À VivaTech 2025, l’industrie du voyage n’est plus en observation. Présente sur scène, dans les allées et au cœur du Travel Tech Hub, elle affiche clairement sa volonté d’embrasser l’innovation. Mais derrière les démonstrateurs et les partenariats, un défi majeur se dessine : comment garder la main dans un monde où l’IA rebat toutes les cartes ?
La neuvième édition de VivaTech a consacré une place de choix au voyage. Le Travel Tech Hub, porté par Eventiz*, a réuni 17 exposants – des géants comme Accor, Club Med, Groupe ADP, Navan ou Travelsoft, aux jeunes pousses comme Luniwave ou Projo. Pendant quatre jours, cet espace a été le théâtre de prises de parole engagées et de démonstrations concrètes. La venue de figures politiques comme Nathalie Delattre et Jean-Yves Le Drian, ou de poids lourds du secteur comme Sébastien Bazin (Accor) et Henri Giscard d’Estaing (Club Med), a donné une résonance stratégique au hub.
Nathalie Delattre, Ministre déléguée du Tourisme, sur la scène du Travel Tech Hub. Crédits : Antoine Marceau
Plus qu’une vitrine, le Travel Tech Hub a servi de tremplin à des initiatives structurantes. La Ministre déléguée au Tourisme y a lancé le troisième appel à manifestation d’intérêt de France Tourisme Tech, preuve que l’État voit dans la tech un levier de compétitivité pour le secteur. L'industrie prendra-t-elle ses quartiers au Travel Tech Hub l'année prochaine ? "Après un tel succès, nous aurons désormais de plus grandes ambitions à VivaTech, en réunissant en 2026 un panel plus large encore d’acteurs du tourisme", s'enthousiasme Frédéric Vanhoutte, Président d’Eventiz.
La Travel Tech investit VivaTech
Ce qui frappe, c’est l’ancrage de l’IA dans les usages. Chez Vinci, les aéroports misent sur Elise, avatar intelligent de Jumbo Mana, pour fluidifier l’expérience passager. Le groupe RATP, via Tootbus, fait appel à des assistants vocaux pour enrichir les visites touristiques. Accor, la SNCF et Club Med intègrent l’IA dans leurs process internes pour assister les collaborateurs au quotidien.
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L’adoption est réelle et reste majoritairement fonctionnelle. Là où l’enjeu se complexifie, c’est sur le terrain des interfaces conversationnelles.
L’ombre des géants technos
L’essor fulgurant d’acteurs comme OpenAI, Google ou Perplexity change la relation entre les marques de voyage et les clients. Pourquoi passer par un site de réservation si un assistant IA peut proposer, comparer et réserver en quelques requêtes ?
C’est ici que se joue le prochain round : rester visible, pertinent, et intégré dans les flux d'interaction pilotés par des IA généralistes. Une ambition qui pousse Accor à explorer des rapprochements inattendus, comme celui évoqué avec Expedia, pour mieux peser face aux plateformes algorithmiques.
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L’Europe tente de reprendre la main
Dans ce contexte tendu, l’annonce du partenariat entre Mistral AI et NVIDIA à VivaTech sonne comme un signal fort. La volonté d’asseoir une souveraineté européenne en matière d’IA n’est plus théorique. C’est une condition de survie pour les industries stratégiques, dont le tourisme, qui doivent pouvoir s’appuyer sur des briques technologiques fiables, ouvertes et compétitives.
*Eventiz est l'éditeur de TOM.travel, l'Echo Touristique et DéplacementsPros.com
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