Après 2 ans d’expérimentations menées aux côtés de Blockskye et PwC US, Kayak for Business dévoile deux services qui exploitent la technologie blockchain pour la gestion des déplacements professionnels des PME. L’OTA met à disposition une API permettant aux collaborateurs de réserver un voyage d’affaires depuis différents canaux dans le respect de la politique voyage ainsi qu’une solution de gestion des notes de frais automatisée.
A l’heure où l’intelligence artificielle s’est positionnée comme une innovation prioritaire pour la majorité des grands comptes du Tourisme, il est rare de voir des projets recourant à la blockchain dépasser le stade expérimental. Rare mais pas inédit. Après 2 ans d’expérimentations menées aux côtés de Blockskye et de PwC US, Kayak for Business dévoile finalement deux services qui exploitent la chaîne de blocs.
Interopérabilité et automatisation grâce à la blockchain
L’OTA devient le premier acteur du Travel à exploiter une solution de dépenses basée sur la blockchain pour sa clientèle Corpo. Baptisée Blockskye Pay, celle-ci permet d’automatiser la facturation des déplacements professionnels en évitant aux collaborateurs de remplir des notes de frais et de gérer les remboursements de billets.
L’autre solution s’appuie sur une API développée par Blockskye. Son intégration au sein de la plateforme Kayak for Business favorise l’interopérabilité des systèmes en permettant aux collaborateurs de réserver un voyage d’affaires dans le respect de la politique voyage de l’entreprise depuis l’ensemble des canaux, qu’il s’agisse du site de la compagnie aérienne, de l’interface Kayak for Business ou avec l’aide d’un agent Kayak.
Kayak fera-t-elle de la blockchain un standard dans le Travel ?
Une évolution qui offre plus de flexibilité et une expérience de réservation rationalisée aux voyageurs d’affaires, permet à l’entreprise de garder le contrôle sur sa politique voyage depuis différents canaux et d'améliorer le suivi des réservations et des dépenses en temps réel, tout en permettant aux compagnies aériennes partenaires - American Airlines, Southwest Airlines et United Airlines - de générer des revenus additionnels.
La branche américaine du cabinet PwC, qui a contribué au développement du service aux côtés de Kayak et de BlockSkye, est désormais le premier grand groupe à mettre ces services à la disposition de ses 75 000 collaborateurs. “En associant la technologie blockchain et la solution de paiement de Blockskye à l'expérience de KAYAK dans le domaine des voyages d'agrément, nous lançons une solution qui transforme la manière dont les entreprises gèrent leurs programmes de voyage”, a déclaré Bob Schott, responsable des achats, PwC US.
Valoriser les bénéfices plutôt que la technologie
Il est intéressant de noter que très peu d’informations concernant l’aspect technique de ce service ont été partagées par les partenaires. Le service est-il développé sur une couche privée du réseau Ethereum ? L’automatisation se fait-elle grâce à des smart contracts ? Difficile d’en savoir plus pour le moment. Faut-il y voir une volonté de la part de Kayak et Blockskye de ne pas entrer dans le détail au risque de décourager, voire d’effrayer, des utilisateurs peu habitués à interagir avec des services basés sur la blockchain ? Mettre en avant l'usage et ses bénéfices plutôt que la technologie sous-jacente, tel semble être le crédo de l'OTA.
Une démarche qui fait écho à l'un des enjeux auxquels sont confrontés les acteurs de l'écosystème blockchain. L’un des défis actuels du web3 réside autour de la “chain abstraction”, littéralement l’abstraction de chaîne, un modèle dont les principes sont définis par le standard ERC-4337. Au-delà des nombreuses évolutions techniques qu’elle entraîne, elle permettrait à un utilisateur d'interagir avec la blockchain avec des mécanismes déjà connus du grand public comme l'authentification à plusieurs facteurs. Grâce à l’abstraction de chaîne, un utilisateur pourrait par exemple valider une transaction sur la blockchain simplement via une authentification biométrique ou encore de la même manière qu'il se connecte à son compte Google.
Plus besoin donc de devoir gérer l’approbation des transactions via smart contracts, une mécanique jugée parfois complexe, ce qui pourrait rendre l’utilisation du web3 aussi intuitive que dans le web2. Et favoriser l'adoption du grand public tant espéré par les défenseurs d'un internet plus décentralisé.
Photo d'ouverture : Shubham Dhage