Epinglée par l’autorité des consommateurs et des marchés des Pays-Bas (ACM) pour sa communication opaque, Booking.com a annoncé le retrait du label Tourisme durable et des badges auxquels sont affiliés 500 000 hébergements partenaires. L’OTA ne délaisse pas l’idée pour autant et fait évoluer le dispositif aux côtés d’experts des questions de relatives à l'environnement.
L’Europe continue de mener la vie dure aux géants de la distribution de voyages. Après des échanges houleux avec l’autorité pour les consommateurs et les marchés des Pays-Bas (ACM), Booking.com a finalement décidé de retirer les badges “Tourisme Durable” (Travel Sustainable en anglais, NDR) qu’il fournissait jusqu’alors aux hébergements répondant aux critères de durabilité du label.
L’occasion d’obtenir une note allant de 1 à 3 en fonction des actions mises en œuvre pour réduire l'empreinte carbone de l’hôtel et toute initiative pour soutenir le développement durable.
Une communication jugée opaque
Un constat perçu différemment par l’ACM. L’autorité a en effet indiqué que la simple mention du label “Tourisme Durable” est susceptible de soutenir l’idée selon laquelle le fait voyager peut-être durable.
Si l’organisme ne dénigre pas les efforts des hôteliers pour réduire leur empreinte environnementale, il juge cependant la communication déployée par Booking.com, au travers de ce label auquel sont affiliés pas moins de 500 000 hébergements, potentiellement trompeuse. Le choix de feuilles vertes en tant qu’icône associé aux hôtels bénéficiaires est également remis en cause par l’ACM.
"Il est important que les entreprises utilisent des déclarations de durabilité claires, correctes et pertinentes. Les consommateurs sont de plus en plus conscients de l'impact qu'ils ont eux-mêmes sur le climat, y compris lorsqu'ils voyagent. C'est pourquoi, lorsqu'ils choisissent un hébergement, les consommateurs doivent être en mesure de comprendre et de se fier aux déclarations de durabilité qui sont utilisées”, a déclaré Edwin van Houten, directeur du département consommateurs de l'ACM, dans un communiqué.
Booking.com fait évoluer son label Tourisme durable
Il n’en a pas fallu plus pour que l’OTA, qui se retrouve dans le viseur de plusieurs autorités européennes, retire ce label de sa plateforme ainsi que les badges associés aux hébergeurs bénéficiaires.
Dans la foulée, Booking.com prévoit de mettre en œuvre un nouveau label auquel pourront prétendre les hébergeurs qui ont obtenu une certification de durabilité émise par une tierce partie, ce qui est déjà le cas pour 16 500 partenaires de l’OTA.
Booking.com s’apprête également à intégrer la possibilité d’appliquer des filtres pour rendre la communication plus transparente sur les actions mises en place. Une tâche pour laquelle Booking.com indique s’entourer d’experts indépendants et d’organisations telles que le Global Sustainable Tourism Council (GSTC) ou encore UN Tourism.
"Notre ambition a toujours été de rendre plus accessibles et simples les choix de voyage plus durables pour toutes et tous. Bien que les enjeux relatifs au développement durable aient évolué de manière significative depuis que nous avons entrepris ce travail, en particulier au niveau de la réglementation, nous restons déterminés à offrir des options de voyage plus durables à toutes et tous, tout en accompagnant nos partenaires d'hébergement dans l’obtention de certifications par un organisme tiers. Même si nous mettons à jour la façon dont nous présentons les choix d’établissements plus durables, en retirant le nom, le logo et les niveaux de notre badge Établissement Voyage Durable, les voyageurs seront toujours en mesure d’identifier et filtrer les hébergements certifiés par un organisme tiers et connaître les bonnes pratiques mises en place que nous ont indiqué nos partenaires. Alors que nous continuons à identifier la manière la plus pertinente dont nous pouvons jouer un rôle en la matière, nous continuons à soutenir les efforts de nos partenaires, les voyageurs et l'ensemble du secteur pour, à leurs côtés, rendre plus durable la manière dont chacun peut explorer le monde", nous précise un porte-parole de Booking.com.
Photo d'ouverture : © John Schnobrich