de production de SAF annoncée à l’horizon 2030. Ce chiffre correspond toutefois à des capacités déclarées et non à une production garantie.
Nova Pangaea travaille avec LanzaJet et British Airways dans le cadre de Project Speedbird, une initiative soutenue par le gouvernement britannique pour développer un carburant aérien à bilan carbone négatif à partir de biomasse résiduelle produite au Royaume-Uni.
Dans ce cadre, l’entreprise indique vouloir développer quatre installations britanniques produisant de l’éthanol à partir de déchets locaux, avant leur conversion en SAF. LanzaJet apporte sa technologie de transformation de l’alcool en carburant aviation, tandis que British Airways fait partie des partenaires industriels du projet.
Stewart Stewart, directeur général de Nova Pangaea Technologies, estime que les résultats obtenus pourraient renforcer la confiance des investisseurs alors que l’entreprise se rapproche de sa première usine commerciale. « La filière des SAF se trouve actuellement à un tournant critique », explique M. Stewart, qui souligne la progression de la demande et la nécessité de réduire la dépendance de l’aviation à une seule matière première.
Nova Pangaea a levé plus de 21 millions de livres sterling auprès d’investisseurs comme International Airlines Group, PXN Ventures et Mercia Ventures. La société bénéficie également de subventions du gouvernement britannique dans le cadre de l’Advanced Fuels Fund.
Photo d'ouverture : novapangaea.com