Alternate Dimensions : "La réalité virtuelle n'est pas utilisée là où ce serait le plus logique : pour le voyage"

Les fondateurs de la startup Alternate Dimension étaient accueillis sur le stand de l'INRIA à Viva tech 2025.

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Ronan Daniel

Ronan Daniel

18 juin 20256 min de lecture

Alternate Dimensions : "La réalité virtuelle n'est pas utilisée là où ce serait le plus logique : pour le voyage"
© Archives Travolution

Les fondateurs de la startup Alternate Dimension étaient accueillis sur le stand de l'INRIA à Viva tech 2025. Cela ne les a pas empêché de venir rendre visite au Traveltech Hub by Eventiz et de permettre de tester son expérience immersive. Benjamin Marcoux et Nicolas Roig, respectivement CEO et CTO de la jeune pousse, ont pris le temps de présenter la portée de leur projet.

Quel type de services propose Alternate Dimension ?

Benjamin Marcoux : Alternate Dimension propose un outil de vente qui permet de créer, de partager et de montrer des expériences immersives. Ces expériences peuvent présenter des destinations, des hôtels ou des locations. L'outil peut être pensé comme un PowerPoint de la réalité virtuelle (VR) spécifiquement dédié à la vente.

Au lieu de montrer un catalogue papier à un client, Alternate Dimension lui propose un casque de réalité virtuelle. L'agent commercial contrôle l'expérience depuis une tablette, ce qui évite au client d'être perturbé, de devoir se déplacer ou d'avoir besoin de compétences spécifiques. C'est une expérience assise, rapide et non intrusive.

La particularité de la technologie d'Alternative Dimension est l'utilisation de la réalité mixte. Cela permet de toujours garder un contact visuel avec l'agent et une partie de l'environnement, éliminant ainsi le mal de transport souvent associé aux solutions précédentes de réalité virtuelle. L'outil permet de faire "tomber les murs" des environnements pour montrer différentes scènes, en ajoutant de l'interaction et de la gamification avec des objets, des cartes ou des films qui peuvent apparaître sur de grands écrans virtuels, même si l'utilisateur est dans un petit bureau.

Quelle est la genèse de ce projet ?

Nous venons de l'industrie du tourisme. J'ai passé 20 ans dans une grosse entreprise du tourisme, Amadeus, qui est un leader mondial de l'IT dans le tourisme. Étant passionnés de technologie et de réalité virtuelle à titre personnel, je me suis posé la question de savoir pourquoi cette technologie n'était pas sollicitée là où c'est le plus logique de l'utiliser, c'est-à-dire pour présenter et préparer ses voyages. En 2022, quand nous avons commencé cette aventure, des sondages allait dans ce sens. Pourtant, quand on regardait comment les gens utilisaient ces outils, la réponse était les jeux vidéo et rien d'autre. Nous avons d'abord commencé une exploration à travers Amadeus, car l'entreprise dispose d'organes permettant d'explorer des technologies. Nous avons rencontré Microsoft, Accenture, et Thalès, mais les solutions qu'ils proposaient ne nous satisfaisaient pas. À l'époque, c'était des solutions de metavers qui nécessitaient de rester longtemps dans les casques.

Nous avons alors présenté notre idée dans un concours d'innovation chez Amadeus et nous l'avons remporté. Cela nous a permis, pendant un an, de rencontrer des clients et de faire des itérations de produits pour tester un certain nombre de choses. Initialement, nous étions partis sur des produits un peu complexes où il fallait se déplacer ou ouvrir des portails. Petit à petit, nous nous sommes aperçus qu'il fallait s'adapter beaucoup plus à la vente et aux processus de vente des professionnels. Nous avons travaillé avec de nombreux acteurs tels que des tours opérateurs, des agences de voyage et des hôteliers pour affiner notre approche. Au final, nous avons obtenu une solution très simple.

Nicolas Roig, CTO, Benjamin Marcoux, CEO, et Christophe
Bousquet, Advisor

Comment se déroule cette immersion ?

La configuration pour l'agent est extrêmement rapide, 10 à 15 secondes pour l'agent. Cela permet de faire cette présentation n'importe où, dans n'importe quel environnement, même hors ligne car tout est chargé dans le casque. La tablette partage sa connexion pour communiquer, et il est d'ailleurs même possible d'utiliser juste un smartphone et un casque. L'agent peut ainsi avoir toute une bibliothèque d'expériences à montrer et personnaliser les expériences en fonction de ses interlocuteurs, que ce soit un couple en lune de miel ou une famille avec enfants.

Le casque utilisé est un casque standard, abordable et autonome, valant quelques centaines d'euros. Une fois l'expérience réalisée avec le professionnel, le client peut retrouver l'application chez soi et télécharger l'expérience gratuitement à partir d'un QR code. Cela permet de prolonger l'expérience et de la montrer à ses proches.

La durée préconisée pour une expérience est de 5 à 10 minutes, le but n'étant pas de divertir longuement, mais de permettre une projection rapide pour faciliter la discussion commerciale. Les photos et les éléments s'enchaînent rapidement, l'expérience est conçue pour être très simple, rapide et intuitive.

Avec quel contenu promotionnel se construit cette expérience ?

Il y a trois façons de se procurer du contenu. Il est possible d'utiliser du contenu déjà existant, comme des photos immersives de haute qualité de grands groupes hôteliers ou des photographies 360° dont les offices de tourisme disposent déjà. Les vidéos institutionnelles peuvent aussi être utilisées sur de grands écrans virtuels. Il est également possible de créer le contenu soi-même. Un particulier peut le faire avec un smartphone, ou de manière plus professionnelle avec de petits appareils abordables qui automatisent la prise de photos à 360°. Il est enfin possible d'accéder à un réseau de photographes professionnels spécialisés dans ce type de prise de vue par le biais d'une marketplace sur lesquelles des régions ou des villes peuvent mettre à disposition du contenu de très bonne qualité, que les hôtels par exemple peuvent récupérer pour enrichir leurs propres expériences sans avoir à tout filmer par leurs propres moyens.

Alternative Dimension offre une plateforme très ouverte et simple d'utilisation où les clients peuvent directement télécharger leurs photos, qui apparaissent dans leur contenu et peuvent être utilisées pour créer des tours personnalisés en glissant simplement les photos.

Quelle sera le modèle d'affaire de l'entreprise ?

Nous ne créons pas l'entreprise pendant l'incubation. Pour l'instant, l'Inria Startup Studio nous accompagne avec des formations sur tout ce qui est lié à la création de la start-up et pilotage avec des partenaires. Cette incubation se termine en juillet et vous allons créer l'entreprise dans la foulée, nous sommes déjà en discussion avec des partenaires.

Le business model d'Alternative Dimension s'articulera autour de trois types d'abonnements distincts, ciblant trois catégories d'utilisateurs. Nous avons une offre qui s'adressera aux personnes souhaitant mettre en valeur par exemple un bien sur Airbnb ou une maison à vendre, avec un abonnement de 10 € par mois. Pour ce prix, les utilisateurs auront accès à la création de quelques tours simples et pourront les partager, notamment en générant un QR code pour diffusion. Il y a une offre ciblant les "petits" professionnels désireux de valoriser leur offre. Cela inclut, par exemple, les petites agences immobilières ou les professionnels de l'événementiel, comme un wedding planner qui pourrait montrer différents châteaux ou ses prestations de manière plus immersive. Pour ces utilisateurs, l'abonnement sera d'environ 50 €. Enfin, pour les entreprises, nous proposerons une offre plus complète qui pourra inclure l'accompagnement de projet et la mise en place d'un réseau avec les régions et les photographes, afin d'assister l'entreprise dans la création de ses expériences.

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