OAG : Filip Filipov plaide pour une tech voyage repensée à l'ère de l'IA agentique

Lors de Phocuswright Europe, qui s'est tenu à Barcelone du 15 au 17 juin, Filip Filipov, directeur général d'OAG, a brossé un constat sévère : le secteur du…

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Martin Cowen

23 juin 20262 min de lecture

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© Archives Travolution

Lors de Phocuswright Europe, qui s'est tenu à Barcelone du 15 au 17 juin, Filip Filipov, directeur général d'OAG, a brossé un constat sévère : le secteur du voyage a été architecturé autour du prix le moins cher, et cette logique doit être abandonnée. Pour lui, l'IA agentique impose une rupture profonde, au profit d'une intelligence de confiance capable de gérer l'itinéraire complet du voyageur.

Dans son désormais habituelle présentation-marathon, une soixantaine de diapositives en dix minutes, Filip Filipov a déroulé une thèse implacable devant un parterre de professionnels du voyage. Le back-end de l'industrie du tourisme en ligne a été conçu pour trouver l'option la moins chère, et le front-end pour la mettre en avant. Du desktop au mobile, puis au smartphone, les pages de résultats de recherche ont toujours mis en avant le prix le plus bas. Une trajectoire que M. Filipov impute à l'ensemble de l'écosystème.

«Nous avons façonné le monde, nous tous dans cette salle, parce que nous avons bâti l'industrie du voyage. Nous avons appris aux gens à acheter le voyage comme une commodité : le moins cher d'abord. Le voyage est devenu une simple liste de prix», affirme-t-il.

L'IA agentique, rupture de l'interface

Pour Filip Filipov, quelque chose a fondamentalement changé : «La recherche n'est plus l'interface». Ce changement, c'est bien sûr l'intelligence artificielle, et plus précisément l'IA agentique. Il estime que l'architecture back-end, actuellement optimisée pour faire remonter l'option la moins chère, doit être entièrement repensée pour soutenir le concept de voyage connecté.

Mais cette transformation n'est pas encore là, reconnaît-il. «Je pense que nous pouvons construire cet avenir ensemble, en tant qu'industrie. Le voyage doit être connecté. Nous avons besoin d'un itinéraire vivant, plutôt qu'une succession d'événements où l'on tente de glisser un peu de publicité pour recapturer le voyageur avec le prix le moins cher», plaide-t-il.

Données, identité et vérité opérationnelle

Lors de la session de questions-réponses, Mitra Sorrells, vice-présidente senior du contenu chez PhocusWire, a interpellé l'orateur : de nombreux professionnels brillants s'attèlent à ce chantier depuis un moment, alors qu'est-ce qui change aujourd'hui ? La réponse de M. Filipov est directe : «Nous devons nous débarrasser des problèmes qui gangrènent notre industrie. Il nous faut des données en temps réel, une identité de confiance. Il doit y avoir un contexte partagé entre les prestataires et leurs partenaires, et nous avons besoin d'une vérité opérationnelle. Il est indispensable que nous travaillions sur le back-end pour permettre ces expériences extraordinaires à l'avenir».

L'objectif ultime de cette transformation est que les voyageurs puissent faire confiance à l'intelligence de leur agent IA, parce qu'il comprend leur contexte et leurs intentions, personnalise les réponses et apprend de leurs interactions passées. «Les gagnants du prochain système d'exploitation ne seront pas ceux qui possèdent l'interface, comme c'était le cas par le passé», conclut Filip Filipov. «Ils posséderont le contexte de confiance et l'intelligence de confiance qui permet de tout assembler.»

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