Déployé pendant deux ans, le projet européen Tourbit avait pour objectif de favoriser la numérisation des TPE et PME européennes du tourisme. 8 entreprises françaises ont été accompagnées dans leur projet de digitalisation.
Le projet européen Tourbit a été déployé de janvier 2022 à juin 2024 dans 8 pays européens. L’objectif global du projet était de participer à la transformation numérique du secteur du tourisme. Pour cela, 1,3 millions d’euros ont été débloqués, dont 520 000 euros versés à des PME du secteur du tourisme. 75% de la somme globale ont été financés par le programme européen COSME, qui vise à promouvoir l'entrepreneuriat et à améliorer l'environnement des PME.
En France, le projet a été piloté par l’accélérateur Paris&Co, en partenariat avec France Num. Après un appel à candidatures qui a permis de recevoir 35 dossiers, Paris&Co et France Num ont retenu 8 TPE et PME françaises. Chacune d’entre elles a reçu une aide financière de 8 000€, dont 25 % financés par France Num ainsi qu’un accompagnement par des experts du numérique pour mener leur projet de digitalisation.
Les 8 entreprises lauréates du projet Tourbit
De la dématérialisation à la numérisation du parcours client en passant par la création d’une application, 8 projets ont été accompagnés par Tourbit.
- Les résidences touristiques Val de Roland ont mis en place un système lié à leur logiciel de réservation qui éteint le chauffage de chaque appartement au départ et le rallume automatiquement pour les arrivées.
- L’agence évènementielle Chlorophyll a développé une application mobile de gestion d'événements pour les participants ainsi qu’un calculateur de carbone. Elle a amélioré son site web et mis en place une stratégie SEO pour acquérir de nouveaux clients.
- L’agence de voyages d'aventure Europe Active a optimisé et généralisé la création de dossiers de voyage numériques (pour remplacer les dossiers papiers), mis à disposition sur l'application mobile des voyageurs.
- L’APARTHOTEL AMMI Nice Masséna a amélioré son site internet pour générer plus de réservations directes, a bénéficié de formations pour accroître sa présence en ligne et a mis en place de nouveaux outils pour automatiser les tâches répétitives.
- L’agence de voyages Un p'tit voyage a utilisé le soutien de Tourbit pour mettre en place une solution d’informatique affective (« affective computing » en anglais) qui recueille les souhaits et les émotions de leurs clients. Ils ont ensuite analysé les données recueillies, à la fois au niveau individuel et collectif, pour améliorer l'offre commerciale.
- L'Hôtel Saint Maurice a mis en place un hub numérique composé d'un système de gestion de propriété (PMS), d'un système de gestion des revenus (RMS) et d'un prestataire de services de paiement (PSP).
- La plateforme HelloBud Travel a pu développer une application, analyser son utilisation et recueillir les retours des utilisateurs autour de la réservation de voyages entre groupes d'amis.
- Enfin, l’agence de voyages La Petite Vadrouille a mis en place une solution de mise en relation entre les exigences et les personnalités des clients d'une part, et la base de données de voyages d'autre part.
L’occasion d’échanger dans un écosystème siloté
Marie Texier a été Chef de projet Tourbit au sein de Paris&Co. Selon elle, ce projet européen a été une bonne opportunité pour les PME et TPE de rencontrer leurs homologues d’autres pays européens afin d’échanger les bonnes pratiques. « Ce projet a permis de distribuer des ressources bénéfiques, directement actionnables. C’est un vrai gain de temps pour rester compétitif face à des géants comme Booking au budget conséquent », déclare-t-elle.
Toutes les ressources créées dans le cadre de Tourbit (webinaires, podcasts, base de données de startups proposant des solutions adaptées aux PME du tourisme, etc.) ont été rassemblées sous la forme de boîte à outils.
Selon elle, les projets européens tels que Tourbit sont une réelle opportunité pour les PME et TPE, mais ils démontrent aussi une absence de communication et de connaissance de l’écosystème au sein de l’Union européenne. « Il faudrait plus de projets européens pour financer les projets nationaux, plutôt que de créer des doublons. Par exemple, nous avons mis en place un outil d’audit dans le cadre de Tourbit alors que celui de la CCI en France est déjà très bien », explique-t-elle. « Il pourrait y avoir plus de communication entre les différents labs, incubateurs et accélérateurs dans le tourisme en Europe. Il existe aujourd’hui encore des silos mais via les projets européens, nous pouvons parvenir à créer des réseaux efficaces et à mutualiser les efforts et informations ».
Photo d'ouverture : Priscilla Du Preez