A l’issue d’un an de travaux de consultation avec l’industrie, le ministère de la Culture dévoile un rapport pour accompagner les acteurs culturels dans leur transformation numérique. Pour aider le secteur de la Culture à embrasser le potentiel de la transformation numérique, il aura fallu plus d’un an de travaux de consultation menée conjointement par les professionnels de l’industrie et les équipes ministérielles. 8 groupes de travail et 4 686 avis en ligne plus tard, le ministère de la Culture dévoile la stratégie numérique culturelle. Celle-ci a permis d’identifier 24 défis pour le secteur et de mettre en place 7 actions emblématiques mais non exhaustives pour aider les acteurs de la Culture à conduire leur transformation digitale avec succès.
Renouer avec les usages des publics
Derrière l’enjeu de la transformation digitale du secteur culturel, il y a celui de renouer avec les usages des publics, illustrés par les défis 1 à 5 du rapport. Le rapport met en avant la nécessité de développer des méthodes de collecte et d’analyse de données pour fidéliser, de déployer une stratégie de « découvrabilité » des contenus et des offres culturelles, d’encourager des dispositifs numériques et des médiations accessibles et adaptés aux publics empêchés ou touchés par l’illectronisme via des partenariats locaux, d’articuler étroitement stratégie nationale et stratégies territoriales, mais aussi de mobiliser et fédérer autour d’espaces numériques communs les acteurs du secteur.
Renouveler l’offre et renforcer la souveraineté culturelle
Concilier des expériences culturelles numériques et in situ, encourager l’accueil des formats numériques et expérimenter de nouveaux modèles économiques apparaissent également comme des défis incontournables pour renouveler l’offre culturelle. Pour renforcer la souveraineté culturelle franco-européenne, le rapport insiste sur la nécessité d’appuyer la mise en œuvre du Digital Services Act (DSA), de l’European Media Freedom Act (EMFA) et de l’IA Act pour assurer un suivi des recommandations à venir des Etats généraux de l’information et garantir un cadre économique et concurrentiel viable pour les médias. Sans quoi, impossible d’accompagner les publics dans le bon usage du numérique et le décryptage de l’information, ou encore garantir la diversité linguistique et culturelle et d’exigence artistique à l’ère des algorithmes.
Sécurité et impact environnemental
L’enjeu de souveraineté numérique et culturelle est étroitement lié à la question de la sécurité. Le rapport appelle ainsi à investir dans la modernisation et la sécurisation du socle informatique afin de créer les conditions propices au développement durable des nouveaux usages numériques, tout en intégrant une logique de mutualisation, de maîtrise des impacts environnementaux et de mise en réseau des professionnels autour de ses initiatives numériques. Et alors que l’écoconception numérique s'inscrit peu à peu comme un enjeu de compétitivité, le rapport appelle à systématiser la prise en compte de l’impact écologique dans la conception, le déploiement et le soutien de dispositifs numériques. Un défi pour lequel le secteur culturel peut s'appuyer sur le guide sur le green code dévoilé en mai dernier par le gouvernement français, regroupant 78 critères à prendre en compte dans la conception d’un service numérique.
Consulter le rapport du ministère de la Culture en intégralité ou en version synthétique
Photo d'ouverture : Galina Nelyubova