Les taxis volants ne décolleront pas pour les Jeux olympiques

En raison d'un retard pour obtenir les certifications auprès de l’EASA et la DGAC, les taxis volants de l’entreprise allemande Volocopter ne transporteront pas…

Nous suivre sur Google
JL

Julia Luczak-Rougeaux

23 mai 20244 min de lecture

les-taxis-volants-ne-decolleront-pas-pour-les-jeux-olympiques
© Archives Travolution

Image : TOM.travel

En raison d'un retard pour obtenir les certifications auprès de l’EASA et la DGAC, les taxis volants de l’entreprise allemande Volocopter ne transporteront pas les athlètes pendant les Jeux olympiques de Paris. Des premiers vols de pré-certification devraient néanmoins avoir lieu dès cet été dans le ciel de la Capitale.

On ne peut pas le manquer. A Viva Tech, le salon dédié à l’innovation et aux startups qui se déroule chaque année depuis 2016 à Paris, l’eVTOL de Volocopter trône au centre du stand d’Aéroports de Paris. Cet aéronef à décollage et atterrissage verticaux électrique est celui qui a été présenté en 2020 par Valérie Pécresse, Présidente de la région Île-de-France. Elle annonçait alors que des taxis volants pourraient transporter les athlètes lors des Jeux Olympiques de Paris en 2024.

Ce ne sera finalement pas le cas, nous informe Aéroports de Paris (ADP), à deux mois du début des Jeux. La raison est simple : Volocopter, l’entreprise allemande qui développe ces aéronefs, n’a pas obtenu les certifications de l’Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA) et de la Direction générale de l'Aviation civile (DGAC) à temps.

Dirk Hoke, CEO de Volocopter

« Nous sommes forcément un peu déçus, mais nous voulons faire voler les premiers passagers dans les meilleures conditions. La certification est difficile à obtenir, car c’est un sujet nouveau pour l’EASA et la DGAC. Chaque fournisseur auquel nous faisons appel doit respecter des règles strictes et cela prend du temps à mettre en place. Nous sommes fiers d’être les premiers à avancer et nous espérons pouvoir réaliser nos premiers vols de pré-certification dès cet été à Paris », nous confie Dirk Hoke, CEO de Volocopter.

Des premiers vols dès cet été à Paris

Ce ne sont pas des vols commerciaux, mais des vols de pré-certification qui devraient donc avoir lieu cet été dans le ciel de Paris. « Notre objectif est d’être la première entreprise au monde à commercialiser des vols en eVTOL », déclare Dirk Hoke. L’entreprise chinoise EHang a obtenu des certifications similaires, mais seulement pour voler en Chine. Volocopter, elle, veut pouvoir voler partout dans le monde.

Une fois ces autorisations obtenues, Volocopter planifie de commercialiser les premiers vols d’ici la fin de l’année. Les usagers pourront réserver leur trajet depuis une application, comme avec un VTC. Il y a un an, Augustin de Romanet, PDG du groupe ADP, annonçait que le prix d’une course coûterait en moyenne de 110 euros pour des trajets assurant les liaisons Issy-les-Moulineaux/Saint Cyr l’École, Roissy/Le Bourget. « Il faudra compter 3-4 euros le kilomètre par siège », nous informe Dirk Hoke.

Le vertiport de gare d’Austerlitz en cours de certification

Pour accueillir ces taxis volants, il faut également des vertiports. Il y en aura cinq, nous notifie Alban Negret, Head of Innovation du groupe ADP. A Roissy, à Issy-les-Moulineaux, à Saint Cyr l’École, à Pontoise et bientôt sur les berges de la gare d’Austerlitz. « Il faut finir les travaux pour permettre à la plateforme d’être sécurisée pour accueillir ce genre de vols », déclare-t-il. Le vertiport est déjà visible devant la Cité de la Mode et du Design et devrait obtenir les certifications dans les semaines à venir. Il sera temporaire et sera sans doute démonté d’ici la fin de l’année.



Dans ce projet, ADP a conçu les infrastructures d’accueil des aéronefs. « Nous avons réfléchi aux dispositifs de maintenance, de recharge électrique, à la surface nécessaire au décollage et à l’atterrissage », explique-t-il. « Nous avons aussi eu un rôle d’accélérateur de l’innovation pour que Volocopter obtienne les certifications ».

ADP veut intégrer nativement des technologies dans les vertiports, afin de fluidifier le parcours des passagers. Le groupe teste notamment l’intégration de la biométrie durant les étapes de contrôle.

Un appareil facile à piloter selon Volocopter

Electrique et peu bruyant (67 décibels à l’atterrissage, l’équivalent du bruit d’une tondeuse), le taxi volant développé par Volocopter volera à une vitesse de 80 km/h. Il est équipé de 18 moteurs électriques et de 9 batteries rechargeables (de 30 kilos chacune), situées à l’arrière de l’appareil. « Le chargement sera lent, pour que les batteries aient une plus grande durée de vie », complète Dirk Hoke.

Les batteries éléctriques de l'aéronef

Il assure qu’il sera plus facile de piloter l’aéronef par rapport à un avion ou un hélicoptère grâce à un simple joystick. « Si le pilote ne touche à rien, l’aéronef se stabilise tout seul », continue-t-il. Jusqu’ici, le taxi volant de Volocopter a effectué 20 vols d’essai et parcouru 200 km lors d'expérimentations.

Sur la même thématique

Voir tout