Les grandes métropoles européennes doivent composer avec l’afflux massif de visiteurs sur une poignée de sites très populaires, créant des déséquilibres majeurs. Des solutions technologiques peuvent contribuer à désengorger ces attractions.
Paris, Barcelone ou Rome peuvent-elles se résumer à quelques lieux d'intérêt ? Pour les millions de touristes qui ont visité ces villes cet été, la réponse est oui. Selon un rapport d’Arival et Destination Wayfinder publié en août 2025, moins de 0,2% des destinations concentrent près de la moitié de toutes les critiques en ligne sur les activités touristiques. L'étude a rassemblé 56 millions d'avis de visiteurs à propos de 300 000 attractions réparties dans 32 000 destinations. Ce rapport mesure notamment la place prise par les lieux les plus populaires de chaque grande ville dans les avis laissés : 44% des avis sur Paris se concentrent sur 5 attractions particulièrement prisées, c'est 43% pour Barcelone et 41% pour Amsterdam.
La fontaine de Trevi à Rome - Crédits : Brodie319
Les réponses technologiques à la sur-fréquentation
Les conséquences de cette concentration de l'intérêt des visiteurs pour une poignée de sites sont importantes : files d’attente interminables, dégradation du patrimoine, exaspération des riverains et sentiment de saturation générale. La problématique touche également la répartition des bénéfices économiques, laissant de vastes pans urbains à l’écart des retombées du tourisme. En outre, la rareté des billets pour les attractions les plus populaires génère des tensions et des comportements douteux : en Italie, sept agences et opérateurs ont été sanctionnés pour pratiques de "ticket hoarding", cette pratique qui consiste à stocker ou réserver un grand nombre de billets dans le but de les revendre ensuite à un prix plus élevé.
Pour répondre à ce phénomène, les auteurs du rapport encouragent les gérants de ces sites à moderniser leur billetterie, d'y inclure davantage de mesure des flux et de construire l'offre avec la volonté d'optimiser l'expérience du visiteur sur la base de ces données : tarification variable, créneaux horaires, quotas journaliers, gestion des files d’attente ou systèmes de loterie pour certaines catégories de publics. Il est également crucial d’automatiser la distribution B2B des billets via des interfaces API, afin d’assurer une transparence et un accès équitable pour tous les revendeurs, tout en limitant les abus et les pratiques illicites.
L'appel de la célébrité
Cette nécessaire modernisation des billetteries n'est qu'une manière d'affronter les conséquences d'un déséquilibre de la demande. L'étude s'intéresse aussi aux causes de ce phénomène et note que les principaux critères des visiteurs sont liés à la renommée des attractions. Les considérations liées à la sur-fréquentation et au tourisme durable sont les moins citées.
Source : Arival
"Que le client ait toujours raison ou non, une chose est claire : nous ne pouvons pas continuer comme si de rien n'était", affirment les auteurs du rapport. "Que ce soit grâce à la technologie, à une collaboration accrue entre les attractions et les voyagistes, ou à des changements de politique au niveau des destinations, nous devons continuer à trouver des moyens de nous adapter, car la demande, elle, ne changera pas."
Aux destinations et aux professionnels du tourisme de composer avec cette demande : alerter sur les conséquences du surtourisme est nécessaire, mais ce sera vraisemblablement moins efficace que de valoriser des solutions alternatives qui permettront de mieux répartir les flux de visiteurs et de profiter davantage à la communauté locale.