Lowtrip facilite le calcul de l'empreinte carbone des voyages multimodaux

Derrière le calculateur carbone de voyages multimodaux Lowtrip se cache une bande de vingtenaires désireux de mesurer l'empreinte carbone de ses voyages.

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Hugo Pellegrin

24 avril 20244 min de lecture

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© Archives Travolution

Derrière le calculateur carbone de voyages multimodaux Lowtrip se cache une bande de vingtenaires désireux de mesurer l'empreinte carbone de ses voyages. Un projet bénévole que Xavier Bonnemaizon, PhD Student in Geosciences - LSCE - UC Irvine, Paola Grès, Développeuse chez Ithaque, Clara Ni, Open-source software engineer, SNCF Réseau, et Chiara Pellas, Cofondatrice de Mollow, rendent désormais accessible au grand public. Cette dernière nous explique les motivations et les ambitions du projet.  

Comment est née l’idée de Lowtrip ?

Xavier Bonnemaizon a commencé à travailler sur la méthodologie de calcul carbone aux alentours du mois de juin 2023 avec l’idée de développer un outil pour calculer ses émissions personnelles. C’est un sujet qui revient souvent au cours de nos discussions et nous avons décidé d’aller plus loin en rendant l’outil accessible au grand public via un site web. Etant donné qu’il s’agit d’un projet bénévole développé sur notre temps libre, il est difficile d’estimer le temps investi.

Quelle est sa vocation ?

Lowtrip permet de calculer l'empreinte carbone des voyages multimodaux et à étape. © Lowtrip

C’est un calculateur carbone de voyages capable notamment de mesurer les émissions d’un trajet à plusieurs étapes mais aussi multimodal et qui offre une visualisation de ces différentes alternatives. Le code est en licence open-source donc accessible aux développeurs. Il y beaucoup d’évolutions possibles en termes de produits, des corrections sur des éléments manquants, l’ajout des fonctionnalités additionnelles mais tout cela va dépendre des personnes qui veulent faire évoluer ce projet collaboratif.

Lowtrip est-il voué à intégrer votre plateforme Mollow ?

Non, tout simplement car nous ne l'avons pas développé. Est-ce qu’on peut le réutiliser vu son statut open-source ? C'est une réflexion qui mérite d'être menée... Même si le projet est open-source, le mettre au service d’un projet commercial ne nous paraît pas cohérent. On va évidemment rediriger nos utilisateurs vers l’outil pour qu’ils puissent calculer leur émission et en faire la promotion mais on n'intègre pas l’outil sur la plateforme. 

Comptez-vous rendre l’outil accessible aux professionnels du tourisme ?

On s’est posé la question de savoir si des agences de voyage pourraient l’intégrer au travers d’une API, c’est un scénario auquel on réfléchit et qui pourrait être envisageable à condition de structurer le projet pourquoi pas sous la forme d’une association. Mais pour l’instant, chacun peut l’utiliser comme il souhaite dans le respect de la licence open-source.

Pour un séjour Marseille - Paris - Alicante, Lowtrip affiche visuellement et compare l'empreinte carbone d'un itinéraire 100% aérien à celle d'un itinéraire combinant train et bus. © Lowtrip

Finalement, c’est un projet symbolique qui vise à secouer l’industrie ?

En effet, on reproche souvent que le monde du tourisme a du mal à évoluer. Ce que j’entends parfaitement car c’est une industrie essentiellement basée sur des modes de transport carbonés. Mais cela ne justifie pas le manque de transparence de la part de certains acteurs qui se cachent derrière de faux arguments. Si 4 amis de 25 ans arrivent à développer un tel outil sur leur temps libre, des acteurs touristiques sont tout à fait capables de mesurer l’empreinte carbone d’un événement ou d’un voyage. En 2024, les outils existent et heureusement il existe aussi des professionnels du tourisme qui ne demandent qu'à être accompagnés sur ces sujets pour faire évoluer les modèles.

Le défi écologique n’est-il pas aussi économique pour l’industrie ?

Je suis persuadé qu’à terme, c’est se tirer une balle dans le pied que de fermer les yeux aujourd’hui sur l’impact environnemental. Par contre à court terme, le trafic aérien continue d’augmenter, car l’industrie réalise plus de marge sur l’aérien, qui est aussi plus facile à vendre que le train. Mais qu’on le veuille ou non, au travers des réglementations ou des limites physiques et planétaires, le trafic aérien va devoir être revu à la baisse. Ne pas se préparer maintenant, c’est comme foncer dans le mur.

Photo d'ouverture : © Kyle Glenn

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