L’IA peut-elle lutter contre le changement climatique ? Pas du tout selon Greenpeace

Selon le rapport “Les dangers de l’IA qui pèsent sur le climat” cosigné notamment par Greenpeace et Les amis de la Terre, l’intelligence artificielle pourrait…

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Hugo Pellegrin

20 mars 20244 min de lecture

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© Archives Travolution

Selon le rapport “Les dangers de l’IA qui pèsent sur le climat” cosigné notamment par Greenpeace et Les amis de la Terre, l’intelligence artificielle pourrait augmenter les émissions de gaz à effet de serre de 80%.

En 2023, lors de la COP 28, Google a publié un rapport affirmant que 5 à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre pourraient être atténuées grâce à l'utilisation de l'intelligence artificielle.

De quoi accroître l’effervescence suscitée par les systèmes d’intelligence artificielle générative qui se retrouvent désormais dans le viseur des autorités de régulation et des associations de protection de l’environnement.

Dans un rapport intitulé Les dangers de l’IA qui pèsent sur le climat, plusieurs organismes défenseurs de l’environnement alertent l’opinion publique quant à l’impact environnemental de l’intelligence artificielle ainsi que les risques que ces systèmes font peser sur la fiabilité de l’information. 

L’intelligence artificielle générative est (très) énergivore

Le scénario dépeint par les auteurs de l’étude est loin de faire la part-belle aux systèmes d’intelligence artificielle dans la lutte contre le changement climatique. “Si l’industrie de l’IA multiplie par deux le nombre de ses data-centers tout en améliorant leurs capacités énergétiques de 10%, cela entraînerait une hausse globale des émissions de CO2 de l’ordre de 80%”, alertent les auteurs du rapport.

Une autre étude estime ainsi que les data-centers nécessaires pour faire tourner les algorithmes d’intelligence artificielle pourraient consommer plus d’électricité que les Pays-Bas à l’horizon 2027. 

Si l’industrie de l’IA multiplie par deux le nombre de ses data-centers tout en améliorant leurs capacités énergétiques de 10%, cela entraînerait une hausse globale des émissions de CO2 de l’ordre de 80%. © Les dangers de l’IA qui pèsent sur le climat

Une menace pour l’information

Et si les requêtes fournies par l’IA générative peuvent parfois impressionner leurs utilisateurs, elles nécessitent cependant jusqu’à 10 fois plus de puissance qu’une recherche internet classique.

Des données auxquelles semblent donner raisons les leaders du secteur, Sam Altman, le PDG d’OpenAI qui se cache derrière la célèbre ChatGPT, a par exemple avoué en 2024 que l’IA dépense beaucoup plus d’énergie qu’on ne le pensait.

Pour les auteurs du rapport, il est urgent de mettre en place des solutions visant à réduire l’impact environnemental du secteur mais aussi à veiller à ce que les systèmes d’intelligence artificielle ne contribuent pas à l’essor de la désinformation. 

Faut-il créer une boîte noire de l’IA ?

Des objectifs qui passent par plus de transparence, de sécurité et de responsabilité. Dans les années 1950, l’émergence de l’aviation commerciale a pu voir le jour grâce à une coopération entre les régulateurs, l’industrie et les pouvoirs publics visant à garantir la sécurité de ce qui est devenu au fil des années un mode de transport universel incontournable.

Une concertation qui a permis la création de l’enregistreur de vol mieux connu en tant que “boîte noire” auprès du grand public.

S’inspirant de ce modèle mais aussi des règles de sécurité qui encadrent l’industrie automobile ou encore agroalimentaire, le rapport suggère d’appliquer les mêmes notions de précaution à l’industrie numérique.

Projection de la consommation d'énergie par les data-centers © Les dangers de l’IA qui pèsent sur le climat

L’Europe planche sur les risques de l’IA

Les auteurs de l’étude appellent donc à une coopération similaire visant à contraindre les géants du numérique à garantir la sécurité des utilisateurs, en affichant notamment plus de transparence quant à l’empreinte environnementale globale du secteur mais aussi en fournissant des garanties sur la qualité et la fiabilité des informations générées par des systèmes d’intelligence artificielle.

Pour l’heure, l’Europe semble se concentrer principalement sur les différents risques représentés par l’utilisation de l’IA, qu’elle envisage de classer en 4 catégories, du “risque minimal” au “risque inacceptable”.

Ce dernier concerne notamment les systèmes d’IA recourant à des données biométriques sensibles et fera l’objet d’une vigilance stricte.

Consulter l'intégralité du rapport ici.

Photo d'ouverture : © Taylor Vick

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