Les aspirations des voyageurs évoluent et sont désormais regroupées sous un néologisme appelé à donner une orientation à l'industrie du voyage. Les "Glomads" pourraient, selon certains observateurs, changer la donne dans le Travel.
Une nouvelle année, nouveaux mots à appréhender. 2026 sera-t-elle l'année des "Glomads" ? Forbes reprend ce terme pour désigner cette nouvelle génération de voyageurs, ces "Nomades globaux" comme une force qui pourrait redessiner l'industrie du Travel. Cette catégorie de voyageurs a été identifiée par les acteurs du secteur comme Skyscanner qui décrit cette tendance émergentes parmi les Travel Trends 2026 à une génération hyper-connectée qui fait du voyage un mode de vie intentionnel.
Ces voyageurs se caractérisent par une maîtrise avancée des outils numériques, une quête d'authenticité culturelle et un engagement envers la durabilité. La génération Z constitue le fer de lance de ce mouvement : 52 % d'entre eux planifient davantage de voyages internationaux en 2026, tandis que 72 % utilisent l'intelligence artificielle avec assurance pour organiser leurs déplacements. Les Glomads ne voyagent pas simplement pour découvrir des lieux, explique le rapport, mais pour s'immerger, participer et contribuer aux communautés qu'ils visitent.
Télétravail, inspiration et slow-travel
L'émergence de ces profils résulte de la convergence de plusieurs facteurs structurels et générationnels. La démocratisation du travail à distance post-pandémie a libéré une mobilité géographique inédite. Parallèlement, la génération Z cherche à construire son identité à travers des expériences transformatrices plutôt que par l'accumulation de biens matériels, dans la continuité de la génération précédente qui valorisait déjà l'expérience plutôt que l'acquisition de biens.
L'explosion des réseaux sociaux et leur capacité à fédérer autours de tendances, a créé une nouvelle économie de l'inspiration comme moteur du voyage. Cette quête d'expérience se concrétise dans les pratiques : 40 % des voyageurs intègrent des expériences beauté et bienêtre, 32 % visitent les supermarchés locaux pour découvrir collations et produits introuvables chez eux et 74 % utilisent le voyage pour élargir leur réseau, via des applications de rencontre spécialisées ou des espaces de co-living.
Enfin, la crise climatique a instillé une conscience écologique aiguë : les Glomads privilégient le slow travel, les hébergements éco-responsables et les circuits courts. Les destinations ont réagi en créant des visas nomades digitaux et des programmes d'e-résidence, facilitant l'installation temporaire de ces voyageurs longue durée.
Bien se classer au "Glomad Index"
L'impact des Glomads sur l'industrie touristique s'annonce profond et structurel. Les destinations devront démontrer leur engagement écologique pour attirer cette clientèle exigeante. Les villes comme Lisbonne, Chiang Mai ou Mexico investissent massivement dans l'infrastructure digitale, les espaces verts et la programmation culturelle pour devenir "Glomad-friendly", explique l'article de Forbes. Le bienêtre et la beauté deviennent des critères de compétitivité touristique au même titre que le patrimoine. Les prestataires intègrent l'IA comme standard de service, rendant la planification DIY fluide et sans stress.
Cette quête de destinations connectées, responsables et chargées de sens, pourrait, prophétise Forbes, crée une nouvelle ère de compétition entre territoires pour capter les voyageurs les plus dynamiques et contributifs de la planète. Aujourd'hui, des classements tels que le "Global Nomad Index" listent des destinations sur la base de critères environnementaux, technologique (le débit internet) et administratifs (obtention de visas). Cette approche multifactorielle pourrait s'enrichir et prendre en compte ces nouvelles aspirations.
Photo d'ouverture : Dave Weatherall