
Magic On est un studio mettant la technologie au service de l'immersion, y compris dans les lieux culturels. La startup créée en 2021 comptera parmi les exposants de l'édition 2026 de Museum Connections.
Quelle est l'histoire de Magic On ?
Geoffrey Masson, Directeur artistique et technique de Magic On
Geoffrey Masson, Directeur artistique et technique de Magic On : J'ai créé Magic On en 2021 avec l'idée de proposer aux petites structures, comme les escape games, des technologies que l'on trouve habituellement dans les grands parcs d'attractions. Notre but est de faire vivre des émotions immersives aux visiteurs. À l'origine, je viens du cinéma d'animation et des effets spéciaux, puis j'ai travaillé sur du mapping vidéo monumental pour des spectacles. L'idée de Magic On était de revenir à une échelle humaine, pour être au contact direct du public et voir ses réactions.
Un exemple récent de nos réalisations est un restaurant immersif en Dordogne sur le thème des grottes de Lascaux. Nous y avons créé un spectacle de mapping vidéo sur les murs pour donner vie aux peintures rupestres et immerger les clients dans ce monde préhistorique pendant leur dîner.
Ces dispositifs technologiques et artistiques peuvent-ils répondre aux besoins des institutions culturelles ?
Nous avons travaillé avec le musée de l'de l'Hôtel Départemental des Expositions du Var à Draguignan pour l'exposition "Fantômes". Nous y avons mis en valeur un personnage historique sous forme d'hologramme : une projection qui racontait son histoire. Cela permet d'apporter une dimension spectaculaire et ludique, proche des parcs d'attractions, à une exposition classique.
Travaillez-vous avec des interlocuteurs académiques pour valider l'apport culturel de ce travail ?
Pour le restaurant, l'approche est purement ludique. En revanche, pour le projet au musée, nous étions en lien étroit avec les responsables pour respecter la cohérence historique. Bien que le milieu muséal soit parfois réticent face à ces réinterprétations, nous expliquons que notre but est de respecter le matériau tout en prenant quelques libertés pour attirer un public qui ne s'intéresserait pas forcément au sujet de base. C'est une porte d'entrée : une fois attirés par l'immersion, les gens consultent les explications plus détaillées sur les murs.
Ces outils serait donc un moyen de séduire de nouveaux publics, plus que de fidéliser des visiteurs déjà venus ?
Je pense que c’est surtout une opportunité de séduire un public qui ne viendrait pas naturellement. Le public habituel possède déjà la grille de lecture pour apprécier l'exposition, mais cela lui offre un divertissement supplémentaire. Au HDE Var, nous avons aussi expliqué l'aspect technique de l'illusion d'optique, comme le "Pepper's Ghost" utilisé par les magiciens au XIXe siècle, ajoutant ainsi une dimension pédagogique sur l'image.
Où en est Magic On dans son développement aujourd'hui ?
Nous sommes une petite structure et nous tenons à rester des artisans des effets spéciaux. Nous faisons à la fois du média (hologramme, mapping) et de la fabrication manuelle (décors, modelage). Nous ne cherchons pas de subventions, nous travaillons à la commande pour des clients privés ou des collectivités territoriales.
Ce mode de fonctionnement n'est-il pas un frein à l'expansion de votre activité ?
Maryon Masson, Cogestionnaire chez Magic ON
Effectivement, nous travaillons presque exclusivement à la demande. Nous ne sommes pas des commerciaux vendant des produits à la chaîne, nous voulons rester des artistes au cœur des projets, de la conception à l'installation. Nous sommes deux associés, et le bouche-à-oreille nous suffit pour le moment. Pour les gros systèmes, nous constituons des équipes avec des indépendants, mais structurellement, notre but est de rester libres.
C'est aussi ce qui nous différencie des plus grosses structures. Pour nous, la technique doit rester au service de l'émotion, et non l'inverse. Nous nous voyons comme des électrons libres. Notre force est d'être touche-à-tout : là où il faudrait normalement plusieurs prestataires, nous pouvons gérer le mapping vidéo, la création d'un décor en silicone ou la confection d'un costume.
Que pourra-t-on voir sur votre stand (E53) lors du salon Museum Connections ?
Il y aura des tableaux interactifs qui s'animent, un perroquet animatronique pour l'accroche narrative, ainsi que des démonstrations d'accessoires imprimés en 3D et des créations de textures en silicone, comme une tête de zombie. L'idée est de montrer tout ce que nous pouvons proposer en termes de scénographie et d'accessoirisation.