Malgré le bruit médiatique autour de l’intelligence artificielle, les hôteliers privilégient d’autres investissements technologiques. Les priorités restent la gestion des revenus, l’intégration des systèmes et le recrutement de talents, reléguant l’IA au second plan. L'IA ? Pourquoi pas... mais pas tout de suite. Des plus petites structures hôtelières aux grands groupes, les solutions technologique sont de plus en plus envisagées, mais ces innovations ne concernent que rarement les possibilités offertes par l'Intelligence Artificielle. L’étude "The State of Distribution Report 2025" cosignée par le forum HEDNA (Hotel Electronic Distribution Network Association) et Hi Hub montre que les professionnels de l’hôtellerie concentrent leurs investissements technologiques sur des solutions éprouvées : Revenue Management Systems (RMS), Property Management Systems (PMS), Channel Managers ou encore moteurs de réservation. L’engouement que l'on perçoit pour la data et l’IA ne suffit pas à convaincre les professionnels de l'hôtellerie à se tourner vers des solutions analytiques avancées et les applications d’IA générative. Ces postes arrivent systématiquement en queue de peloton quand on demande, tous segments hôteliers confondus, sur quelles technologies ces professionnels ont investi. Sur 19 postes de dépenses technologiques possibles, RMS et PMS sont en tête, l'IA générative pointe à la 18ème place, derrière le Concierge Virtuel (16ème). Les outils de visualisation et d'analyse de datas, comme Looker ou Tableau, ferment la marche
Source : The State of Distribution Report 2025
"L'IA reste une priorité mineure ; les hôteliers attendent des preuves claires et défendables avant de l'inscrire sur la liste."
The State of Distribution Report 2025
L'hôtellerie, nous dit le rapport, sait que la technologie saura répondre à ses "pain points", et ces aspects à améliorer concernent avant tout la maximisation du revenu (pour les grandes et moyennes structures) et le coût de la main d'œuvre (pour les indépendants). Les solutions proposées par l'IA peinent à montrer des preuves concrètes de sa capacité à générer des économies de main-d’œuvre ou à accroître les revenus. L’IA n’a pas, pour l'heure, pas démontré un gain à l’échelle des investissements nécessaires, eux aussi incertains. "Prendre une nouvelle solution tierce cela demande de gérer un nouveau contrat, de nouvelles dépenses, la capacité de démontrer la génération de valeur incrémentale à des coûts fixes déjà présents, une nouvelle intégration, une nouvelle formation auprès des collaborateurs utilisateurs, s'assurer que la donnée est bonne et qu'elle circule bien." souligne Isabelle Viale, Directrice Marketing Pôle Hospitality France.

