AtlasProtect.io veut aider les voyagistes à anticiper les risques géopolitiques, juridiques et climatiques

AtlasProtect.io lance une plateforme SaaS de veille géopolitique, conformité et IA pour agences, TMC et MICE, afin d’éclairer les décisions face aux risques.

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Ronan Daniel

Ronan Daniel

13 avril 20264 min de lecture

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Capture de la plateforme AtlasProtect.io© Archives Travolution

AtlasProtect.io lance une plateforme SaaS de veille géopolitique, conformité et IA pour agences, TMC et MICE, afin d’éclairer les décisions face aux risques.

Le projet était en réflexion depuis l'été 2025, mais "la guerre en Iran a quand même accéléré les choses", reconnaît Chloé Rezlan, co-fondatrice de la plateforme AtlasProtect.io. L'actualité donne raison à l'avocate spécialisée en droit du tourisme qui vient de lancer une solution pour répondre à un besoin croissant des professionnels du voyage, confrontés à une pression réglementaire accrue, à une multiplication des contentieux et à un environnement international plus instable. AtlasProtect.io se positionne à l’intersection de la veille géopolitique, de la conformité et de l’intelligence artificielle.

Chloé Rezlan, co-fondatrice de AtlasProtect.io - ©Jules DESPRETZ

La plateforme a été pensée pour offrir une vision d’ensemble de l’exposition au risque. "L’idée, c’est de proposer une plateforme qui les aide à avoir une idée globale de leur exposition à 360, par destination et au global", résume la cofondatrice. L’outil est connecté à différentes API et sources d'informations (Ministère des Affaires Étrangères, OMS...). Ces données lui permettent d'attribuer des scores aux destinations selon différents critères, comme la stabilité politique, le risque sanitaire, les tensions diplomatiques ou encore les restrictions aériennes, et propose des alertes en temps réel ainsi que des éléments de prédiction.

Une IA qui va apprendre la jurisprudence

L’objectif est ensuite de permettre aux professionnels d’exporter rapidement ces informations dans leurs devis ou bulletins d’inscription. "C’est l’état global de leurs risques, en fonction des destinations qui ont été rentrées et des CGV", selon Chloé Rezlan. "Nous proposons la synthèse des conseils aux voyageurs, les zones à éviter, une carte assez précise avec les attractions touristiques principales, les grandes villes, les aéroports. Ils peuvent se localiser et voir à chaque fois les zones à éviter"

Capture de la plateforme AtlasProtect.io

L’une des briques les plus différenciantes, selon l’entreprise, repose sur une assistante juridique IA baptisée Claire. Pour l'heure, le périmètre est volontairement restreint aux modifications, annulations, demandes d’indemnisation et cas de non-conformité et va gagner en précision grâce à la jurisprudence. "Je l’enrichis avec ma base de données juridique en droit du tourisme, avec des décisions spécifiques au Code du tourisme que j’ai analysées, reformulées, dont j’ai donné la portée pour ne pas qu’elle se trompe dans la lecture des décisions. Je vais l’enrichir toutes les semaines avec les nouvelles décisions qui sortent" explique Chloé Rezlan.

L'automatisation en complément de l'avocat

Selon sa cofondatrice, le projet est né d’un constat de terrain. "J’ai identifié un besoin en tant qu’avocate pour mes clients, mais auquel je ne peux pas répondre en tant qu’avocate, puisque ce n’est pas du juridique pur", explique-t-elle. L'avocate cite notamment une jurisprudence de 2024 venant renforcer le devoir de conseil des agences de voyages au-delà de la simple information sur les formalités d’entrée. À cette exposition juridique s’ajoute, selon elle, une exposition aux risques mondiaux devenue "quasiment insupportable" lorsqu’elle se combine aux contraintes réglementaires. AtlasProtect.io est ainsi présenté comme une entité distincte et complémentaire de son cabinet, avec l’ambition de proposer aux agences, tours opérateurs et autres opérateurs du tourisme un outil d’aide à la décision plus global.

Au-delà de la technologie, la dirigeante assume une réflexion plus large sur l’évolution du métier d’avocat à l’ère de l’IA. Elle estime que ces outils peuvent permettre aux cabinets comme aux clients de gagner du temps, tout en réservant l’intervention humaine aux dossiers les plus complexes ou les plus stratégiques.

Le service est proposé en SaaS, avec une première formule annoncée à 199 euros HT par mois. Les utilisateurs actuels sont des bêta-testeurs, principalement des agences de voyages et tours opérateurs de quelques dizaines de salariés au maximum. Le lancement commercial se fait progressivement, au gré des retours utilisateurs. L’entreprise travaille déjà sur de nouveaux modules, comme l’intégration des CRM, un calculateur d’indemnités aériennes, ainsi que sur une plus grande granularité des analyses, à l'échelle des pays plutôt qu'à celle de l'UE.

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