L'observatoire des tendances de l'innovation de la compagnie Lufthansa, TNMT.com, s'attaque à une certaine idée reçue qui situe l'innovation aux États-Unis, reléguant l'Europe au rôle de régulateur s'efforçant de freiner l'adoption des nouvelles technologies. Le dynamisme européen dans le voyage et la mobilité tire désormais le secteur tout entier.
En Europe, on n'a pas de GAFAM, mais on a des startups qui ont des idées. En mai 2025, selon les chiffres de TNMT, les startups européennes de la Travel & Mobility Tech ont levé plus de fonds VC que leurs homologues américaines, qui dominaient ce classement depuis plus d'une décennie. Le rapport indique que 2025 a vu un nombre croissant d'investisseurs américains se tourner vers des projets portés par des entrepreneurs basés en Europe.
Cette observation peut être vue comme conjoncturelle et liée à une certaine incertitude sur les marchés financiers aux États-Unis, mais elle illustre aussi une tendance qui se renforce, indépendamment des annonces de Donald Trump de ces derniers mois sur le commerce international : la part des investissements venus d'outre-Atlantique dans les startups européennes, tous secteurs confondus, s'accroit chaque année et représente désormais un tiers de ces financements, contre moins d'un quart il y a deux ans.
Répartition des fonds VC dans les startups européennes selon leur origine - Source : Dealroom
La Traveltech propulsée par la deeptech
Les startups européennes séduisent donc les investisseurs et notamment les fonds américains et le voyage semble particulièrement inspirer les entrepreneurs disruptifs. Derrière la santé (4,8 milliards de dollars d'investissement VC au premier trimestre 2025), c'est le travel et la mobilité qui, avec 2,9 milliards de dollars d'investissements, devancent la Fintech et l'énergie.
Cet enthousiasme pour l'innovation dans le voyage et la mobilité, note l'article de TNMT, n'est pas associé exclusivement à l'engouement pour l'IA. 30% des investissements s'orientent plutôt vers le hardware, l'ingénierie avancée, les nouveaux matériaux et plus largement ces domaines proches de la recherche scientifique qu'on regroupe dans le terme "deeptech". L'IA anime toutes les conversations, mais les startups européennes les plus prometteuses sont surtout celles qui cherchent la prochaine rupture. Ce sont en revanche de moins en moins celles qui cherchent à faire face à l'urgence climatique : avec 15% du total des fonds VC investis, la "climtech" semble faire les frais de ces réorientations des investissements.
Photo d'ouverture : Burak The Weekender