Greentripper : "On a envie de continuer à voyager en respectant les populations locales et l'environnement"

La jeune pousse belge Greentripper, finaliste de l'Orchestra Startup Contest qui se tient dans le cadre de l'IFTM, entend bien donner au monde du voyage toute…

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Ronan Daniel

Ronan Daniel

18 septembre 20256 min de lecture

Greentripper : "on a envie de continuer de voyager en respectant les populations locales et l'environnement"
© Archives Travolution

La jeune pousse belge Greentripper, finaliste de l'Orchestra Startup Contest qui se tient dans le cadre de l'IFTM, entend bien donner au monde du voyage toute la boîte à outils pour maîtriser son empreinte carbone. Mesurer, réduire, contribuer et inspirer, quatre étapes pour permettre aux professionnels du tourisme et du transport d'être plus vertueux. 

À quel besoin répond l'offre de Greentripper ?

Anne Robertz, Directrice de Greentripper Anne Robertz, Directrice de Greentripper

Anne Robertz, Directrice de Greentripper : Le but est d'accompagner les professionnels du tourisme et les voyageurs à agir sur leur empreinte carbone et réinventer le voyage. J'ai commencé à travailler en 2016 pour CO2logic, un bureau de consultance climat basé à Bruxelles, pour lancer un calculateur carbone gratuit et 100% dédié aux voyages. Vu les spécificités et les défis du secteur, on a décidé d'en faire une initiative à part : Greentripper est né fin 2018. Le secteur du tourisme a un impact environnemental assez conséquent, les derniers chiffres officiels parlent de 8 % à 10 % de l'empreinte carbone globale.

On veut continuer à voyager, mais on peut voyager autrement, en respectant l'environnement. De nombreux professionnels du tourisme veulent agir mais sont parfois perdus face à ce défi : comment réinventer le voyage, comment agir, comment calculer son empreinte carbone ? La réduire ? Quels sont les outils ?

Notre solution est à 360 : accompagner les professionnels du tourisme à chaque étape, pas à pas, dans une action qui peut commencer petite et qui évolue ensuite. Pour les aider, nous leur proposons, entre autres services, notre calculateur d’empreinte carbone qui est disponible sous différentes formes et qui s’adapte à leur réalité.

Ce calculateur d'empreinte carbone, c'est le cœur de votre proposition de valeur ?

Oui. Ce calculateur a fortement évolué. Au départ, il prenait uniquement en compte les voyages en avion. Il a évolué au fil des années avec les nouvelles recherches et analyses, mises à jour des méthodologies pour tous les moyens de transport, les hébergements, les activités. Notre calculateur peut par exemple être intégré dans un système de réservation de voyage (API) qui va permettre de calculer l'empreinte carbone d'un trajet.

Dans le cadre de l'IFTM, nous allons annoncer le lancement de notre nouvel outil, Act4Travel qui va permettre de scanner tous les éléments d’un voyage, depuis un PDF par exemple, et l'analyser grâce à l’intelligence artificielle. On va ainsi pouvoir comparer les différents voyages entre eux, voir où agir et sortir un reporting donnant l'historique de l'empreinte carbone des différents voyages enregistrés.

Quelques facteurs sont pris en compte pour ce calcul ?

Pour les transports, il y a le carburant bien sûr. Mais il y a d'autres facteurs. Pour les voyages en avion, on intègre l’impact des traînées de condensation, les lignes blanches qu'on voit derrière un avion en vol. C'est de la vapeur d'eau qui va renforcer l'effet de serre. Aujourd'hui, on estime que l'impact multiplie par deux à trois les émissions de CO2. Il y a aussi les émissions en amont du voyage, pour la fabrication du carburant. On traduit alors chaque gaz à effet de serre en CO2 équivalent.

https://www.tom.travel/2025/07/04/environnement-va-t-on-voler-plus-pour-moins-impacter-la-planete/

En ce qui concerne les véhicules routiers on fait la différence selon le type de carburant. Si c'est une voiture électrique, on prend en compte le type d’électricité, le mix énergétique du pays et la fabrication de la batterie.

Pour les croisières, il n’existe pas de facteur d'émission officiel. Nous avons développé notre propre approche, nous nous basons sur différentes études et analyses de cycle de vie à propos des bateaux de croisières.

On veut être aussi précis que possible. La même logique s'applique aux hébergements et aux activités. Les calculs d'impact sont différents en fonction du pays (mix énergétique).

Pensez-vous que cette sensibilisation des voyageurs peut avoir un impact significatif sur l'offre de voyage ?

D’un côté, les voyageurs sont de plus en plus conscients et, d’un autre côté, il y a de plus en plus de voyages en avion. Les voyageurs sensibilisés peuvent avoir une influence mais les professionnels du tourisme ont un rôle clé. Ils peuvent participer à créer un autre imaginaire de voyages. Pour un voyage dit « bas carbone » (en train, autocar, vélo, …), une agence de voyage peut faire rêver les voyageurs avec de superbes photos , sans spécialement mentionner l’impact réduit. Le bas carbone ne fait pas vendre, c’est l’expérience et le rêve qui donnent envie. Les voyageurs ont besoin d’autres imaginaires de voyages, d’autres images que l’éternelle plage déserte avec du sable blanc impliquant presque systématiquement un long vol en avion.

Quels sont les services proposés par Greentripper et à qui s'adressent-ils ?

Notre offre s'articule autour de quatre points : mesurer, réduire, contribuer et inspirer.

La première étape ‘mesurer’ ou ‘calculer’ permet de prendre conscience de son empreinte carbone. Nous proposons deux services. : la réalisation de bilan carbone pour les pros du tourisme. et la mise à disposition d’outils digitaux disponibles sous différentes formes (ex. : calculateur d’empreinte carbone à intégrer dans un site ou un système de réservation externe -API).

Nous réalisons aussi des plans de réduction de l’empreinte carbone qui permet d’avoir un guide des objectifs à atteindre. Pour rappel, l’objectif global est d'arriver à zéro carbone d'ici 2050.

Pour les émissions inévitables, on propose un système de contribution carbone, c-à-d de soutien financier à des projets pour le climat qui préservent la biodiversité, améliorent les conditions de vie des populations locales et évitent ou séquestrent les émissions de gaz à effet de serre. Ce sont des projets gérés par des ONG locales et qui sont certifiés par des standards reconnus. Ils permettent d’une part de réduire des émissions de GES et d’autre part de créer des co-bénéfices importants au niveau sociétal.

La dernière étape est celle de l'inspiration, de la communication. Nous organisons des formations : ‘Comment créer des voyages durables ?’, ‘Comment calculer son empreinte’, ‘Comment agir ?’. Nous accompagnons aussi nos clients dans la communication. L'objectif, est d'éviter le greenwashing mais également le greenhushing. En effet, certains n’osent plus communiquer à propos de leurs actions climat pour éviter les critiques. Il est pourtant important de communiquer. La clé, c’est de rester transparent et modeste.

https://www.tom.travel/2024/03/01/marketing-en-quoi-consiste-le-greenhushing/

Où en est Greentripper dans son développement ?

Nous existons depuis 2018, et aujourd'hui, nous sommes cinq: deux développeurs et trois consultantes formées au bilan carbone avec une solide expérience du secteur du tourisme. Greentripper continue de se réinventer et d’adapter ses solutions aux défis actuels et futurs. Nous travaillons avec une quarantaine d'entreprises qui sont principalement des agents de voyage et des tours opérateurs, en général des PME.

Notre ambition est de faire grandir l’équipe dans les années à venir pour rassembler plus de forces vives et maximiser notre impact positif auprès des professionnels du tourisme.

Photo d'ouverture : Greentripper

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