Pour éviter une amende au titre du Digital Markets Act, Google s’apprête à tester des changements dans l’affichage de ses résultats en Europe, donnant plus de place aux moteurs verticaux pour les recherches d’hôtels, vols et restaurants.
Google engage des tests visant à modifier la présentation de ses résultats de recherche afin d’accorder davantage de visibilité aux services de recherche verticaux concurrents. Le périmètre touche notamment les requêtes liées au voyage, les hôtels, les vols et les restaurants. L’entreprise est mise en cause par la Commission européenne pour manquements présumés au Digital Markets Act (DMA), en particulier pour des pratiques de favoritisme envers ses propres services, des pratiques pouvant être engendrées des sanctions pouvant atteindre 10 % du chiffre d’affaires annuel mondial.
Les pages de résultats intégreront donc par défaut, explique une dépêche de Reuters, les moteurs verticaux les mieux classés, affichés aux côtés des résultats de Google. Les hôtels, compagnies aériennes, restaurants et services de transport alimentant la recherche via des flux de données en temps réel apparaîtront au-dessus ou en dessous de cette liste de moteurs verticaux. L’intention est de juxtaposer, sur un même écran, des sources spécialisées et les résultats Google, en améliorant la visibilité de l’offre concurrente. Le déploiement est prévu à l’échelle de l’Union européenne, avec une première phase sur l’hébergement, puis un élargissement progressif aux vols et à d’autres services touristiques.
Alphabet, maison mère de Google, opte pour cette évolution alors que l'entreprise fait face à des critiques récurrentes des régulateurs et des acteurs du marché sur le "self-preferencing", la tendance supposée d’une plateforme à privilégier ses propres services. En ajustant l’interface, Google entend démontrer sa conformité au DMA et à refléter un environnement plus équitable pour les services verticaux. Pour l’écosystème du voyage, l’enjeu porte sur l’exposition dans les premiers résultats, déterminante pour la conversion.
Entré en vigueur le 7 mars 2024, le Digital Markets Act encadre les pratiques des grandes plateformes numériques considérées comme des "contrôleurs d’accès" par l’Union européenne. Google est soupçonné d’avoir continué à mettre en avant ses propres services dans ses résultats de recherche, au détriment d’acteurs concurrents du voyage en ligne. Ce sont ces pratiques qui cristallisent depuis des mois les critiques des OTAs et des représentants européens de la travel tech. Depuis 2017, Google cumule 9,71 milliards d’euros d’amendes pour d’autres affaires antitrust en Europe, rappelle Reuters.
Photo d'ouverture : Aleksei