Comment les institutionnels s’emparent de l’IA : le cas de Provence Tourisme

Les expérimentations autour de l’intelligence artificielle générative vont bon train auprès des territoires français.

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Hugo Pellegrin

20 février 20253 min de lecture

Qu'il s'agisse de mettre sur pied un planificateur de séjour ou un compagnon de voyage, voici comment les destinations s'emparent de l'IA. (Image d'illustration)
© Archives Travolution

Les expérimentations autour de l’intelligence artificielle générative vont bon train auprès des territoires français. TOM s’est entretenu avec Isabelle Brémond, Directrice générale de Provence Tourisme, pour en savoir plus sur l'expérimentation MIA, l'assistant IA de MyProvence et les réflexions menées autour de l'intelligence artificielle en tant qu'institutionnel.

Dans quel contexte Provence Tourisme s’est-elle emparée de l’IA ?

Isabelle Brémond, Directrice générale de Provence Tourisme. Crédits : Provence Tourisme

Isabelle Brémond : Dans le cadre de l'organisation des Jeux olympiques 2024, le territoire provençal était à l'honneur, notamment Marseille pour les épreuves nautiques. Nous souhaitions nous adresser à une cible internationale de manière différenciée, et c'est dans ce cadre que nous avons développé MIA.

Un deuxième objectif était de tester ces assistants IA en mode POC pour envisager des évolutions en 2025. Cela nous a permis de distribuer facilement du contenu traduit : Mia est accessible en huit langues, dont le français. Enfin, cela nous a permis de travailler sur une mise en perspective de ce type d'outil pour nos clientèles.

Quelles conclusions tirez-vous de l'expérimentation MIA ?

L’expérimentation avec notre partenaire GENIAL est intéressante. Nous constatons que les requêtes sont conformes à ce que nous avons sur notre site, notamment les questions sur les événements du week-end ou les restaurants. Cela souligne que MyProvence répond à ses objectifs en tant que média local dédié à l’actualité touristique et culturelle du territoire.

Notre difficulté avec MIA est d'adresser ce service à un large public : l’outil représente 1,5 % de notre audience. Nous observons le marché pour les réflexions de 2025, notamment ce que font les géants comme OpenAI.

Quelles sont vos difficultés et comment voyez-vous l'avenir ?

Notre difficulté est d'adresser ce service à un large public, car de grands opérateurs se positionnent déjà. Plus de 30 % des 18-35 ans utilisent ChatGPT comme moteur de recherche.

Nous devons trouver un cas d'usage précis avec nos offices de tourisme pour que notre outil évolue de manière significative. Nous pourrions envisager un canal WhatsApp, mais nos sites web ne touchent pas une large audience. Nous sommes en phase d'observation avec les offices de tourisme.

Quels conseils donneriez-vous à un office de tourisme qui souhaite se tourner vers l'IA ?

Il faut définir la logique de l'usage, par exemple, ouvrir l'office de tourisme 24h/24 et faire attention à la qualité des données. Il ne faut pas raisonner avec un parcours utilisateur prédéterminé, car on ne maîtrise pas les réponses. Il faut se concentrer sur la qualité des données et observer ce qui se passe. Nous avons développé un outil qui permet de contrôler ce qui est demandé et les tendances de recherche.

Il est important d'optimiser le référencement des données sur Google, car si votre site est bien référencé, il le sera aussi sur ChatGPT et d'autres outils IA. Enfin, il ne faut pas y aller seul, mais réfléchir à l'échelle d'un territoire. Il faut trouver un cas d'usage pour délivrer un service complémentaire à son site web et insister sur la qualité des données.

Photo d’ouverture : Simon PALLARD

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