Booking désigné comme « contrôleur d’accès » par l’Europe : une bonne nouvelle pour les hôteliers

Le 14 novembre 2024, la Commission européenne a officiellement attribué à Booking.com le statut de « contrôleur d’accès » dans le cadre du Digital Markets Act…

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JL

Julia Luczak-Rougeaux

18 novembre 20242 min de lecture

Smiling receptionist attending hotel guest
© Archives Travolution

Le 14 novembre 2024, la Commission européenne a officiellement attribué à Booking.com le statut de « contrôleur d’accès » dans le cadre du Digital Markets Act (DMA). Désormais, les hôtels peuvent proposer de meilleurs tarifs sur leur site internet.

Booking rejoint les rangs des géants technologiques comme Google, Amazon, Apple ou Meta, soumis aux règles du Digital Markets Act (DMA). Ce statut engage chaque entreprise à respecter des obligations spécifiques, destinées à protéger les utilisateurs et les partenaires commerciaux.

Ce statut de « contrôleur d’accès » (« gatekeeper » en anglais) va entraîner plusieurs changements pour Booking :

  1. Fin des clauses de parité tarifaire : Les hôtels référencés sur Booking pourront désormais proposer des tarifs plus avantageux sur leur propre site internet ou via d’autres plateformes, sans craindre des représailles telles qu’une augmentation des commissions ou un retrait de leurs offres.
  2. Accès aux données en temps réel : Les hébergeurs auront un accès continu aux données générées via Booking, leur permettant de développer des offres plus personnalisées. Ces données pourront également être transférées vers d’autres plateformes pour diversifier leurs canaux de distribution.
  3. Interdiction d’abus de position dominante : Booking devra s’assurer que ses pratiques commerciales n’entravent pas la concurrence. Toute violation de ces obligations pourrait entraîner des sanctions allant jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise, voire 20 % en cas de récidive.

Un tournant pour les hébergeurs européens

Pour les hôteliers, ce changement est synonyme de liberté tarifaire. Depuis des années, la dépendance aux OTA comme Booking a limité leur indépendance, notamment à cause des clauses de parité qui les obligeaient à afficher des tarifs identiques, voire supérieurs, sur leur site officiel.

Jusqu’ici, cette obligation de parité tarifaire ne s’appliquait pas en France, en Allemagne, en Belgique, en Autriche, au Portugal et en Italie. Désormais, toute l’Europe est concernée.

Avec le DMA, les hébergeurs peuvent désormais adopter des stratégies tarifaires indépendantes pour encourager les réservations directes, souvent plus avantageuses économiquement.

Une décision qui profite aussi aux clients

Pour les voyageurs, ces mesures promettent une baisse potentielle des prix et un choix élargi grâce à une concurrence renforcée entre les plateformes. Par ailleurs, l’accès des hôteliers à leurs données clients pourrait conduire à des offres plus personnalisées.

Du côté des plateformes concurrentes, la désignation de Booking comme « contrôleur d’accès » ouvre des opportunités pour rivaliser sur un terrain de jeu plus équitable. Booking devra désormais jongler entre les nouvelles contraintes réglementaires et son objectif de rester leader mondial, alors que ses concurrents directs ne sont pas encore soumis aux mêmes obligations.

Photo d'ouverture : Adobe Stock

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