Timeshifter a annoncé le 15 avril un nouveau financement mené par Skip Capital, portant ses levées cumulées à 5,3 millions de dollars. L’entreprise veut accélérer son expansion du jet lag vers le travail posté et la santé.
Timeshifter se présente comme le spécialiste de la technologie circadienne et l’éditeur de l’application anti-jet lag la plus téléchargée au monde. L'entreprise a annoncé un nouveau tour de financement mené par Skip Capital. Le fonds privé de Scott Farquhar, cofondateur d’Atlassian, et de Kim Jackson est accompagné dans l’opération par plusieurs investisseurs stratégiques, parmi lesquels le champion du monde de Formule 1 2016 Nico Rosberg, l'astronaute en chef d’Axiom Space Michael López-Alegría et Brian Kelly, fondateur de The Points Guy. La société indique avoir levé 5,3 millions de dollars (4,5 millions d'euros) au total à ce jour. Au-delà du voyage longue distance, l'éditeur veut désormais accélérer son développement vers le travail posté, impliquant plusieurs fuseaux horaires et la santé, deux marchés où la désynchronisation circadienne produit des effets plus larges et potentiellement plus critiques.
Jet lag et travail posté sur une même plateforme
Le modèle de Timeshifter repose sur la traduction de concepts scientifiques en outils numériques exploitables à grande échelle. Son application anti-jet lag revendique plus de 1,6 million d’utilisateurs dans le monde, dont presque 500 000 nouveaux comptes créés en 2025. L’entreprise indique collaborer avec United Airlines, Lufthansa, SWISS, Austrian Airlines et InterContinental Hotels & Resorts afin d’intégrer ses recommandations dans des offres liées au voyage. En parallèle, elle développe une application autonome destinée aux travailleurs postés, déjà utilisée par des milliers de personnes et proposée par des employeurs dans la santé, l’énergie, la logistique et le transport.
"Nous savons depuis des décennies que les horloges circadiennes régissent presque toutes les fonctions du corps humain, du sommeil et de la vigilance au métabolisme et au système immunitaire", explique Mickey Beyer-Clausen, cofondateur et PDG de Timeshifter. "Les coûts humains et financiers liés au mépris de la biologie circadienne sont colossaux. Les personnes qui traversent des fuseaux horaires passent les premiers jours de leur voyage à lutter contre le décalage horaire. La sécurité et la santé des travailleurs postés sont compromises."
Pour étayer son positionnement, elle s’appuie sur plus de 130 000 enquêtes post-vol : Timeshifter affirme que 96,4 % des voyageurs ayant suivi ses recommandations n’ont pas connu de jet lag sévère ou très sévère. À l’inverse, l’absence de suivi des conseils est associée à une hausse considérables des complications de santé.
La problématique ne touche donc pas la seule communauté des voyageurs fréquents. Timeshifter vise aussi les employeurs confrontés aux enjeux de fatigue et de sécurité, alors qu’environ un travailleur sur cinq dans le monde exerce en horaires décalés. La startup cherche ainsi à transformer un cas d’usage historiquement associé au jet lag en une plateforme plus large de gestion du rythme biologique, avec une ambition désormais multisectorielle.
Photo d'ouverture : Viacheslav Yakobchuk