Biométrie, identité numérique dans les aéroports : les voyageurs prêts à franchir le pas

Dans un rapport sur la propension des voyageurs à partager davantage de données pour rendre plus fluide leur passage à l'aéroport, SITA montre que les…

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Ronan Daniel

Ronan Daniel

6 octobre 20254 min de lecture

Biométrie, identité numérique dans les aéroports : les voyageurs prêts à franchir le pas
© Archives Travolution

Dans un rapport sur la propension des voyageurs à partager davantage de données pour rendre plus fluide leur passage à l'aéroport, SITA montre que les procédures manuelles dans les aéroports paraissent désormais obsolètes comparées aux autres usages numériques de ces usagers.

Si les aéroports attendaient le feu vert des voyageurs pour moderniser leurs pratiques, ils l'ont désormais. Le rapport "Travelers’ Voice, Passenger IT Insights 2025" publié ce 6 octobre 2025 par SITA, le spécialiste des services de communications et informatiques pour l'aéronautique, montre une moindre défiance. Les usagers des aéroports n'ont à présent que peu de réticences à confier leurs données en échange d'une plus grande fluidité du parcours d'embarquement. Cette enquête menée dans 25 pays a permis de recueillir l'avis de 7 500 voyageurs, interrogés au moment du départ ou de l'arrivée, montre qu'une majorité d'usagers appelle de ses vœux une réduction drastique des procédures manuelles dans les aéroports.

Cette fluidité du parcours pourrait passer par une dématérialisation des documents de voyage. 79% des personnes interrogées sont favorables au stockage de leur passeport dans leur téléphone et deux tiers d'entre eux pourraient même payer pour pouvoir le faire. Les informations biométriques ne sont plus un tabou et 78% des voyageurs disent faire confiance aux acteurs du secteur aérien pour stocker de telles données. Ils sont même 68% à opter pour des points de contrôle biométriques plutôt que des guichets traditionnels s'ils le pouvaient. Réduire l'attente dans des aéroports qui exigent encore la présence des voyageurs plusieurs heures avant d'embarquer, c'est le chantier prioritaire pour 64% des personnes interrogées.

Une meilleure expérience, une moindre empreinte carbone

Parmi les autres doléances exprimées dans le cadre de cette étude, on trouve la demande d'intermodalité et la possibilité de faire un voyage complet avec un ticket unique. Alors que 70 % des personnes interrogées prévoient au moins un voyage combinant air, train ou route dans l’année, cette fluidification exige par définition la mise en commun de données à laquelle œuvre un organisme comme EONA-X. "Dans le cadre du projet européen Travelwise, Amadeus, SNCF, Eurostar et Air France/KLM, travaillent avec Groupe ADP pour échanger les données permettant de faciliter les correspondances courtes entre train et avion", explique Charles Telitsine, Directeur Général d’EONA-X. "L’objectif est ainsi de doubler le nombre de passagers ferroviaires à Paris-CDG, pour atteindre 40 millions de passagers arrivant par train à l’aéroport. Le projet inclut le même processus, ensuite à Amsterdam et Athènes."

Les autres pistes d'amélioration sont, selon l'étude, le partage d'informations en continu via une application et un traitement efficace des bagages. 78% des personnes interrogées se disent là encore prêtes à payer pour se libérer de la gestion de leurs bagages entre le départ et l'arrivée à destination.

Les voyageurs sont donc enclins à faire des sacrifices pour leur confort mais aussi pour réduire l'impact de leur trajet sur l'environnement. 76% d'entre eux partageraient leurs données de voyage (historique de vols, habitudes de réservation, empreinte carbone) avec des plateformes analytiques tierces, notamment alimentées par de l'IA, pour optimiser les itinéraires, réduire les émissions et améliorer la technologie. Et pour compenser ce qui ne peut être réduit, les passagers acceptent de plus en plus l'idée de contribuer financièrement, à hauteur de 11,3% du prix de leur billet en moyenne, estime ce rapport de SITA.

"Des voyages aussi fluides que la vie numérique"

Le rapport montre que ce qui aurait pu être il y a encore quelques années une source de réticence tend à disparaître avec les pratiques numériques actuelles : les voyageurs sont, dans leur vie de tous les jours, conscients que leur données sont utilisées par l'ensemble des services qu'ils utilisent. Ils ne voient pas aujourd'hui de raison de penser que le secteur du transport aérien, particulièrement concerné par les questions de sûreté, devrait s'en passer. Cette tendance est amplifiée par les jeunes générations qui hésitent moins à partager des données pour réduire les frictions. "La prochaine vague de demande de transport aérien sera alimentée par les générations qui s'attendent à ce que les voyages soient aussi fluides que leur vie numérique", affirme ce rapport de SITA.

Moins de réticences, ça ne signifie pas moins d'exigences.  Le rapport souligne en effet que ce consentement à faire des efforts est conditionné par un encadrement clair des conditions et des objectifs explicites. Les personnes interrogées distinguent ainsi les acteurs auxquels elles confient leurs données et le font plus facilement avec les compagnies aériennes et les aéroports, qui leur promettent un bénéfice clair, qu'avec les autorités de contrôle aux frontières ou les hôtels.

Photo d'ouverture : Friedrich Haag (CC4.0)

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