Valérie Boned : "L'adoption de l'IA est liée à la dynamique de la gouvernance des entreprises"

Pour sa 10ème édition hivernale, Net Managers accueillait à Valmorel le 16 janvier, Valérie Boned.

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Ronan Daniel

Ronan Daniel

19 janvier 20262 min de lecture

valerie boned
© Archives Travolution

Pour sa 10ème édition hivernale, Net Managers accueillait à Valmorel le 16 janvier, Valérie Boned. La présidente des Entreprises du Voyage (EdV) a dressé un point d’étape sur l’adoption de l’intelligence artificielle par les professionnels, entre cas d’usage concrets et freins persistants.

À Valmorel, devant un public de professionnels du Travel, Valérie Boned, présidente des Entreprises du Voyage (EdV), a proposé un état des lieux de l’intelligence artificielle (IA) dans l’écosystème du voyage. Elle rappelle que le sujet conjugue promesses et risques et évoque notamment les questions de biais, d’erreurs factuelles et de sécurité des données. S’appuyant sur une enquête réalisée en 2024 auprès de 130 répondants, elle constate une adoption progressive mais hétérogène, avec des écarts davantage liés à la gouvernance et à l’acculturation qu’à la taille des structures.

Cette adoption se concrétise notamment avec des applications B2C. Des agences testent des dispositifs pour capter des leads, prolonger la relation après la visite en boutique et renvoyer vers des contenus éditoriaux ou des formulaires qualifiants. "Notre solution se présente sous forme d'un QR code qui est présent sur la vitrine, sur les factures, dans les signatures et  sur tous les documents des agents pour dire "si vous n'arrivez pas à nous joindre, utilisez ce système", explique Cyril Guiraud, fondateur de Theta Travel Tech. En B2B, l’IA se met au service de la productivité : assistance à la préparation des devis, génération de drafts d’itinéraires, recherche documentaire accélérée et soutien aux équipes pour répondre plus vite et plus précisément aux demandes.

Manque de temps, manque de confiance

Le secteur doit toutefois composer avec des freins, notamment le coût, le temps que l'on peut consacrer à l'implémentation de ces solutions et surtout la perception d'un risque propre à l'IA. "Le premier risque perçu par les entreprises, est la cybersécurité et désormais le deuxième risque dans la hiérarchie, c'est l'IA", note Valérie Boned. "Donc on est passé de la 10e position l'année dernière à la 2e position cette année."  La gouvernance apparaît déterminante : les entreprises qui cadrent les usages, fixent des standards de qualité et mesurent les gains de temps progressent plus vite, indépendamment de leur taille ou de leur budget. À l’inverse, l’absence de cadre entretient les hésitations et limite l’impact des expérimentations.

La présidente des Entreprises du Voyage met donc en avant trois priorités : instaurer un cadre de confiance, lever les freins de coût par des approches mutualisées ou graduelles mais aussi dégager du temps via des formations courtes et opérationnelles.  "Il y a des grands enjeux de formation d'équipe, de partage d'expérience et d'intégrer progressivement l'IA dans les process", rappelle Valérie Boned. "Ce que cela peut apporter, c'est une transformation, pas forcément une révolution mais une redistribution des tâches dans les métiers." 

Photos : Nonstoprod/Jonathan Teboul

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