Travolution Innovation Report 2025 : expérience, bleisure et digitalisation

Cette année encore, le Travolution Innovation Report éclaire les forces à l’œuvre dans le voyage : attentes post-pandémiques stabilisées, bascule vers…

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Ronan Daniel

Ronan Daniel

4 décembre 20253 min de lecture

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© Archives Travolution

Kevin White, Vice President B2B Travel Payments, Mastercard - Crédit : Nonstoprod/Jonathan Teboul

Cette année encore, le Travolution Innovation Report éclaire les forces à l’œuvre dans le voyage : attentes post-pandémiques stabilisées, bascule vers l’expérience et le bien-être, porosité accrue entre loisir et business, et accélération des investissements digitaux.

Le Travolution Innovation Report 2025 a donné lieu à un échange à Londres animé par Kate Harden-England, rédactrice en chef de Travolution, et réunissant Noam Toister, CEO de Travelier et Kevin White, Vice President B2B Travel Payments, Mastercard. L'objectif de cette conversation était de décrypter un an de dynamiques d’investissement technologique dans le travel. Bien que centré sur le marché britannique, le rapport reflète des tendances que l’on observe largement à travers l’Europe voire dans le monde : consolidation des usages numériques, montée en gamme de l’expérience client et recomposition des parcours d’achat.

Valoriser chaque déplacement

La croissance 2024 prolonge un mouvement enclenché depuis 2019, porté par un voyage devenu plus “nécessaire” (famille, travail, études), mais aussi davantage réfléchi et à forte valeur perçue. "C'est la revanche du voyage, nous avons observé une croissance continue d'année en année depuis 2019" résume Kevin White. "Les clients veulent recommencer à voyager, mais ils recherchent également des expériences différentes. Il ne s'agit pas seulement de savoir où aller ensuite, mais plutôt de réfléchir à pourquoi ils veulent y aller." L’expérientiel et le bien-être progressent ainsi au cœur des motivations.

Le voyage d’affaires évolue lui aussi avec les aspirations de chacun. Les séjours s’allongent et se recomposent, ouvrant la voie à des séjours hybrides mêlant travail et loisir. Les données indiquent un allongement significatif des durées, "en 2019, le voyage d'affaires moyen d'un voyageur américain vers l'Asie-Pacifique était de 8,8 jours, et nous voyons ce chiffre dépasser 10 jours en 2024" poursuit Kevin White. Cette porosité accrue entre motifs professionnels et personnels illustre selon les intervenant la volonté de tirer davantage de valeur et de bénéfices (découvertes mais aussi repos) de chaque déplacement lointain.

Investir pour simplifier

Les aspirations des voyageurs évoluent, l'orientation des investissements également. Les participants à cette discussion ont noté, d'une part, une accélération de la digitalisation du terrestre et du maritime. Ces secteurs renforcent l'intégration des opérateurs, le paiement simplifié et renforcent les services financiers pour des PME longtemps mal servies.

Noam Toister, CEO de Travelier - Crédit : Nonstoprod/Jonathan Teboul

"Le nombre d'opérateurs de transport terrestre et maritime qui ne sont toujours pas numérisés et ne vendent pas en ligne est énorme", raconte Noam Toister. "Nous ajoutons en moyenne 10 opérateurs chaque jour, ce sont 3 000 à 4 000 opérateurs par an dans le monde qui n'ont pas encore vendu en ligne ou le faisaient mal jusqu'à présent".

Par ailleurs, le B2B comble son retard d’expérience utilisateur et d’automatisation par rapport au B2C. "L'expérience B2B a tendance à être à la traîne par rapport à l'expérience B2C, d'où la volonté de consumérisation du côté B2B", analyse Kevin White. "L'accent est mis sur la simplification et l'automatisation du côté B2B, ce qui mène à l'IA agentique".

Les intervenants se sont naturellement concentrés sur l'évolution des pratiques de paiements mais ont pu convenir d'un constat plus large au terme de cette année 2025 : le voyage se structure autour du sens et de la valeur vécue, tandis que l’infrastructure B2B et les segments hors-aérien rattrapent rapidement leur retard grâce à la numérisation et à l’automatisation. Voilà certainement ce qui attend le secteur du voyage au cours de l'année 2026.

Photo d'ouverture : Nonstoprod/Jonathan Teboul

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