Philippe Bette représentera l'entreprise qu'il dirige lors de la finale de l'Orchestra Startup Contest qui se déroulera dans le cadre de l'IFTM. À cette occasion, il essaiera de convaincre le jury mais surtout les hôteliers que la rotation des transats est cruciale pour un séjour réussi.


Philippe Bette, Dirigeant de Tiahi : Si vous faites le test d'aller dans un établissment all-inclusive, un village vacances, vous observerez les serviettes jetées sur les transats pour réserver toute la journée par des gens qui viendront peut-être qu'à 16h. Il est alors impossible d'avoir un transat, on ne sait pas si la personne est dans la piscine, si elle est partie depuis trois heures. C'est un sujet dont on parle dans les médias, il y a eu des reportages où l'on voit le directeur d'un hôtel dans le sud de la France qui enlevait lui-même les serviettes. C'est un vrai problème et il n'y avait jusqu'ici pas de solution simple aujourd'hui qui existe pour répondre à ce sujet.
En quoi consiste Locksun, la solution que vous proposez ?
C'est un petit boîtier qu'on met sur le transat, qui se fixe en 30 secondes et qui indique si ce transat est vacant ou occupé. Il n'y a pas de réseau, pas de wifi. Chaque vacancier se fait remettre un bracelet en tissu avec une puce RFID qui peut activer un seul transat. Avec ce boîtier, on sait que, suivant la configuration qu'on va mettre, au bout d'une demi-heure, une heure, il va redevenir automatiquement libre. Et si le boîtier indique "libre", ça veut dire qu'au moins une heure s'est passée entre la dernière fois où la personne est venue sur son transat et maintenant. La solution est autonome, elle dure plusieurs saisons avec la batterie.
Il y a deux usages possibles : les boitiers peuvent équiper tout le parc, et tous les vacanciers disposent d'un bracelet, ou les boitiers sont utilisés pour proposer une formule premium qui permet de monétiser ses meilleurs transats.
Par quel mécanisme peut-on dégager des revenus avec cette solution ?
Il est possible de proposer aux clients la possibilité de bloquer pour la journée un certain nombre de transats sur l'ensemble du parc. Il suffit de se présenter à l'accueil et demander à disposer de son propre transat. On a mis au point une solution pour permettre au personnel hôtelier de gérer ça, avec une appli sur Android ou une API à connecter au logiciel de l'hôtelier. On spécifie les dates de début et de fin, on choisit sur le plan de la piscine quels transats on souhaite et on valide. Il est également possible de voir l'état du parc ou de changer le paramètre de prix automatiquement et de baisser les tarifs en basse saison par exemple.
Quel sera le modèle économique de cette solution ?
Le boitier est vendu aux hôteliers à 89 euros. Le bracelet peut en revanche être celui qui est déjà utilisé par les hôtels et qui servent uniquement à ouvrir la porte de chambre et à payer. Il est possible d'ajouter cette fonction de réservation de transat sans changer le bracelet. Dans ce cas on facture 50 centimes par jour d'utilisation de réservation.
Où en sont Tiahi et votre produit Locksun dans leur développement ?
Nous avons fini la phase d'industrialisation, nous sommes prêt à commercialiser, tout est prêt. Maintenant, il faut qu'on rencontre le marché et il faut que nos interlocuteurs passent des commandes. C'est vraiment l'étape cruciale. Le marché, c'est plutôt les villages tout inclus, parce que les gens veulent maîtriser leur budget. Il y a les plagistes aussi, où ils sont encore avec leurs papiers et leurs crayons à bloquer les transats. Donc le marché est ouvert. Statistiquement, de toute façon, on sait qu'il n'y a pas autant de transats que de vacanciers. Donc il faut créer les conditions de la rotation, vu qu'aujourd'hui en fait, les problèmes, c'est nous qui les créons. Cette solution n'aurait pas d'intérêt si l'humain était vertueux et raisonnait différemment, mais malheureusement ce n'est pas le cas.
Photo d'ouverture : Andrea Piacquadio


