Trip.com Group lourdement sanctionnée par les autorités chinoises de la concurrence

Le 25 juillet 2026, la State Administration for Market Regulation (SAMR), le régulateur chinois de la concurrence, a sanctionné Trip.com Group à hauteur…

Nous suivre sur Google
Ronan Daniel

Ronan Daniel

27 juillet 20263 min de lecture

Viersen, Germany - March 1. 2021: Closeup of mobile phone screen with logo lettering of ctrip online travel agency on computer keyboard
© Adobe Stock

Le 25 juillet 2026, la State Administration for Market Regulation (SAMR), le régulateur chinois de la concurrence, a sanctionné Trip.com Group à hauteur d’environ 5,18 milliards de yuans pour abus de position dominante dans la réservation hôtelière en ligne.

Une sanction que le groupe Trip.com accepte "avec sincérité" et à laquelle le groupe entend "pleinement se conformer" selon une déclaration publiée sur WeChat. Les autorités chinoises de la concurrence imposent une sanction de près de 5,2 milliards de yuan, 670 millions d'euros environ au groupe accusé de pratiques monopolistiques.

La décision de la SAMR détaille cette sanction et explique que ce montant inclut une amende calculée à hauteur de 7,5% de ses ventes domestiques chinoises en 2025, soit 3,521 milliards de yuan, et la confiscation de 1,658 milliard de yuan de gains illicites, rapporte le South China Morning Post. La marque domestique du groupe Ctrip doit, en outre, rembourser intégralement les 122 millions de yuans de fonds de réserve qui ont été prélevés, sous la contrainte juge le régulateur, aux hôteliers.

Le régulateur reproche à Trip.com Group d’avoir utilisé depuis 2020 des mécanismes d’allocation de trafic, des règles de plateforme et des mesures techniques pour conclure des accords d’exclusivité avec certains hôtels et préserver des conditions tarifaires privilégiées. L’autorité estime donc que le groupe a exploité sa taille de marché pour faire entrave à la liberté commerciale et tarifaire des hôteliers en leur imposant d'être distribués exclusivement par la plateforme. Il est également reproché au groupe d'avoir contraint certains exploitants à pratiquer les prix les plus bas du réseau, "Ctrip abaissait les prix à l’aide d’outils techniques tels que l’Assistant d’ajustement des prix  et l’Assistant de référencement, ainsi que par des méthodes manuelles", détaille le Quotidien du Peuple.

19 mesures correctives

Trip.com Group, maison mère de Ctrip, Skyscanner et Qunar et occupant une place centrale dans l’écosystème mondial de la distribution touristique, prend acte de cette décision. Le groupe liste en outre 19 mesures destinées à prévenir ce type de pratique. Ces mesures listées sur le site guancha.cn, proche de Pékin, ont pour objectif de mettre un terme aux partenariats exclusifs faussant la libre concurrence, de contraindre les exploitants à s'aligner sur le prix le plus bas, de protéger les droits et intérêts légitimes des exploitants ainsi que les droits des consommateurs.

L'enquête des autorités chinoises de la concurrence a débuté en janvier 2026 et avait engendré une action en justice de la part des actionnaires américains du groupe qui s'estimaient trompés par le groupe Trip.com qui, selon eux, aurait dû les informer de l'utilisation d'un outil algorithmique pour maintenir les prix pratiqués par les partenaires au plus bas.

Cette condamnation illustre le fait que la puissance technologique et commerciale d’une plateforme peut devenir un facteur de risque dès lors que ses outils d’allocation, de classement ou d’ajustement de prix sont perçus comme des entraves au bon fonctionnement du marché. Lorsqu'un géant investit sur l'amélioration de l’expérience utilisateur ou l’optimisation algorithmique, cela doit impliquer un contrôle croissant des autorités sur les mécanismes de marché.

Photo d'ouverture : Ralf

Sur la même thématique

Voir tout