Amadeus et Globetrender dévoilent un rapport qui dessine le voyage en 2026 : aéroports fluidifiés, vols directs, bien-être animal, hyper‑personnalisation et inspiration par l'IA et par les communautés d'intérêt.
Ce ne sera pas la destination qui comptera en 2026, mais bien le chemin. Amadeus s'est allié avec l'agence de prospection Globetrender pour dessiner à grands traits ce que sera le voyage dans les mois et les années à venir. Quelques tendances ressortent de ce travail, de nouveaux moteurs qui encouragent la visite, la quête de personnalisation et un fil rouge : "Où on va" est aussi important que "comment on y va" et le voyageur est désormais aussi demandeur de quiétude pendant le trajet qu'une fois à destination.
La recherche de sérénité est désormais une priorité. S'il y avait un doute sur la capacité des voyageurs à accepter les nouvelles technologies (biométrie, identité numérique...), il est désormais levé. Les aéroports sont donc encouragés selon Amadeus à mettre en œuvre des dispositifs permettant une plus grande fluidité des opérations. Par ailleurs, l’essor des monocouloirs long-courriers favorise des vols directs vers davantage de villes et réduit les correspondances harassantes dans de gigantesques hubs. Le rapport complète ce panorama avec d'autres initiatives visant à réduire l'anxiété et l'inconfort des voyageurs : dispositifs anti‑jetlag, accueil des animaux domestiques et adoption d'un passeport animalier pour simplifier les formalités pour nos compagnons à quatre pattes.
Hyper‑personnalisation, pop-culture et expérience tech
La volonté de personnalisation monte d’un cran, soutenue par l’évolution des systèmes de réservation. Le rapport souligne le développement du "Pick ’n’ Stays", une approche qui permet de choisir des attributs précis de chambre et d’ajouter des services au moment opportun. Amadeus affirme que 63% des voyageurs paieraient des attributs spécifiques au‑delà du tarif standard et 17% des voyageurs d’affaires américains accepteraient de payer jusqu'à 20% de plus pour des services professionnels.
Cette volonté d'accéder à une expérience personnalisée coexiste avec des choix de destination fédérateurs issus de la pop‑culture, la franchise de jeux vidéo devenue une série The Last of Us aurait ainsi dopé les visites depuis l'UE (+47%), Airbnb Originals convertit des tendances mobilisant des communautés en expériences. Alors que la demande de voyage, de plus en plus fragmentée, ne s'agrège plus autour de quelques destinations emblématiques, les franchises internationales semblent être les ultimes repères transcendant les cultures et les nationalités.
Ce paradoxe, une personnalisation poussée qui coexiste avec des rassemblements communautaires, s’explique aussi pour une autre tendance pointée par le rapport et baptisée "travel mixology". Les voyageurs alternent IA générative et inspirations humaines. L’usage grimpe (18% planifient avec IA, +64% en un an), mais 25% des utilisateurs de ces services affirment avoir reçu des informations périmées ou inexactes, seulement 46% des personnes interrogées disent faire confiance à l’IA. Les sources incarnées et jugées plus authentiques, comme Reddit et les témoignages vidéo sur les différentes plateformes expliquent cette agrégation par communauté d'intérêt.
Enfin, la tech pour la tech alimente un tourisme d’innovation assumé. La recherche d'inédit va continuer de guider les voyageurs, que ce soit à San Francisco et bientôt à Londres pour tester les services de voitures autonomes, ou à Las Vegas pour vivre l'expérience d'un hôtel piloté entièrement par l'IA. 60% des voyageurs se disent intéressés par les vols hypersoniques, 59% par l’Hyperloop. La prime au premier arrivant pour des services innovants comme le taxi aérien (eVTOL) est économique et pourrait même être un enjeu d'image sur la scène internationale.
Photo d'ouverture : ConnectingFlightsGuide