Ursula von der Leyen vient d’être reconduite à la présidence de la Commission européenne pour les 5 prochaines années. Dans son programme, elle dévoile une série de mesures visant à stimuler la compétitivité et l'innovation en Europe, dont un plan pour débloquer des financements pour les entreprises et les startups.
Ursula von der Leyen estime que l'Europe, confrontée à une productivité inférieure par rapport à ses principaux concurrents mondiaux, ne parvient pas à faire rayonner ses technologies numériques. La Commission entend y remédier, en se concentrant d'abord sur l'application rigoureuse des lois numériques récemment adoptées, notamment la loi sur les services numériques (Digital Services Act ou DSA) et la loi sur les marchés numériques (Digital Markets Act ou DMA). Ces législations visent à responsabiliser les géants technologiques et à garantir une concurrence équitable pour les consommateurs et les entreprises.
Investir dans les technologies de pointe
Pour rester compétitive, l'Europe doit investir massivement dans les technologies de pointe selon la Présidente de la Commission européenne réélue. La Commission prévoit d'accroître les investissements dans le supercalcul, les semi-conducteurs, l'Internet des objets, la génomique (étude des génomes), l'informatique quantique et les technologies spatiales. L'objectif est de positionner l'Europe en tête de l'innovation mondiale, notamment en matière d'intelligence artificielle.
Ursula von der Leyen prévoit la création de « AI Factories » lancées dans les 100 premiers jours de son mandat, pour fournir aux startups et industries de l'IA des capacités de supercalcul adaptées. Elle souhaite également créer un Conseil européen de la recherche en IA pour centraliser les ressources et encourager l'innovation, similaire à l’approche adoptée avec le CERN.
Exploiter le potentiel des données
Dans son programme, Ursula von der Leyen propose une stratégie pour une Union européenne des données, visant à simplifier le cadre juridique pour le partage de données entre entreprises et administrations, tout en respectant des normes de confidentialité et de sécurité.
« Trop d'entreprises en Europe peinent à obtenir les données dont elles ont besoin – tandis que de grandes entreprises technologiques étrangères utilisent les données européennes pour alimenter leurs activités. », déclare-t-elle.
Mettre la recherche et l'innovation au cœur de l'économie
La Commission prévoit d'augmenter les dépenses de recherche en mettant l'accent sur les priorités stratégiques, la recherche fondamentale et l'innovation de rupture. L'extension du Conseil européen de la recherche et du Conseil européen de l'innovation est également prévue. Pour faciliter la transition du laboratoire au marché, un nouveau cadre législatif européen sur la biotechnologie sera proposé en 2025.
Accélérer les investissements
Pour financer ces initiatives, la Présidente de la Commission envisage de maximiser l'investissement public et de tirer parti du capital privé. L'Union des marchés de capitaux, lancé par l’ancien président de la Commission il y a 10 ans, pourrait attirer 470 milliards d'euros d'investissements supplémentaires par an.
Des mesures d’absorption des risques seront proposées pour faciliter le financement des entreprises en forte croissance par les banques commerciales, les investisseurs et le capital-risque.
La création d'un Fonds européen de compétitivité est également envisagée pour investir dans des technologies stratégiques et soutenir les projets importants d'intérêt commun (IPCEI).
Un avenir prometteur pour l'Europe
Ces initiatives marquent une étape cruciale pour renforcer la compétitivité et l'innovation en Europe. En libérant des fonds et en favorisant l'adoption de technologies de pointe, la Commission européenne espère positionner l'Europe comme un leader mondial de l'innovation tout en soutenant la transition écologique et numérique.