Les robots humanoïdes sont-ils l'avenir de l'hôtellerie ?

Les robots humanoïdes illustraient il y a encore quelques décennies l'idée qu'on se faisait du futur, avant que l'IA agentique rendent désuète cette vision.

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Ronan Daniel

Ronan Daniel

17 février 20263 min de lecture

mirokai
© Archives Travolution

Les robots humanoïdes illustraient il y a encore quelques décennies l'idée qu'on se faisait du futur, avant que l'IA agentique rendent désuète cette vision. C'est pourtant les progrès de l'IA qui permettent, selon un représentant de Enchanted Tool rencontré à l'occasion de l'évènement Autonomous World au Ki Space Hotel & Spa, d'envisager une présence accrue des robots dans les hôtels.

Comme beaucoup d'autres secteurs, l'hôtellerie cherche à tirer le meilleur des progrès de l'intelligence artificielle. Les solutions offertes par l'IA permettent d'entrevoir une tarification dynamique optimisée, des chatbots capables de traiter 24h/24 et dans des dizaines de langues environ deux tiers des requêtes des clients ou produire du contenu marketing ciblé. Les robots humanoïdes se substituant au personnel humain semblent désormais être rangés au rayon "rétrofuturismes" ou cantonnés à servir les boissons dans des restaurants à volonté en quête de différenciation.

"Le robot a de très beaux jours devant lui"

C'est pourtant l'avènement de l'IA qui pourraient remettre en selle ces robots humanoïdes, dont la polyvalence exigeait jusqu'ici de programmer chacune des tâches envisagées. "Pendant très longtemps, il y a eu la course à la robotique, comme au Japon, mais avec des robots qu'il fallait préprogrammer pour tout, un de mes cofondateurs qui avait fait les robots Nao et Pepper" se rappelle Brieuc Colas, Sales & Partnership Manager chez Enchanted Tools. "Les gens ont abandonné l'idée de la robotique à ce moment-là parce que c'était trop compliqué et contraignant, il fallait des milliers de lignes de code pour faire un cas d'usage."

"L'IA générative est apparue", poursuit Brieuc Colas. "Grâce à ça, on arrive à quelque chose d'autonome dans l'interaction et la prise de décision. On parle de LLM, mais maintenant, sur un robot, on passe aux VLM (Vision Language Model) et VLA (Vision Language Action). Quand le robot détecte quelque chose, il le décrit et l'IA lui dit d'agir en fonction de la situation. Pour l'instant, le robot est un peu abandonné au profit de l'économie directe de l'IA, mais le robot, c’est juste de l'IA incarnée. Le robot a de très beaux jours devant lui."

130 cm qui donnent confiance

Reste à savoir dans quelle mesure les clients vont préférer s'adresser à un robot humanoïde qu'à un écran interactif. Pour s'en assurer, les concepteurs d'Enchanted Tools ont chercher à imaginer d'instaurer la confiance dès le premier contact.

"À la création de la société, nous avons travaillé avec des sociologues et des anthropologues pour définir la taille du robot", raconte Brieuc Colas. "Le design est pensé pour que les gens y voient juste un personnage et transposent moins d'idées reçues. Un robot bipède d'1,80 m, on imagine qu'il peut faire le café ou nous serrer la main. Un robot d'1,30 m est perçu comme une assistance, pas un remplacement. C'est une promesse faite par le design. Dans des environnements comme l'hôpital, les Ehpad, l'éducation ou les musées, on ne veut pas d'un bipède bruyant qui porte 200 kg. Notre promesse est dans l'interaction."

Mirokaï, le robot construit par Enchanted Tool et intégré par ERM, deux entreprises françaises, a été initialement pensé pour le milieu hospitalier. Son usage dans l'hôtellerie se justifie pour l'accueil, de jour comme de nuit, dans de nombreuses langues. Le robot reste un ordinateur que l'établissement peut connecter à ses systèmes, en allant plus loin qu'un simple écran interactif et en accompagnant par exemple les clients jusque dans leur chambre. Pour l'heure, les établissements, comme le Ki Space Hotel & Spa où Mirokai était présenté, doivent miser sur la dimension spectaculaire de cet employé particulier pour espérer rentabiliser son coût à l'achat "de 40 à 60 000€" estime Brieuc Colas.

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