Comment créer de l’émerveillement dans l’expérience touristique et culturelle ?

Pour rendre une visite ou un voyage mémorable, les acteurs du tourisme et de la culture ont tout un intérêt à cultiver l’émerveillement des visiteurs.

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JL

Julia Luczak-Rougeaux

24 avril 20242 min de lecture

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© Archives Travolution

Pour rendre une visite ou un voyage mémorable, les acteurs du tourisme et de la culture ont tout un intérêt à cultiver l’émerveillement des visiteurs. Comment s’y prendre ? Quels sont les ingrédients d’une expérience immersive réussie ? C'est un sujet qui a été abordé lors des Journées de l’Immersif, organisées par l'association jeDI.

« L’émerveillement, ce n’est pas que des paillettes, ce n’est pas que pour les enfants, que du sensationnel. C’est un état d’être. Le jardin d’émerveillement doit se cultiver », a expliqué en préambule Marine Allamel, Consultante et Experience Designer chez Nouvelle Epopée, lors des Journées de l’Immersif, qui se déroulaient à Rennes. Dans l’émerveillement, il y a la notion d’ « awe effect », un sentiment fort qui se situe entre la peur et la jouissance. Elle donne l’exemple d’un volcan en irruption. Un spectacle qui est à la fois beau, mais qui n’est pas totalement rassurant. Il crée de la fascination et ancre les souvenirs dans le cerveau.



Marine Allamel identifie trois piliers à l’émerveillement, qui peuvent inspirer les acteurs du tourisme et de la culture dans la construction de visites et d’expériences. Le premier est l’immensité, que ce soit dans l’infiniment petit ou l’infiniment grand. Le deuxième pilier est l’adaptation, le fait de devoir sortir de sa zone de compréhension du monde. Le troisième est la perception de soi, le fait de se connecter à plus grand que soi, d’avoir la sensation de faire partie d’un écosystème.

Selon elle, il y a aussi quelques ingrédients secrets : le mystère, le sensoriel et l’humour. The Grand Expedition à Londres propose par exemple un dîner immersif. Placés dans une sorte de montgolfière, les convives font un tour du monde culinaire et visuel, grâce à des écrans et l’intervention d’acteurs. « Dans un contexte de développement de l’intelligence artificielle, il faut privilégier tout ce qui générera des émotions humaines », a-t-elle ajouté. Et d’ajouter : « Comme le dit Belinda Cannone, l'émerveillement est une arme absolue contre l'enténèbrement du monde ».

Que se passe-t-il dans le cerveau ?

L’intervention de Philippe Hertzberg, CEO de Secret Journeys, a permis d’en savoir plus sur les hormones secrétées par le cerveau lorsque l’on vit une expérience immersive. Ce sont les même parties du cerveau qui sont activées, que ce soit du côté du conteur ou du spectateur.

La première hormone sécrétée est la dopamine, c’est celle de la curiosité, du suspense. Le cortisol lui est lié à l’attention et au stress. L’ocytocine est l’hormone du soulagement du plaisir. C’est aussi cette hormone qui est sécrétée lorsque l’on devine. L’amygdale cérébrale joue quant à lui un rôle dans la production et la régulation de ces hormones. Il est le réceptacle des émotions. L’hippocampe, lui, forme les souvenirs et les consolident.

C’est donc à ces deux parties du cerveau qu’il faut faire appel pour faire en sorte qu’une expérience culturelle ou touristique marque les visiteurs.

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