Projo est à ce jour la seule start-up couvée par TUI. Fabien Roques, le cofondateur de cette entreprise qui propose d'automatiser grâce à l'IA la production de vidéos de promotion pour les professionnels du voyage, nous explique pourquoi Projo permet aux clients d'être plus facilement immergé dans l'expérience proposée.


Fabien Roques, fondateur de Projo : Le constat est toujours le même : les acteurs du voyage ont besoin de valoriser leurs offres, à travers les codes dont les clients ont désormais pris l’habitude : des vidéos, faciles à visionner, qui inspirent, qui informent, et qu’ils trouvent habituellement sur les réseaux sociaux. Au-delà de la pertinence du format, on sait aujourd’hui qu’en publicité digitale, c’est la multiplicité des contenus, leur variété, leur renouvellement, qui entraîne les meilleures performances en termes d'acquisition de clients.
Quels services propose Projo aux professionnels du tourisme ?
Projo, c'est une solution de production automatisée de vidéos pour le secteur du voyage qui utilise différentes technologies d'intelligence artificielle. Notre proposition de valeur, c’est d’accélérer la production de contenus vidéos marketing, à travers une plateforme en ligne simple d’utilisation, pour un coût très faible. L’objectif, c’est de décupler les volumes de ventes grâce à la diffusion de vidéos sur les pages de réservation mais aussi à travers des campagnes d'acquisition de clients sur les réseaux sociaux. On est capable de produire des milliers d'offres de voyage et c'est très compliqué aujourd'hui de pouvoir produire des vidéos pour chacune de ces offres. C'est encore plus difficile de produire des vidéos adaptées à l'intégralité des canaux de communication par lesquels on va s'adresser à ses clients. C'est à ce problème là qu'on apporte une réponse avec Projo.
Quel type de format vidéo est proposé ?
Avec cette production de vidéo automatisée, on va être capable à partir d'une offre de voyage de décliner cette offre dans divers formats vidéo. Aujourd'hui on travaille sur des formats qui vont être des publicités sur Instagram. Ce sont des vidéos qu'on va pouvoir intégrer d'une manière un peu sympa dans une newsletter, dans des SMS, ou sur les pages web de vente de ces expériences de voyage. À chaque fois on opte pour le format adapté : est-ce que c'est 1 minute 30 secondes, un format carré ou vertical ? Comment est-ce qu'on va raconter l'offre de voyage. Tout ça est adapté en fonction des canaux de communication. Et on fait ça en intégrant l'univers de marque de nos clients.
Est-ce que les acteurs du voyage sont conscients du potentiel de ce type de contenu ?
J'ai l'impression que les équipes sont déjà très matures sur ces sujets là. Personne ne découvre aujourd'hui les critères de performance d'une publicité en ligne, il y a déjà plein d'outils de tracking du taux de conversion, du taux de clic, etc. En revanche, on se rend compte d'un élément qui est majeur, c'est que le premier levier de performance aujourd'hui de ces campagnes, c'est un contenu varié et de qualité. Et aujourd'hui, c'est à ce levier là que nous tentons de répondre avec Projo. Dans le cadre d’une campagne Meta, en comparaison avec des visuels statiques, les vidéos Projo permettent d’obtenir en moyenne 30x plus de clics et un retour sur investissement publicitaire jusqu’à 4x supérieur. Cela représente une différence significative en termes de chiffre d’affaires généré.
N'y a-t-il pas un risque d'uniformisation des contenus si tous les acteurs du voyage produisent des vidéos avec l'IA ?
C'est un sujet sur lequel on travaille beaucoup justement. On a vraiment à cœur de pouvoir proposer à chacun des clients un certain niveau de personnalisation. Je parlais de la dimension graphique tout à l'heure. Il y a bien sûr les couleurs, les typos, les logos, etc. Il y a aussi le son et le choix de la voix. On fait choisir à nos clients une voix qui est adaptée à leur mode de communication. On intègre aussi des éléments comme le "ton of voice", c'est-à-dire que on arrive aujourd'hui à personnaliser la manière dont une marque va s'adresser à ses clients en donnant tout un tas d'exemples à notre IA : on va chercher des articles de blog, on va récupérer du texte de présentation des offres pour que nos IA comprennent comment est-ce qu'on doit s'adresser correctement au client. Donc ça aussi c'est des éléments qu'on intègre en contexte complémentaire dans les IA pour avoir justement des contenus vidéos qui vont être complètement customisés et multilingue.
Nous avons beaucoup gagné en maturité en termes d’interaction avec les contenus médias et les catalogues de produits de nos clients, que nous savons désormais intégrer de manière très simple dans Projo. Cela nous permet par exemple d’importer toutes les offres et contenus d’illustration d’un réseau d’hôtellerie, pour permettre ensuite aux équipes, en un clic, de produire les vidéos dont ils ont besoin, à travers notre plateforme. C’est une super opportunité de réutiliser du contenu dormant, et de l’exploiter à sa juste valeur.
La deuxième grande avancée c’est l’intégration d’instructions en langage naturel : il est désormais possible, après avoir sélectionné un template adapté à son besoin, de donner des instructions complémentaires, à l’écrit, sur notre interface, pour donner des précisions quant au résultat que l’on souhaite obtenir. Par exemple “Focalise-toi sur la mise en avant du parc aquatique”. On se dirige de plus en plus vers ce type d’interaction, qui nécessite simplement d’exprimer un besoin pour obtenir en quelques minutes un contenu vidéo adapté.
Pourquoi proposer ce service au voyage plutôt qu'une autre industrie ?
La première raison, c'est tout simplement le fait qu'on a identifié très rapidement qu'il y avait un vrai besoin dans ce secteur là. Nous avions exploré différents secteurs et nous nous sommes rendu compte que c'était une industrie dans laquelle ça avait énormément de sens de pouvoir accélérer la production vidéo parce qu'il y a cette dimension visuelle et expérientielle qui est très importante.
La deuxième raison, c'est la conviction que les technologies, bien que très matures sur la production de contenu et notamment de vidéos, nécessitent des outils qui correspondent parfaitement au besoins d'un client. Il était donc nécessaire de créer toute une boîte à outils et de ne pas compter simplement sur un workflow de production branché à un LLM. Il a fallu créer des modules complémentaires spécifiques à cette industrie et avoir la possibilité d'avoir une narration fine. Aujourd'hui, on a vraiment ce besoin d'utiliser la vidéo en production dans des conditions réelles. Et c'est ce qu'on fait aujourd'hui. On a déjà des vidéos qui tournent sur des campagnes Meta avec avec TUI pour promouvoir certains clubs. C'est très difficile à faire si on a une vision très agnostique de la technologie de production vidéo en 2025.
Projo est actuellement hébergé par TUI, comment la startup profite de l'expérience d'un tel géant du voyage ?
Déjà, on est immergé au sein des équipes au quotidien. Donc ça nous permet d'accéder directement au bon contact, avoir accès aux bonnes compétences immédiatement. Au départ, Adrien, mon cofondateur associé et moi ne venons pas de l'univers du voyage. Nous venons de l'univers de la vidéo, de l'audiovisuel et des technologies associées. Donc, nous avons eu besoin de comprendre cet univers là : comment fonctionne la construction d'une offre de voyage, comment elle est structurée, quelles sont les données associées, comment elles sont distribuées aujourd'hui, comment communique-t-on autour de ces offres. Et c'est en comprenant ces élément qu'on arrive à produire une solution technique qui va être adaptée à leurs besoins. Par ailleurs, on va pouvoir expérimenter aussi tous ces canaux de communication qui impliquent plusieurs équipes. Une équipe pilote les campagnes de pub sur Meta, une équipe est responsable de l'expérience sur le site, une équipe CRM avec les SMS, les newsletters, etc. Ces équipes ont des besoins variés et ce qui nous permet aussi de comprendre la diversité des demandes et d'adapter l'outil.
Photo d'ouverture : Projo

